Les Coups de Coeur Printaniers du Sous-Marin Jaune

10 mai 2010

 

Les coups de coeur du Sous-Marin Jaune

Périscope #18

Cette semaine, le Yéti veut de l’Amour, de la Joie et de la Paix. Il veut que les gens rayonnent de bonheur, de bonne humeur, d’allégresse. Alors pour arriver à ses fins, il a décidé de demander à ses comparses de lui livrer leurs coups de cœur du moment, les disques qu’ils écoutent en boucle actuellement et qui les rend tout guedins.
En espérant que ces choix te rendront toi aussi, Ô lecteur ami et fidèle, heureux, guilleret et tout sourire.
(Promis, on redevient acerbes les jours suivants, et promis le Yéti arrête de brouter les fleurs qu’il a plantées ce weekend sur le balcon de sa grotte).

 

 

C’est une habitude: il y a toujours un disque (un par mois dans les bonnes années, un par trimestre dans les périodes maigres) que Fantasio use jusqu’à la corde. Le reste n’est très souvent qu’indifférence et touché-coulé. La dernière fois que le Yéti lui a lancé une pelote de poil en hurlant « FANTA T’ÉCOUTES QUOI ? », Fantasio en était toujours au même album depuis un bail : La Reproduction de qui vous savez. Sur le mois écoulé, la boucle est un enchainement de 3 albums : MGMT, Morning Benders et Two Door Cinema Club. Cette trinité exaltée sinon hédoniste à l’échelle de Fantasio rendit le Yéti hirsute de bonheur.
Fantasio serait-il devenu un gentil garçon ?

 

She & Him - Volume 2

She & Him - Volume 2

Pour Ciccio, il y a deux manières de répondre à la question du Yéti. Soit on laisse parler son for intérieur, ses tripes, ses sentiments, et, telle une héroïne de roman de Marc Lévy, en interrogeant son cœur sans pour autant dire le moindre mot, on obtient une réponse aussi nette, précise et impressionnante qu’un nombre de ventes d’un livre de Guillaume Musso. Soit, et c’est bien évidemment la solution choisie par Ciccio, on laisse parler LastFM.com (pour une fois que Ciccio trouve une utilité à ce site, il n’est pas mécontent !). La réponse de ce site qui enregistre méthodiquement les noms des artistes, chansons et albums que l’on écoute, est sans appel : les trois albums qu’il a le plus écouté sur les trois derniers mois sont She & HimVolume 2, Goldheart AssemblyWolves and Thieves et ZeusSay Us. Prends ça dans les dents, vieux yéti poilu !

 

Josh Rouse - El Turista

Josh Rouse - El Turista

« Bah, même pas mal !! », beugla le Yéti qui lui aussi aimait bien le nouveau She & Him. Mais quand il regarde d’un peu plus près les disques qui tournent sur sa platine, Le Yéti y voit le nouveau Besnard Lakes, le démentiel nouvel album des Archie Bronson Outfit, mais aussi et surtout le délicat nouvel ouvrage de Josh Rouse, El Turista.
Sur cet album, Josh a eu envie de rendre hommage à plusieurs dieux de la Bossa Nova, comme Antonio Carlos Jobim, Chico Buarque ou Milton Nascimento. Mais là où certains chanteurs sont tétanisés par les maitres brésiliens et rendent une copie sans âme, l’ami Josh a choisi lui de composer modestement 10 perles tropicales en y insufflant son style et en arrangeant le tout de façon simple et légère.
Et le Yéti de se croire sur la plage de Copacabana, entouré de nymphes brésiliennes, en train de gratter quelques accords sur une guitare. El Turista, c’est actuellement le meilleur antidote du Yéti pour s’évader de la grisaille citadine, c’est la potion magique parfaite pour attendre la prochaine escale du Sous-Marin Jaune.

