Il ne faut pas… lire un livre de la série 33 1/3 sans avoir l’album sous la main

27 février 2010

Pas de 33 1/3 sans l'album disséqué

La Combinaison #7

Il est vendredi après soir, vous prenez le train pour rejoindre de la famille ou bien des amis en week-end, loin de la ville dans laquelle vous habitez. Vous avez tout prévu pour votre voyage en train parce que vous adorez le train : à boire, à manger, à écouter, et à lire. Le train démarre, vous sortez un 33 1/3 que vous n’avez pas lu, et là… Comment ça vous ne savez pas ce qu’est un 33 1/3 ?

 

C’est une blague, n’est-ce pas ? Je me demande si c’est bien décent de continuer cet article…

 

Le 33 1/3 que je viens de finir : Pink Moon, de Nick Drake

Le 33 1/3 que je viens de finir : Pink Moon, de Nick Drake


Bon, OK, je continue, mais c’est bien parce que j’ai peur que sinon Fantasio, qui me terrifie, n’en vienne à me punir. Mais d’abord, il est critique que vous découvriez cette série de livres fabuleuse qu’est 33 1/3 (je m’excuse par avance auprès de ceux d’entre vous qui connaissent la série, ils peuvent passer directement au paragraphe suivant, sauf ceux à qui j’ai prêté des exemplaires de cette série, qui sont priés avant de lire la suite de venir me les rendre). Chaque livre de la série est consacré à un album, un seul, considéré (souvent à juste titre) comme mythique, et écrit par quelqu’un en rapport avec le monde de la musique (journaliste ou artiste, généralement). Ce sont de petits livres qui se lisent très vite, comme une petite sucrerie qui fond délicieusement dans la bouche. C’est bon, vous voyez ? Je reprends.

 

Le train démarre, vous sortez un 33 1/3 que vous n’avez pas lu, et là c’est le drame, cher à Vincent Marronnier : vous vous rendez compte que vous n’avez pas l’album sur vous. Si bien que lorsque l’auteur abordera la conception, l’enregistrement ou, pire encore, la minute cruciale d’un des morceaux de l’album, vous ne pourrez pas exactement comprendre de quoi il parle (le pire, c’est quand ils disent des trucs du genre : « à ce moment précis, on entend très bien bidule qui rate son refrain, et machin qui lui gueule dessus, mais on n’a jamais pu l’effacer complètement au mixage, et il s’agissait de la meilleur prise… »).

 

Si les autres voyageurs vous regardent de travers pendant tout le trajet parce que vous gémissez, que vos hôtes pour le week end n’osent plus vous parler de peur de vous voir pleurer ou, bien pire, vous jeter par la fenêtre, et que vous attrapez une pneumonie parce que vous avez passé la nuit du samedi à dimanche seul, sous la pluie, dehors, en essayant en vain de repasser dans votre tête le moment précis ou bidule rate son refrain tandis que machin lui gueule dessus, c’est que vous l’avez bien cherché.

 

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Ciccio

Gigi – Maintenant

25 février 2010

Chronique croisée de Gigi Maintenant

Babord-Tribord #2

Cette semaine, Fantasio essaie de noyer Gigi, du coup Ciccio lui fait du bouche-à-bouche.

 

Les deux textes ont été écrits en parallèle, chaque auteur découvrant le texte de l’autre au moment de la publication.

 

 

Fantasio:

 

Si vous avez aimez l’âge d’or des productions de Phil Spector, les tubes des Ronettes des années 60, vous aimerez l’album de Gigi. Malheureusement ou heureusement, les choses ne sont évidemment pas si simples, sauf si vous êtes, au choix, une machine, un auditeur un peu amnésique avide des recommandations d’Amazon à ses clients, un lecteur indolent de la presse spécialisée.

 

Maintenant

Maintenant

Évidemment, le coup est un peu rude, et on pourra toujours dire que Gigi ne mérite pas ça, pas plus ses fans d’ailleurs. Et puis d’abord, c’est fort d’entendre ça de ma part, moi qui ai adulé les Pipettes ou Ladybug Transistor il y a quelques années.

 

Mais non : pas plus que les comparaisons (un nouveau groupe par jour ?) aux « harmonies vocales » des beach boys et des beatles ne sont justifiées, la comparaison ne tient pas debout. Il n’y a pas de Wall of Sound chez Gigi, juste quelques gimmicks répétés, une chorale du dimanche qui n’a rien de honteux, mais qui se révèle exaspérante dès le premier titre, et ennuyeuse dans son intégralité.

 

En tant que nostalgique d’une certaine époque et pas du tout anti-passéiste, les bras m’en sont tombés. Le titre prête évidemment à sourire : un album qui s’auto-tamponne 1965 sur chaque titre et qui intitule son album « maintenant », ça ne manque pas de panache !

