Cracbooms dans la Cuisine du Sous-Marin Jaune

25 février 2012

 

Le Cuisinier #2

Le Cuisinier #2

Brest. Son port militaire, son crachin breton et surtout sa gastronomie riche en calories.
Le Yéti soupire. On lui a promis des galettes et pour l’instant il ne voit rien venir. Au contraire, tout l’équipage semble affairé à réparer le submersible.

 

D’habitude, quand le Yéti a faim, il va voir Ciccio et ensemble ils font ripaille en dévorant tout ce qui traine dans le frigo. Mais comme Ciccio a préféré quitter le vaisseau pour aller traîner avec Miossec, le Yéti se sent abandonné. Il va vers la cuisine et ô surprise y retrouve le Cuisinier.

 

Celui-ci glousse comme un dindon devant l’écran de son ordinateur portable, tandis que des paroles complètement dingues se font entendre :

 

Je voudrais ce sein, entier dans ma bouche
We are the best ones quand je baise avec toi…

 

Interloqué, le Yéti regarde le Cuisinier.
« Ah le Poilu !! Ça va ? Tu connais cette chanson ? C’est Copains Soleil de Cracbooms, un groupe français assez génial. Tu as entendu les paroles ? Arf… ça me fait rire. Regarde le clip ! »

 

 

 

 

Pendant toute la vidéo, le Yéti n’a pas cessé de taper du pied, la guitare jouant un gimmick très efficace. Le Cuisinier regarde le Yéti et face à son sourire, rejoue le morceau.

 

Un joujou extra qui fait cracboom-hue

Un joujou extra qui fait cracboom-hue


Cette fois, c’est sûr, l’espace d’une chanson, le Yéti semble tenir les héritiers français de Pavement et du grand Stephen Malkmus. Il y a un coté branleur, totalement jouissif, dans cette chanson. Et l’alchimie avec les guitares qui carillonnent est vraiment réussie.

 

« Bon le Yéti, tu vas parler des Cracbooms aux mecs du Sous-Marin Bleu-Blanc-Rouge ? Ils doivent détester ce genre de musique ?
- Houla oui, laisse tomber, le Cuisinier. Pour l’instant on va surtout garder ça pour nous ! »

 

Un silence. Le Yéti regarde le Cuisinier.
« Et sinon, tu sais faire les galettes de sarrasin ? Tu pourrais me faire une complète, là, maintenant, tout de suite ?? »

 

 

---------------------
Le Yéti

 

 

Cicico vomit sur Claude François et fait un baby foot avec Miossec

21 février 2012
Périscope #92

Périscope #92

 

Résumé de l’épisode précédent : Le Yéti s’est abandonné à la nostalgie avec ses vinyles de Gérard Lenorman, tandis que le Sous-Marin Jaune s’approche du port de Brest.

 

Cette fois ça y est : les matelots sont arrivés à Brest. Au moment où Ciccio pose un pied sur la terre ferme, il entend les cloches sonner midi. Il regarde à sa gauche puis à sa droite : aucun signe des matelots du Sous-Marin Bleu-Blanc-Rouge. Il s’enfonce dans la ville de Brest, sans se retourner. Il n’a pas prévenu Le Yéti et Fantasio de ses projets. Il a bien trop peur qu’on vienne l’emmerder avec la VFM (Variétoche Franchouillarde de Merde), genre pour lequel ses amis semblent avoir beaucoup d’indulgence.

 

Le matelot de Brest

Pour Ciccio, ce n’est pas très compliqué : il aime ou il n’aime pas. Et quand il aime, c’est forcément de la Chanson Française, et rien d’autre. Point de salut, donc en dehors de la Chanson Française : celle de Renaud, de Thomas Fersen, celle de Dominique A sans oublier celle de Christophe Miossec, l’artiste local. Alors évidemment, quand il aperçoit la tronche de Gérard Lenorman dans les recoins de la cabine du Yéti, il a juste envie de tout casser. Et quand il passe devant l’affiche du film Cloclo, il ne peut pas s’empêcher de rendre son petit-déjeuner.

 

Après 10 minutes de marche, Ciccio pousse la porte d’un café. Il reconnaît immédiatement la silhouette de Miossec, accoudé au bar, avant même d’apercevoir son visage. Le chanteur breton se retourne et le prend dans ses bras, comme s’il le connaissait déjà, ou plus vraisemblablement comme s’il le prenait pour un autre.
- Ca alors, ça me fait trop plaisir de te voir mon pote !
Pas décontenancé, définitivement heureux de retrouver le chanteur plutôt que les trognes dégueulasses de Daniel, Gérard et Claude , Ciccio poursuit la conversation.