 

 

Le Sous-Marin Jaune part en virée avec Franck Ribery

3 mai 2010

 

Le Sous-Marin Jaune et la musique putassière

Périscope #17

Cette semaine, on a parlé que de ça : du Riberygate (sic). Qui est aussi le Benzemagate.
Sincèrement, ici, dans le Sous-Marin Jaune, on s’en fout comme de l’an 40, de ces footeux qui vont aux putes : ça a existé, ça existe et ca existera toujours. En revanche, ca permet de faire un petit parallèle marrant en musique sur le mot pute (pas un très joli mot de la langue française soit dit entre nous) : on parle souvent de musique putassière ou racoleuse. Et là, chacun a une interprétation différente. Des exemples différents.
Alors cette semaine, en hommage à Zahia D. qui va faire tomber l’équipe de France avant même les poules de qualif’ du mondial, le Yéti demande à ses comparses de partager leur expérience en musique putassière, de nous dire en quoi certaines musique sont racoleuses.

 

 

Qu’est ce qui fait basculer un riff, une mélodie vers le putassier ?
Pour le Yéti, c’est souvent un arrangement un peu gros, pas très fin dont le but est de flatter très vite nos émotions, notre plaisir. Le meilleur exemple reste pour le Yéti les boites à rythme vous remuant tout de suite vos royales fesses.
Sur le nouvel album des Archie Bronson Outfit, l’excellent Coconut, le Yéti avait ainsi trouver les nouvelles boites à rythme utilisées par le groupe un peu putassières car provoquant tout de suite une envie de danser comme un canard sans tête. Alors que sur Cherry Lips, facile meilleure chanson du groupe ever, il n’avait pas eu besoin de cette facilité pour provoquer la même chose.
Et du coup, le Yéti de se dire que finalement, un effet putassier n’est pas forcément une mauvaise chose. On peut trouver les synthés des Midnight Juggernauts un peu putassiers, mais c’est tellement jouissif que ça reste bon. De même un abus de chœurs chamallow peut se révéler facile et racoleur, mais souvent chouette et plaisant (comme chez les Thrills). Tout l’art du putassier étant de rester de bon goût, ce que ne seront jamais les claviers d’ Eric Serra ou les effets pompiers de Muse.

 

Le R&B aujourd'hui: classe et discret

Le R&B aujourd'hui: classe et discret

De son coté, Ciccio a eu bien du mal à répondre à la demande pour le moins velue du Yéti. En effet, comme ce dernier l’a justement fait remarquer, tout est ici question de point de vue. Untel qualifiera telle musique de putassière principalement parce qu’il ne l’aimera pas, ou, plus précisément, parce qu’elle correspondra à un style de musique qu’il connaît et rejette. Ciccio, par exemple, dira que ce qui est désigné aujourd’hui comme R’n'B est putassier (et cela n’est pas totalement étranger au fait que l’on voit dans les clips de ces chansons des femmes dont les habits n’ont rien à envier à celles dont la « profession » est à l’origine de cet article).
Donc, si Ciccio dit à un fan de R’n'B que sa musique est putassière, qu’est-ce qui pourrait bien empêcher ledit fan de rétorquer à Ciccio que la musique dont il remplit ses oreilles du soir au matin (mettons le folk, juste pour mettre un nom) l’est également ?

 

