Ewert et les dragons réveillent les matelots

23 janvier 2012
Périscope #88

Périscope #88

 

Résumé de l’épisode précédent : Après le festin du Commandant, les matelots ont passé une sale nuit. Pendant ce temps, Iggy, Mick et Jack fêtent leur coup d’éclat.

 

Les 3 matelots ont eu toutes les difficultés du monde à trouver le sommeil. C’est pourquoi, à 8 heures du matin, alors que l’équipage est déjà debout, Ciccio Fantasio et le Yéti dorment encore profondément.

 

Le soleil se lève

Le Plongeur craint pour les matelots et redoute la colère du Commandant. C’est pourquoi il décide de prendre les devants et de réveiller les matelots fatigués. Après avoir frappé à la porte de leurs cabines en vain, il jette l’éponge : impossible de les faire bouger.

 

Pour autant le Plongeur ne se décourage pas : il enfile son scaphandre et plonge, à la recherche d’une pépite qui pourra réveiller ses amis. Quelques minutes lui suffisent à repérer l’épave d’un pavillon Estonien. Il est tout de suite frappé par la figure de proue du bateau : 2 têtes de dragons féroces. Il frotte la coque de ce qui semble être un chalutier et le nom suivant apparait : EWERT.

 

Intrigué par cette découverte, le Plongeur ne se déconcentre pas et pénètre à l’intérieur de l’épave. Il en fait rapidement l’inspection et repère très vite un disque vinyle curieusement intact : (In The End) There’s Only Love.  Sûr de lui et de sa trouvaille, il quitte l’épave pour rejoindre le Sous-Marin Jaune.

 

Postcard From Estonia

Excité, le Plongeur remonte à bord du Sous-Marin et se débarrasse de sa combinaison au plus vite. Sans oublier sa pépite estonienne, il se précipite vers les cabines des matelots. Il choisit de frapper en premier à la porte de Fantasio : celui dont le sommeil est le moins léger des 3 matelots. L’effet est immédiat : dès le premier titre de l’album d’Ewert, Fantasio se lève, se met à sautiller et taper des pieds en entrainant le Plongeur vers la salle du petit déjeuner.
- Attends Fantasio, il faut réveiller le Yéti maintenant !

 

Alors que le Plongeur et Fantasio arrivent devant la cabine du Yéti, ils entendent un bruit de sirène. Pris de panique, ils enfoncent la porte. Ils se retrouvent nez à nez avec le Yéti, les yeux écarquillés, qui reprend les paroles de Wor, le second titre de l’album de Django Django.
-Bah les gars, vous avez eu peur ? Django Django c’est mon nouveau réveil-matin.

 

Tandis que les gimmicks obsédants de Waveforms retentissent, le Plongeur et Fantasio laissent le Yéti à sa bonne humeur retrouvée. Ils se dirigent maintenant vers la cabine du matelot barbu, qui n’a toujours pas donné signe de vie ce matin. Serait-il plus atteint que ses acolytes par les évènements récents ?

 

What The Yéti needs now

En arrivant devant la porte close de la cabine de Ciccio, les amis s’inquiètent. Ils entendent le ronflement grave de Ciccio. Le Plongeur regarde sa montre : 8h55. 5 minutes avant 9h et l’heure du rituel immuable du Commandant : son discours (qu’il appelle lui même son « starter ») en la présence obligatoire de TOUS les membres de l’équipage. Aucun matelot, aucun membre de l’équipage n’a osé ne pas y assister.

 

Fantasio agit dans l’urgence, conscient du danger. Il enfonce la porte, à l’aide du Plongeur. Toujours rien du côté de Ciccio, qui se retourne dans son sommeil. Ciccio n’ayant pas réagi au réveil de la pépite Ewert, Fantasio choisit alors la méthode forte : réveiller Ciccio avec un extrait de l’album de Liz Green. Quelques jours plus tôt, les 3 matelots s’étaient disputé à son sujet. Ciccio avait balayé d’une tirade les tentatives folk de l’Anglaise au look rétro. L’effet est instantané : Ciccio ouvre les yeux, pose les mains sur ses oreilles en se précipite sur sa chaîne Hi-Fi pour remplacer Liz Green par un bon vieux Bob Dylan. Le barbu retourne disparait de nouveau sous sa couette.