 

RIP pour de bon ?

Miossec commande une tournée de pintes pour fêter les retrouvailles. Ciccio explique qu’il ne sait pas combien de temps il va rester à Brest. Il demande à Miossec s’il a entendu parler du Sous-Marin Bleu-Blanc-Rouge. Le visage du breton devient écarlate : Miossec sert les dents et pousse un râle de dégout. Il explique ensuite à Ciccio qu’il y a autant de chance de le voir monter à bord de ce Sous-Marin que de voter Marine Le Pen aux prochaines élections présidentielles.

 

Bien remonté, le breton propose au matelot de boire une autre pinte autour d’une partie de Baby foot. Ciccio regarde sa montre et accepte, vaguement coupable. Il a quitté le Sous-Marin et les matelots sans se soucier de l’organisation des réparations, faisant tout pour éviter la rencontre avec Daniel, Gérard et Claude. Il se concentre maintenant sur l’issue de la partie de Baby Foot. Elle ne fait plus aucun doute : Miossec a bu davantage de pintes que Ciccio. Le résultat de la partie est sans appel : Ciccio écrase Miossec. Quelques minutes plus tard, Ciccio quitte le bar, vaguement honteux d’avoir mis une raclée au chanteur de Brest.

 

Quelques mètres plus loin, son sang se glace. Il se retrouve nez à nez avec son pire cauchemar : Daniel, Gérard et Claude lui font face.

 

La suite au prochain épisode…

 

 

---------------------
Fantasio

Une Bouée pour Still Corners

18 février 2012

 

Le mécanicien du SMJ

Le Mécanicien #5


L’Artilleur est parti. Soulagé, le Yéti ouvre discrètement la porte de sa cabine et laisse Ciccio se sauver sur la pointe des pieds.

 

Puis quelques minutes plus tard, c’est au tour du Yéti de prendre le large et de courir vers la salle des machines. Il tombe sur le Mécanicien qui semble aller beaucoup mieux depuis l’attaque de Mick, Jack et Iggy.
« Tiens la Boule de Poils, tu viens me donner un petit coup de main ? il va y avoir du boulot, tu sais, pour réparer les dégâts causés par les autres fous furieux.
- En fait, je cherche surtout à éviter l’Artilleur. Il nous a coincés avec Ciccio, c’était l’enfer… Alors je me suis dit que j’allais me planquer ici, histoire qu’il m’oublie !
- Ah, je veux bien, le Velu, mais dans ce cas, tu vas m’aider à réparer le moteur B du Sous-Marin, il est sérieusement endommagé. Je vais avoir besoin de tes bras pour m’aider. »

 

Sans rechigner, le Yéti accepte. Il retrousse ses manches, tandis qu’une voix éthérée se fait entendre : le Mécanicien a mis Creatures Of An Hour de Still Corners dans sa chaine hi-fi et la musique douce et mélodique du groupe va accompagner les deux ouvriers pendant presque 45 minutes.

 

Still Corners - Creatures Of An Hour

Still Corners - Creatures Of An Hour


Pour cerner la pièce défaillante du moteur, le catchy Cuckoo encourage les deux matelots. Puis il faut retirer le piston cassé : Circulars donne le tempo avec son rythme inquiétant, comme dans un film de Dario Argento. Après l’effort, le sautillant Endless Summer récompense les deux travailleurs. Still Corners joue une noisy-pop élégiaque, pleine de reverb’, comme du Jesus and Mary Chain sous Prozac. Le Yéti a l’impression de baigner dans un océan de coton, vaporeux et harmonieux à souhait ; il se sent bien.

 

Plus loin la formidable ritournelle de The White Season permet de croire l’espace d’un instant que Trish Keenan de Broadcast est encore en vie. Le Yéti, en pensant à elle, réprime in extremis un sanglot. Mais déjà l’orgue de I Wrote in Blood, cousin des Cat’s Eyes, claque et les deux ouvriers attaquent le remplacement du piston. Tout se joue à cet instant, rien n’est fait.

 

Les grosse pattes du Yéti n’aident pas, mais l’album des Still Corners apporte cette finesse qui fait tant défaut au Poilu. Le Mécanicien s’acharne, il reste concentré. Et quand Submarine et sa guitare surf retentissent, le piston est installé et le Mécanicien affiche un large sourire, tout comme le Yéti.
Pendant 45 minutes, Still Corners a magnifiquement aidé à réparer le moteur B du Sous-Marin Jaune. Des débuts prometteurs et pour le groupe et pour le Mécanicien, qui va devoir s’atteler aux autres réparations à faire.