Bowie, version racolage avec China Girl

Bowie, version racolage avec China Girl

Quant à Fantasio, fidèle a ses habitudes, il eut d’abord envie de répondre au Yéti : une musique putassière, c’est une musique qui fait bouger ton gros cul poilu. Puis, il se mit à réfléchir, et à se dire que puisque le Yéti partait de l’affaire Ribery, du mot pute, et de l’hypocrisie des relations tarifées, autant se poser les mêmes questions avec la musique.
Pourquoi devrait on se la jouer aussi hypocrite en matière de musique ? Est-ce que ce n’est pas faire la pute, – sans mauvais jeu de mots -, que de vendre un morceau à une publicité ?
En tout, cas, cette compromission communément répandue n’a l’air de déranger personne.
Deuxième point : toute frontière entre le racoleur et le pas racoleur et la classe fait doucement rigoler Fantasio, fan absolu de David Bowie, homme dont les orientations musicales sont passées par tous les degrés du racolage, en passant par ceux du génie.
Évidemment, en matière de racolage, cela fait beaucoup plus cool de parler d’un groupe qui fait danser les filles sur les dance-floors, que d’évoquer la capacité du fantôme de Claude François à réunir les invités d’un mariage sur le parquet de la salle des fêtes. Pourtant, rien de ressemble plus à une fesse de Yéti en mouvement sur la piste qu’une autre fesse de Yéti.
Remonté comme une horloge, Fantasio profita d’un moment d’inattention de Ciccio pour pousser le Yéti, accoudé sur le pont du Sous-Marin jaune. Puis, se rappelant qu’un Yéti ne flotte pas, il lança une bouée de sauvetage à destination de son acolyte, sur la quelle il avait pris soin de stabyloter « LA MUSIQUE CÉRÉBRALE N’EXISTE PAS ».

 

 

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Le Yéti

 

 

Le Sous-Marin Jaune et la musique jetable

26 avril 2010

 

Le Sous-Marin Jaune et la musique jetable

Périscope #16

Cette semaine, le Sous-Marin Jaune fait escale dans une grande ville. Le Yéti, toujours prompt à aller se jeter un godet dans le gosier pour assouvir sa soif, se précipite vers le métro. Et là, c’est le choc : le petit gars qui distribue un des journaux gratuits n’est pas là. Les NMPP font grève et bloquent leurs parutions.
Un peu désarçonné (le Yéti aime bien lire ce genre de feuilles de choux pour passer le temps dans le métro), il sort de sa besace un vieux livre de Jay McInerney qu’il avait commencé de lire et se replonge dedans. Puis se met à réfléchir : pourquoi avoir été désarçonné par ce manque d’informations gratuites. Serait-ce la même chose pour la musique, si Spotify, Deezer ou MySpace venaient à fermer ? Serait-il soudainement perdu ? En plus, ces journaux gratuits, le Yéti les jette dans la poubelle à la fin du trajet. Est-ce la même chose pour la musique : y’a-t-il une musique jetable ?
Ne tenant plus en place, le Yéti sort son gros téléphone portable Fisher Price et demande à Ciccio et Fantasio de le rejoindre fissa à la Taverne des Ours pour discuter le point.

 

Ces derniers temps, un fait a quelque peu déstabilisé le Yéti. Avec l’arrivée de Spotify et autre Deezer, et avec le format MP3 facile à partager, le Yéti s’est mis à ingurgiter une quantité monstrueuse de musiques gratuites et à en régurgiter tout autant. Le nouveau Massive Attack ? Une écoute sur Spotify et puis plus rien, zou à la poubelle. Le premier album de Delphic ? Une écoute rapide pour voir que finalement, c’est exactement ce quoi il s’attendait, et hop aux oubliettes.
Cette attitude, « J’écoute, je jette », a fait peur au Yéti et lui a profondément déplu. Lui qui avant écoutait le même album pendant un mois entier, il avait désormais l’impression de trahir les valeurs musicales qu’il défendait.
Il faut dire qu’à l’heure d’Internet et de l’ADSL, il est facile de perdre les pédales et de n’être qu’un entonnoir tout juste bon à écouter vaguement un fond sonore. Sans tomber dans le coté réactionnaire « C’était mieux avant », le Yéti regrette quand même les années 90 où les Inrocks donnaient chaque mois envie d’acheter 3 disques qu’on allait user jusqu’à la corde.
Et si aujourd’hui, le Yéti tente une diète de disques et de nouveautés en se focalisant que sur quelques disques qu’il adore (les nouveaux Archie Bronson Outfit, Josh Rouse et MGMT), il se dit que jamais il n’a été aussi prêt de rebasculer du coté obscur du gavage d’oie prôné par le consumérisme effréné de la société actuelle.