 

Ciccio va-t’il enfin se lever ? Quel sera le discours du Commandant ? La suite la semaine prochaine…

 

 

---------------------
Fantasio

Je n’aime pas… Le Name Dropping

10 juin 2011

 

 

Non au Name Dropping

Torpille #11

 

L’un de mes plaisirs favoris, c’est de ne rien faire, vautré dans le canapé du Sous-Marin Jaune, à feuilleter un magazine, en train d’écouter de façon aléatoire mon baladeur numérique, rempli comme une outre de MP3 divers et variés.

 

Pourtant récemment, ce petit plaisir a été contrarié par une chanson obscure d’Olivier Brion, On Se Souvient, sur l’album Hôtel d’Angleterre de 2007. Le refrain arrive et j’entends :
« …les filles de 68, les chansons de Nick Drake, une liaison parfaite… » et plus loin « les chansons de Zimmerman, les mots qui font mal » et puis le bougre de citer aussi l’Affaire Thomas Crown sur le même refrain. J’avais un peu oublié cette chanson, mais en la réécoutant j’ai surtout retenu que le Name Dropping (c’est-à-dire le fait de citer des noms connus) avait le don de m’agacer au plus au point en musique.

 

Pourquoi diable ce cher Olivier se sent-il obligé de citer Nick Drake et Bob Dylan dans sa chanson ? Pour nous montrer qu’adolescent, il était déjà au sommet de la branchitude et connaissait déjà ces deux auteurs ? Waow, trop fort Olivier, tu as tellement bon goût. Personnellement, quand j’étais adolescent, j’écoutais Simple Minds ou Ace of Base… Diantre, qu’est ce que je me sens nul !

 

Olivier Brion veut qu'on sache qu'il aime Nick Drake

Olivier Brion veut qu'on sache qu'il aime Nick Drake

Mon problème avec le name dropping, c’est d’avoir souvent l’impression qu’un auteur l’utilise pour se grandir, pour côtoyer un artiste mille fois plus important que lui. Grâce à cette figure de style, il a l’impression d’être lui aussi membre de cette caste fantasmée, l’équivalent des légendes citées.
L’exemple le plus édifiant reste bien sûr l’impayable Laurent Voulzy, qui dans Rockollection nous balance carrément un petit résumé de la Grande Histoire du Rock (ah ah ah), comme ci cela allait transformer sa chanson en classique absolu. Sacré Lolo.

 

Je trouve qu’il y a de plus un coté snob dans le name dropping. Citer un artiste maudit ou peu connu revient à étaler sa science et à adopter une posture méprisante vis à vis de l’auditeur. Pourtant je suis sur qu’au départ, Olivier Brion (pour reprendre mon exemple initial) ne cherchait pas cela, mais plutôt une connivence avec certaines personnes ayant vécu la même adolescence que lui. Sauf que quand ce n’est pas le cas, c’est le contraire qui se produit avec une désagréable impression d’être pris pour un crétin qui n’a pas connu tous ces grands artistes cités par le musicien.

 

... et Neil Hannon, qu'il sait lire. Ouf !

... et Neil Hannon, qu'il sait lire. Ouf !

Et sur ce sujet, je n’accorde aucun passe-droit puisque même Neil Hannon de Divine Comedy, que j’aime tant, a droit à mes foudres avec sa chanson The Booklovers. Sincèrement Neil, sur cette chanson, tu essayes de m’en mettre plein la vue et de me montrer que tu es érudit, c’est ça ? Tssss…

 

Alors que je termine ce billet tout content de ma sémillante diatribe, mes certitudes volent soudainement en mille morceaux : mon baladeur choisit de passer Thou Shalt Always Kill de Dan le Sac vs Scroobius Pip :
« Led Zepplin… Just a band. The Beach Boys… Just a band. The Sex Pistols… Just a band. The Clash… Just a band.”
Cette chanson est géniale, très drôle et pourtant abuse du name dropping. Et je me retrouve bien marron.

 

 

---------------------
Le Yéti

 

 

Vers une overdose de Folk ?

7 mars 2011

 

Périscope #52

Périscope #52

Le Yeti est malade. Couché au fond de son lit. Le médecin lui a diagnostiqué une Folkïïte aigüe, c’est-à-dire un abus de Folk Music. Il faut dire que depuis trois ans, le Yéti a ingurgité quantité d’albums à base de guitares sèches, qu’il en a aimés beaucoup, mais qu’aujourd’hui, alors que pleins de groupes français se rêvent Cocoon à la place de Cocoon, et que Pitchfork nous vend chaque jour un barde différent, il vient de choper une crise de foie et a l’impression d’avoir fait le tour du genre. Bien sur, à bord du Sous-Marin Jaune, ce ras-le-bol ne doit certainement pas être partagé par Ciccio (s’il devait rester un fan de folk sur Terre, ce serait lui), mais le Yéti se demande si Ciccio arrive toujours à prendre du plaisir en découvrant un nouvel artiste folk ? N’a-t-il pas l’impression de tourner en rond ? Fantasio est-il du même avis que le Yéti, lui qui aime tant la pop et qui déteste les effets de mode ? La folk lui donne t-elle l’impression de se mordre la queue ?

