Je n’aime pas… les sempiternelles comparaisons aux Beach Boys
4 mars 2010
Certes, la critique musicale est un exercice aussi balisé de clichés que le rock, et la chronique web ou papier se doit d’évoquer un album ou un artiste de la façon la plus précise et imagée possible. Je m’appuie sur l’exemple des Beach Boys (cf les « harmonies vocales » de Gigi), parce que c’est probablement le groupe « classique » le plus cité par la critique rock, parce que -j’imagine- c’est à la fois moins « bateau » que les Beatles, et moins obscur que Left Banke pour le grand public.
Ce type de comparaisons souffre d’au moins deux défauts rédhibitoires :
1/ c’est profondément déceptif de comparer le tout venant aux Beach Boys (meilleur groupe du monde de tous les temps après XTC). Oui, certaines chansons des Shins rappellent furieusement certaines chansons du groupe de Brian Wilson. Mais 95 % des comparaisons concernent des albums qui ne possèdent pas l’ombre du génie des Beach Boys – si le génie, même dans l’art mineur qu’est la pop, était une chose courante, ça se saurait. Je parle ici des Garçons de la plage, mais je me souviens d’une époque ou un nouvel album sur deux était comparé à Radiohead, autre grand classique des comparaisons à la noix.
2/ c’est faire preuve d’un manque d’imagination indécrottable (je sais de quoi je parle, je suis passé par là).

Les garçons de la plage
Comparer un groupe au Beach Boys, c’est finalement (et ce n’est probablement pas le meilleur hommage à rendre aux Wilsons & Friends) choisir un dénominateur commun. Si « ça » ressemble aux Beach Boys, on sait au moins que ça ne ressemble pas à Beyoncé ou à Bénabar, pour citer deux artistes évoluant dans des catégories différentes mais placés à la même lettre de l’alphabet. A moins que…
---------------------Fantasio