 

The Tallest Man on Earth va t'il finir à la poubelle ?

The Tallest Man on Earth va t'il finir à la poubelle ?

Attentif au cri du coeur poussé par le yéti, Fantasio posa une main qui se voulait rassurante sur l’épaule hirsute de son ami.
- Tu sais, mon Yéti, ça doit faire une dizaine d’année qu’on est entrés dans l’ère de la consommation frénétique de musique. Tu débarques ou quoi ?
Fantasio espérait que son geste d’amitié atténuerait sa réaction plutôt laconique.
Cela dit, ce que racontait le Yéti, Fantasio l’avait déjà vécu, c’est un sentiment qu’il sentait bien. Il se souvenait très bien des temps de Napster. Il y a 10 ans, il achetait facilement une demi-douzaine de disques par moi. Aujourd’hui, il consomme, comme tout le monde, et il doit reconnaître qu’il l’a bien cherché.
En revanche, Fantasio ne se reconnait pas tellement dans les propos du Yéti. Certes, il « jette » les MP3 de The Tallest Man On Earth qui ne lui plaisent pas, mais pour lui finalement ce geste est l’équivalent des écoutes qu’il pratiquait au casque à la Fnac, lorsqu’il avait encore le loisir de se promener devant les bacs.
- Le Yéti, là ou je te rejoins, c’est que nous sommes des entonnoirs à musique. Ce qui ne correspond pas à nos gouts de trentenaires bien façonnés, on le recrache quasi instantanément. Tu crois pas qu’il faut simplement essayer de donner un peu plus de temps aux disques que l’on découvre ?
A ces mots, le Yéti éclata en sanglots.

 

Un objet en voie de disparition: le Cd...

Un objet en voie de disparition: le Cd...

Ciccio, encore tout essoufflé par son sprint vers la taverne, fut surpris de voir le Yéti pleurer. S’il n’a jamais utilisé ni Deezer ni Spotify (il prétend ne jamais y trouver ce qu’il cherche !) ni aucun journal gratuit (il prétend que la presse est pourrie !), Ciccio se sent pourtant comme un matelot dans son sous-marin lorsqu’on lui parle de la multiplication des possibilités d’écoute gratuite, qu’il considère comme un pré-requis indispensable à l’achat de l’album en question. Car oui, Ciccio fait partie des derniers acharnés à acheter de la musique. Pas des mp3, hein ! Non, des compact discs.
Alors, évidemment, se pose le problème du temps. Comment faire pour donner autant de temps qu’avant à un album ? Va-t-on passer à côté d’albums plus difficiles d’accès, qui demandent au minimum trois écoutes avant de pouvoir les apprécier ?
Selon Ciccio, la réponse est NON ! Confiant dans son réseau, il pense que si l’album qu’il a raté mérite vraiment le détour, il y aura bien un magazine, un ami, un webzine, bref une voix pour s’élever et le rappeler à l’ordre.

 

 

Le Sous-Marin Jaune pogote avec Madness

22 mars 2010

 

Mark Linkous (1962 - 2010)

Périscope #11

Cette semaine, Ciccio est devenu fou. On est lundi matin, Fantasio et le Yéti prennent un café, tranquillement, dans la petite cuisine du Sous-Marin Jaune. Peu loquaces, les deux ours savourent ce moment de quiétude. Soudain la porte s’ouvre avec fracas et laisse apparaître un clone de John Belushi : costume et chapeau noire, chemise blanche et doc martens aux pieds, Ciccio se la joue Blues Brothers. Après les railleries d’usage, Ciccio éructe : « Meuh non, z’êtes nazes, c’est le retour du ska ! Madness est en tournée, y’a même un nouvel album !! SKA POWER !! ».