 

 

Les chouchous Folk du moment de Ciccio : Band of Horses

Les chouchous Folk du moment de Ciccio : Band of Horses

Ciccio trouve la question du Yéti amusante car, pas plus tard qu’il y a dix jours, lors du concert inoubliable (et le mot est affreusement faible) de Band Of Horses auquel il assistait, en écoutant les toutes premières notes du groupe en première partie, dont le chanteur s’accompagnait d’un harmonica et d’une guitare en bois, Ciccio se disait la chose suivante : « c’est fou, mais dès qu’on me met un harmonica et une guitare en bois sur une mélodie un tant soit peu potable, je suis conquis ».
Il est vrai que les groupes reprenant cette formule sont légion depuis quelques années. Ciccio pense pouvoir dater sa conversion de la musique pop britannique à la folk américaine aux environs du changement de siècle (donc 2000 pour 99% des gens, et 2001 pour les pointilleux). Si sa soif de folk ne s’est jamais tarie depuis, s’enrichissant de tous les courants cachés derrière ce simple mot (country, blues, soul, americana, rock sont quelques exemples de variations de la folk), une question le taraude depuis dix ans : Ciccio écoute-t-il beaucoup de folk parce qu’il s’est plongé corps et âmes dans ce style, ou bien a-t-il simplement succombé à la mode ? En d’autres termes, y avait-il dans les années 1990 autant de groupes de folk que dans les années 2000 ?
Ciccio n’en sait rien, remarquant au passage que les artistes phares de sa discographie folk contemporaine (juste histoire d’exclure les monstres sacrés des années 1960-70) se situent dans les années 2000 (4271 morceaux étiquetés Folk depuis 2000 dans l’iPod de Ciccio, contre… 257 pour les années 90) : Denison Witmer, Alela Diane, Andrew Bird, Herman Düne, Calexico, La Maison Tellier, Micah P. Hinson, Moondoggies, Band Of Horses, et bien évidemment le grand, le beau, le seul et l’unique Ray Lamontagne.

 

 

Mais ce Barbu là colle des boutons à Fantasio

Mais ce Barbu là colle des boutons à Fantasio

En évoquant la folk, ou plus généralement, les artistes et les albums évoqués par Ciccio, le Yéti tend une perche à Fantasio. Dans folk, il y a à la fois l’idée d’une musique qui ne change pas beaucoup (plutôt traditionnelle) et la définition d’un style intemporel. Car s’il y a bien un paradoxe avec la folk, c’est que l’on parle ici de mode alors que le genre évoqué n’est pas vraiment lié à une époque. Cela dit, si Fantasio n’aime pas trop faire rentrer les disques dans des cases, il n’aime pas le côté caricatural de nombreux musiciens associés à ce qu’on appelle ici la folk. Les exemples qui lui viennent le plus naturellement sont le hirsute Devendra Banhart et la stridente Joanna Newsom, deux énergumènes qu’il imagine sortis d’un sketch parodique. Mais, pour chaque exemple horripilant, il peut trouver des candidats beaucoup plus supportables/talentueux, certains sortis du bestiaire folk de Ciccio. Enfin, il ne peut évoquer cette tendance durable sans souligner la complaisance d’un genre dans lequel il est facile de se lancer (une barbe + une guitare en bois + une voix de chèvre = un disque) comme de se plonger (en bon et sage trentenaire, on y retrouve vite ses repères sans risquer le traumatisme auditif). Évidemment, on pouvait dire la même chose du retour du rock il y a 10 ans. Ceux qui parviennent à sortir du lot ont donc d’autant plus de mérite !