 

Pour les chansons et le Wall of Sound, on repassera.

 

 

Ciccio :

 

Le dernier album arrivé par la poste sur mon bureau est Maintenant, de Gigi. Chose rare dans mes achats, je ne connais rien du groupe (artiste seul bien entouré ? collectif à taille variable ?). Je n’avais d’ailleurs plus entendu prononcer ce nom depuis le générique de cet insupportable dessin animé pour filles datant de cette époque où je trouvais que les filles, c’était nul (j’ai depuis beaucoup mûri, et je trouve à présent que les filles, c’est en fait pas trop nul).

 

Gigi, la vraie

Pourquoi donc cet achat que certains rabat-joies dont je tairais le nom (ça commence par un F, ça finit par un O, et au milieu ça ressemble à ‘antasi’) qualifieraient d’impulsif, voire de regrettable ? Et bien tout simplement parce que ce disque m’a emballé dès la première écoute, et c’est assez rare pour être souligné. Je suis en effet un adepte de l’immédiateté, c’est à dire que j’aime la musique tout de suite et beaucoup, ou alors pas du tout.

 

Bref, si vous me proposez de la pop bien énergique, en provenance directe des années 50, à l’époque où la frontière entre pop et soul était plutôt floue, une basse motownisée (No, My Heart Will Go On), des trompettes easy-listening (Some Second Best), des choeurs féminins bien sucrés (Alone At The Pier), et une production que Phil Spector ne renierait pas, et bien moi je fonce, tête baissée, sans réfléchir.

 

Et tant pis si les empêcheurs de chanter en rond viennent gâcher mon plaisir en me disant que cette musique n’est pas novatrice, qu’on oubliera Gigi avant même qu’ils (elles ?) tentent de sortir leur second album (qui se souvient aujourd’hui des Pipettes, groupe très proche au niveau du style, malgré leur premier album, que j’ai pour ma part écouté en boucle pendant plusieurs mois ?).

 

Moi, c’est aujourd’hui que j’ai envie de les écouter, et d’ailleurs c’est ce que je vais (re)faire tout de suite !

 

 

Ciccio & Fantasio

 

The Kinks et Blur en vue !

24 février 2010

The Kinks comparé à Blur

La Vigie #7

Il y aurait tant de choses à dire sur The Kinks, ce groupe que j’aime à citer comme mon préféré de tous les temps, que je ne sais par où commencer. Alors je vais juste partager une petite anecdote : c’est grâce à Blur que j’ai découvert The Kinks. Oui ! En 1994, au crépuscule de mon adolescence, je découvre, émerveillé l’album Parklife. Tous les critiques (et Damon Albarn lui même) décrivent la filiation directe entre Ray Davies et Damon Albarn, tant au niveau de la fibre pop que de l’écriture sociale douce amère.

 

C’est Muswell Hillbillies, pourtant pas l’album le plus représentatif de The Kinks, qui va immédiatement démarrer mon apprentissage. Et depuis cette année fatidique il ne se passe pas une semaine sans que j’écoute au moins un titre de ce groupe aussi fabuleux que sous estimé à la grande époque des années 60.

 

Mais vous n’êtes pas sur ce blog pour entendre la Vigie parler de sa vie (si vous êtes passionné par sa vie, voire totalement amoureuse – la Vigie est en effet un homme – de lui, pourquoi ne pas le contacter directement, voire, encore mieux, le crier à la face du monde ?), mais plutôt pour assister, avec une douzaine d’années de retard, à un hommage vibrant d’un excellent groupe des années 90 au meilleur groupe des années 60-70. Ca commence avec It Could Be You :

 

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

 

Nul besoin d’user le lecteur audio, sauf si vous avez bon goût et que vous souhaitez entendre ce morceau jusqu’à son terme, car tout est dit dans l’introduction. Introduction qui existait en fait 25 ans plus tôt, dans Top Of The Pops :

 

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Plutôt que parler de siphonnage grossier, La Vigie souhaite souligner ici l’hommage rendu aux glorieux ainés locaux, à trav… Comment ça j’ai déjà utilisé cette tournure ? Quoi ??!! J’ai un parti pris qui voudrait que je parle d’hommage quand j’aime les groupes et de plagiat quand je ne les aime pas ??!!

 

Et quand bien même, j’ai envie de dire ?

 

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Ciccio

Le Sous-Marin Jaune se met au skeleton à Vancouver

22 février 2010

 

le Sous-Marin Jaune est au JO de Vancouver

Périscope #7

Chaque semaine, les vaillants matelots du Sous-Marin Jaune aiment disséquer l’actualité tout en y injectant un peu de musique. Cette contrainte rajoute un peu de piment à l’exercice.
Et cette semaine, le Yéti n’y est pas allé avec le dos de la cuillère en beuglant « Boah, moi je veux qu’on parle des JO de Vancouver ! C’est le sujet dont on cause dans le poste actuellement ! ». Oui : le Yéti est le seul à encore appeler une télévision un poste. Pauvre de lui.