 

Interdits, Fantasio et le Yéti s’interrogent. Peut on encore décemment écouter du ska aujourd’hui ? Le ska n’est il pas une musique typiquement insulaire (écoutés seulement en Jamaïque et en Angleterre) ? Ciccio a-t-il perdu la raison ?

 

 

Ska, ska… le terme n’évoque pas grand chose à Fantasio, c’est même probablement un mot qu’il n’a jamais prononcé. Pour lui (mais quel est l’âge de Fantasio ?), le ska, c’est Madness, mais c’est surtout la musique qui passait dans la chambre de son grand frère à un moment indéterminé dans les années 80. Ne vous méprenez pas : le frangin de Fanta (une véritable force de la nature, à propos) ne connaissait pas grand chose au ska, mais écoutait One Step Beyond en boucle à l’époque où tout le monde faisait de même. Pour Fantasio, c’est donc un peu compliqué de faire étalage de toute sa connaissance de ce « style musical » – un peu comme si l’on demandait à Ciccio de commenter la réédition de l’intégrale d’Elton John, fait notable et digne d’intérêt.

 

The Two Tone Story, une bonne introduction au ska anglais.

The Two Tone Story, une bonne introduction au ska anglais.

Tout le contraire du Yéti finalement. En fait, pour être franc, le Yéti a souri en écoutant Ciccio. Car le ska, ça lui rappelle son adolescence. Il y a un bail donc. Il écoutait les Specials surtout, Madness bien sûr, et un peu The Beat. Mais bon il n’a jamais su s’il aimait réellement cette musique. Toujours la même rythmique, toujours les mêmes structures (et là, hop les cuivres vont se mettre à jouer… bingo !). N’empêche qu’à une époque, les Specials, c’était le meilleur groupe du monde. Rudy, Nite Club, Gangsters, quelles chansons ! Sur le dancefloor, impossible de résister, les grosses pattes velues du Yéti s’agitaient toute seules.
Aujourd’hui, le Yéti réécoute tout cela et trouve que les Specials, c’est toujours aussi bon. Madness a pris un petit coup de vieux, mais le versant pop du groupe est toujours aussi excellent (notamment sur The Rise and Fall). N’empêche, il se demande bien pourquoi il irait écouter leur nouvel album… ou les voir en concert. Tout cela sent un peu le formol ou la reformation intéressée. Aujourd’hui, il y a mille choses bien plus excitantes à écouter, comme le nouveau Archie Bronson Outfit ou le dernier Besnard Lakes. C’est décidé, il laissera Ciccio aller seul à son concert de ska.

 

Buster Shuffle - Our Night Out

Buster Shuffle - Our Night Out

En entendant ces derniers mots, Ciccio s’agite. Car attention, avant que la discussion ne parte dans des directions dans lesquelles personne à la rédaction du Sous-Marin Jaune ne souhaite vraiment aller, Ciccio souhaite mettre les choses au point.
Oui, il aime le ska. Non, il n’aime pas TOUT le ska. Tel le reggae, musique qu’il n’a jamais pu supporter, probablement pourri qu’il a été par les écoutes répétées de quelques morceaux de Bob Marley (toujours les mêmes : les plus mauvais, les plus lourdingues, et donc les plus appréciés…), le ska a tendance à se répéter et à s’enfermer, oubliant de se renouveler.
Pourtant, Ciccio a récemment été soufflé par un album ska qui l’a totalement remué : Our Night Out, de Buster Shuffle.
Encore sonné aujourd’hui, il préfère ne pas vous en dire plus, et vous redirige vers http://www.bustershuffle.co.uk pour quelques minutes de plaisir endiablé. Si le Yéti ne bouge pas ses fesses poilues sur ces morceaux, alors Ciccio ne s’appelle plus Ciccio !

 

 

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Le Yéti