 

 

Espers, le groupe folk préféré du Yéti

Espers, le groupe folk préféré du Yéti

Pour le Yéti, Fantasio a mis le doigt sur ce qu’il reproche au Folk ces derniers temps: une tendance à la caricature et à l’imitation timorée des œuvres de Nick Drake ou de Bob Dylan. De nombreux albums folk lui semblent interchangeables, sans une réelle personnalité, et il ne sait plus trop si c’est Bon Iver qui chante sur tel disque ou Conor Oberst. Vous lui rétorquerez qu’avec une guitare et un harmonica, il est normal de ne pas être très original, mais justement, c’est ce qui gêne le Yéti aujourd’hui: à quoi bon écouter une énième chanteuse de folk lorsque tout lui semble avoir été dit dans les années 60-70.
Finalement aujourd’hui, les disques de folk que le Yéti aime le plus sont ceux qui empruntent des chemins de traverse comme les disques d’Espers (car, non, ce folk n’a rien à voir avec la folk anglaise des années 70), ou alors l’electro-folk, sous-genre puant l’arnaque sur le papier, mais se révélant finalement assez fascinant (The Rip de Portishead étant un bel exemple).

 

Cela étant dit et comme le suggérait Fantasio, si le Yéti remplace le mot Folk par Rock ou Pop dans cet article, il s’aperçoit que les arguments cités par ses camarades restent valables et que le musique n’est bien qu’un perpétuel recommencement. Peut-être même pire pour le Rock, genre momifié par excellence ?

 

 

Aimez vous Brahms ?

24 janvier 2011

 

Périscope #47

Périscope #47

Cette semaine, profitant d’une escale à Paris (oui, le sous-marin jaune peut naviguer sur la Seine), le Yéti est allé voir Nikolai Lugansky jouer du Schumann, du Brahms et surtout du Chopin. Le concert fut magnifique et le Yéti s’est surpris à siffloter une polonaise toute la soirée.
Finalement tout ceci n’est pas très surprenant puisque la musique dite classique aujourd’hui était certainement le rock’n’roll des siècles précédents.
Curieux, le Yéti se demande si ses comparses sont eux aussi sensibles à la musique classique, s’il y a un auteur qu’il vénère, et si la musique classique, on y vient que quand on vieillit parce que quand on est ado, c’est la musique qu’écoutent nos parents, et ça, c’est pas punk du tout.

 

 

Le truand André Rieu

Le truand André Rieu

Fantasio imagine la scène avec un plaisir certain : le Yéti, Ciccio et Fantasio assistant à un concert de musique classique. Une situation incongrue à plus d’un titre : Il faudrait déjà que les 3 comparses parviennent à passer les services de sécurité. Ensuite, Ciccio s’endormirait au bout de quelques minutes, pendant que Fantasio ferait semblant d’écouter attentivement l’orchestre. Enfin, le Yéti se ferait remarquer d’une manière ou d’une autre, par un rire nerveux ou un grincement de dents, avant de quitter la salle en hurlant que André Rieu est beaucoup plus rock’n'roll que tout ça. Non, décidément, le sous-marin jaune n’est pas bien placé pour parler de musique classique en dehors des expérimentations des Beatles.

 

 

Erik Satie, que le Yéti kiffe grave

Erik Satie, que le Yéti kiffe grave

Le Yéti regarde Fantasio et sourit. Effectivement, il n’est pas très qualifié pour parler de musique classique : il n’y connaît rien en solfège et autres signes kabbalistiques qu’on trouve sur une portée. Pourtant, le Yéti est venu à la musique classique par la Pop. Avant, il exécrait toutes ces symphonies ou opéras qui le gonflaient royalement. Et puis il a découvert les arrangements pour cordes de l’immense Van Dyke Parks pour les Beach Boys, a aimé le coté symphonique des albums de Scott Walker, et finalement s’est retrouvé avec des disques de Grieg ou de Schubert dans sa discothèque. Aujourd’hui, le Yéti met même Erik Satie sur le même piédestal que Brian Wilson ou Paul McCartney : des virtuoses de la mélodie, du gimmick qui tue, d’une sensibilité qui vous touche durablement. Comme quoi, tout arrive.

 

 

Dis pas du mal de Mozart, parce que c'est mon pote !

Dis pas du mal de Mozart, parce que c'est mon pote !