 

Les jeux olympiques, qu’ils soient d’hiver ou d’été, ennuient profondément Ciccio, lui qui pourtant peut rester des heures devant son poste (ça, c’est pour faire plaisir au Yéti) à regarder le football anglais (C’mon Liverpool!!!) ou le tournoi des VI nations (Allez la France !!!). La montagne, la neige, le ski et ses stations ne s’accompagnent dans son esprit que de musiques insupportables (Barry White, Salvatore Adamo, Simon et les Modanais, Pascal Danel…). En fait, la seule raison pour laquelle il n’a pas envie de se tirer une balle lorsque démarrent les JO d’hiver, c’est le sketch de Seinfeld à ce sujet (petite traduction : « La luge est le seul sport dans lequel on ne verrait aucune différence si le protagoniste principal ne souhaitait pas participer »). Bref, Ciccio se console pour le moment en espérant que l’équipe de France de rugby réalise le grand chelem cette année.

 

Et si XTC venait jouer aux JO de Vancouver ?

Et si XTC venait jouer aux JO de Vancouver ?

Justement, à la différence de Ciccio, si le Yéti tenait tant à parler des JO de Vancouver cette semaine, c’est parce qu’il a noté que c’est dans ces disciplines sportives hivernales qu’on parlait le plus de musique.
Les freeriders et autres surfers écoutent du hardcore et des groupes garage. Le patinage artistique aime les musiques surannées ou les standards de la musique classique (Le Boléro de Ravel ou le Carmina Burana de Carl Orff). Enfin, à la fin de chaque slalom, on entend une musique de fond curieuse composée d’une radio locale passant les tubes de U2 mixée avec des cloches de vache et les cornes de brume.
Cherchez bien : aux JO d’été, il n’y a rarement autant de musique.
Bien sur, ces musiques sont un peu stéréotypées, font partie du folklore des JO, mais cela fascine le Yéti et le met en joie, même si les musiques ne sont pas du meilleur goût.
Et le Yéti d’aller encore plus loin et de proposer Ash Ra Tempel pendant le biathlon (c’est zen), Sigur Ros pendant le saut à ski (c’est planant), Rage Against The Machine pendant les matchs de hockey (c’est violent) et XTC pendant le curling. Pourquoi XTC ? Parce que le curling lui a toujours fait l’impression d’être une réunion de gentlemen anglais autour d’une tasse de thé. XTC donc.

 

Sufjan Stevens

Sufjan Stevens à Vancouver ?

Les Jeux Olympiques… Pour Fantasio en revanche, difficile de trouver un thème plus éloigné de tout sujet musical que Vancouver 2010. Sufjan Stevens himself n’a même pas osé écrire un album concept sur les Jeux Olympiques. Fantasio, s’il s’intéresse de loin aux Jeux d’Hiver, ne serait-ce que pour obtenir un bon sujet de conversation au bureau (la coiffure de Shaun White, les bienfaits du curling, les chutes de skieuses françaises…), n’a pas vraiment la tête à la poudreuse : il quitte momentanément le Sous-marin jaune pour des contrées lointaines et plutôt ensoleillées. A son retour, si le Sous-marin n’a pas coulé sous les assauts de son équipage réduit au service minimum, il nous parlera peut-être du concert de la Pompe Moderne auquel il a assisté à l’Alhambra.

 

 

Il ne faut pas… regarder les JO d’hiver à la télé en écoutant Etoile des neiges

20 février 2010

Pas de JO en écoutant Etoile des neiges

La Combinaison #6

Il ne faut pas regarder les jeux olympiques d’hiver en écoutant Etoi… Non, pardon, rectification : il ne faut pas regarde les JO, point final (désolé pour cette faiblesse éphémère, le Sous-Marin Jaune se doit de rester fort et intransigeant).

 

Si vous passez votre week-end devant la télé à essayer de comprendre les règles du curling alors que dehors les premières douceurs du printemps réchauffent doucement l’asphalte glacé il y a encore une semaine, que les bourgeons font timidement leur apparition sur les branches se battant pour retrouver un peu de leur vert d’avant le froid, que les oiseaux chantent gaiement pour se donner du courage pour les quelques semaines à venir (ah, le courage des oiseaux…), que la vaisselle s’empile dans l’évier, que l’odeur de votre corps suant et non lavé depuis deux jours s’exhale dans le salon, et que finalement votre moitié décide de ne plus vous adresser la parole jusqu’à ce que vous soyez sorti de votre torpeur aussi blanche et épaisse que de la poudreuse, c’est que vous l’avez bien cherché.

 

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Ciccio