Pour Ciccio, la musique classique, c’est un peu comme le jazz : plein de noms qu’il ne connaît pas, des possibilités qui paraissent infinies, un monde totalement nouveau à explorer… Il subsite malgré tout une attirance forte : dès qu’il a la chance d’en écouter un peu (ce qui reste très rare), Ciccio prend beaucoup de plaisir, et se promet d’explorer le compositeur dont on lui dit le nom, nom qu’il oublie au bout de quelques minutes hélas.
Il ne lui reste alors plus qu’à rentrer chez lui et à mettre le Concerto pour Clarinette de Mozart, encore un morceau découvert « par hasard », dans l’énorme Préparez vos mouchoirs de Bertrand Blier.
Ciccio a vu au moins 150 fois la scène inoubliable dans laquelle Dewaere et Depardieu forcent Serrault à écouter Mozart. Il rêverait de pouvoir faire la même chose au sein du Sous-Marin : Ciccio Dewaere et Fantasio Depardieu en train de maltraiter Yéti Serrault afin de lui faire entendre raison à propos de Bob Dylan :
Yéti : Je tiens à vous dire qu’il est 5h du mat, et que demain je me lève tôt pour aller travailler à la banque, donc vous allez couper votre zinzin, sinon j’appelle les flics !
Ciccio : Toi tu vas venir écouter Bob Dylan avec nous !
Yéti : Mais je m’en fous de Bob Dylan, je l’emmerde Bob Dylan, moi.
Ciccio : Dis pas du mal de Bob Dylan, parce que c’est mon pote !
Fantasio : Ferme ta gueule, et ouvre tes oreilles…

 

 

John Lennon et Hugues Aufray en vue !

19 janvier 2011

 

John

La Vigie #40

Tout amateur de musique un peu averti et (ne nous voilons pas la face) légèrement snob, comme la Vigie sait l’être quand l’amour de la Musique avec un grand M est en jeu, aura tôt fait de prendre un raccourci en lisant le titre de cet article, tonnant de colère en s’écriant : « Je le savais qu’Hugues Aufray avait pompé John Lennon sur Stewball ! » (chanson plus connue pour tous ceux qui, comme la Vigie, ont fait les colos de vacances, sous le nom de « La chanson du cheval blanc avec le père qui chiale pour la première fois quand son fils a 15 ans »).

 

En effet, quiconque s’est un peu penché sur la carrière (sic) d’Aufray aura remarqué que quand il s’agit de « rendre hommage » aux chanteurs anglo-saxons, il n’est généralement pas le dernier (la Vigie ne résiste pas au bonheur de vous citer une ou deux traductions des titres de morceaux de Dylan, dont on espère simplement qu’ils n’ont pas dégoûté le monde entier d’écouter le grand Bob : Ce que je veux surtout pour All I really want to do et l’immense Knock knock ouvre toi porte d’or pour Knocking on heaven’s door).

 

Commençons par les faits. Stewball, c’est ça (je vous demande de prêter une attention toute particulière sur les plans de caméra vers le public, en délire quand il entonne les lalalala) :

 

 

Et la chanson de Lennon, dont la mélodie vocale est exactement la même (mais avec des paroles un poil plus intéressantes, sauf peut-être pour les enfants en colonie de vacances – je vois d’ici la question chiante au mono « Dis, Sylvain, à quoi ça sert la guerre ? ») :

 

 

Mais organiser une curée sur ce pauvre Hugues serait un peu injuste. Certes, la chanson n’est pas de lui, mais au moins il aura eu l’idée de se l’approprier avant John, vu que Stewball est sorti avant Happy Xmas (prends ça, lecteur snob !).
Il s’agit en fait d’une chanson traditionnelle irlandaise, maintes fois reprises (The Hollies, Peter Mary and Paul, Joan Baez). Contrairement à ce que l’on pourrait croire également, Lennon n’a pas été le seul à changer les paroles. Hugues les a lui aussi transformées, mais s’en s’éloigner du thème de départ, qui voyait le narrateur regretter de ne pas posséder Stewball, et surtout de ne pas avoir parié sur lui lors de la course, ce qui aurait fait du héros un homme libre. Alors que chez Hugues, le père du narrateur a acheté Stewball pour gagner une course, mais ce con de canasson a perdu, ce qui fait pleurer ledit père (le cheval est le meilleur ami de l’homme MON CUL !)

 

Ce qui reste incroyable avec ces chants traditionnels (notamment les chants irlandais, comme She moved through the fair, que la Vigie adore), c’est que quelle que soit la personne qui les chante, ils gardent leur force mélodique. Vous n’êtes pas d’accord ?
Allez, avouez-le que vous avez envie de rejouer la vidéo d’Hugues Aufray, là, tout de suite…

 

 

Si vous aussi vous voyez des sosies partout (artistes, pochettes, chansons…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.

 

---------------------
Ciccio