 

 

---------------------
Le Yéti

 

 

Je n’aime pas… la profusion des téléphones pendant les concerts

16 février 2012

 

L'artilleur

L'Artilleur #7

« Ah, te voilà ! je te cherchais justement… »

 

Le petit sourire qu’arbore Ciccio au moment où il interpelle le Yéti fait peur à ce dernier. La scène se passe juste devant la cabine de sa porte, et il ne sait pas depuis combien de temps Ciccio attend dans le couloir, et s’il a par conséquent entendu son ami écouter l’infâme Gérard Lenorman. Il sait très bien ce que Ciccio en pense et n’a aucune envie d’en discuter avec lui.

 

Mais Ciccio dissipe le doute du poilu en un instant :
- Yéti, on a abordé, on est à Brest !
- Ah, euh… ben super, merci. Ca fait longtemps que tu m’attends, là?
- Oui, enfin non, je sais plus. Bref on s’en fout, on a accosté je te dis ! A nous Brest, les tavernes, la bière, les fille, et surtout, surtout, les concerts !

 

Le Yéti est sur le point de s’emballer et de crier sa joie lui aussi, mais il voit que l’expression sur le visage de l’autre matelot s’est figée. Ciccio fixe un point, dans son dos, alors qu’une grosse goutte de sueur coule le long de sa tempe gauche. Ce point, c’est l’artilleur, qui arrive en gueulant comme un putois.

 

Super photo prise avec un téléphone portable !

Super photo prise avec un téléphone portable !

« CONCERT ??!! Qui a parlé de concert ? »
Personne n’ose répondre, les deux matelots ont de toutes façons une peur panique du fou furieux (seul Fantasio ose lui tenir tête) et ils préfèrent adopter une position qu’ils considèrent comme neutre, à mi-chemin entre sourire et grimace, ne sachant pas s’il est pire d’encourage l’artilleur dans sa diatribe ou bien d’argumenter contre lui. Le taré n’en a cure, il continue de plus belle, en haussant le ton, ce que Ciccio et le Yéti ne pensaient pas humainement possible.

 

« Les concerts c’est fini pour moi. J’y vais plus. J’en ai plein le cul de ces conneries. Dès que le premier morceau commence, t’as 2000 téléphones qui s’allument. Entre les connards qui filment devant toi et t’empêchent de voir, les accros qui tweetent fanatiquement le titre de chaque chanson jouée, et puis les abrutis qui pensent qu’ils vont illuminer la salle avec leur flash de téléphone et obtenir autre chose qu’une putain de photo floue de loin avec milles projos qui de toutes façons écrasent tout… »
Voyant que personne ne réagit en face de lui (fantastique posture neutre des deux amis, des matelots suisses n’auraient pas fait mieux), l’artilleur continue.

 

Superbe souvenir de concert

Superbe souvenir de concert

« Ils vont récupérer quoi sérieux ? Allez, mettons qu’ils aient une photo regardable ou une vidéo audible, ce sera jamais mieux que le souvenir qu’ils vont en garder. Pire, ça va le pourrir, ce souvenir. Ca va tout casser, et en regardant la photo quelques années après ils se diront que finalement c’était pas si terrible, et en garderont au final un mauvais souvenir. »

 

« Merde, les gars, vous dîtes rien ? Vous êtes d’accord ou pas ? »
Ciccio et le Yéti se regardent, ils n’osent toujours pas parler.

 

Puis tout s’accélère. Le Yéti réalise soudain qu’il est devant la porte de sa cabine. Il l’ouvre, entre et la verrouille derrière lui. Ciccio tente un sourire, mais l’artilleur semble encore plus menaçant, du coup il donne des grands coups dans la porte du Yéti. Celui-ci ouvre, laisse entrer son ami, et verrouille de nouveau derrière lui.

 

L’artilleur, qui n’a pas bougé d’un poil, secoue la tête en signe d’incompréhension, et passe son chemin.

 

 

---------------------
Ciccio

Mourir en écoutant Gérard Lenorman ou en mangeant des crêpes

15 février 2012
Périscope #91

Périscope #91

 

Résumé de l’épisode précédent : Le Sous-Marin Jaune a mis le cap vers Brest, suscitant l’inquiétude parmi les matelots du Sous-Marin Jaune.

 

Debout sur le pont du Sous-Marin Jaune, le Yéti regarde sa montre sur son poignet velu : 10h55. Au loin le poilu aperçoit le port de Brest. Il soupire. Il n’a pas oublié le message du Sous-Marin Bleu-Blanc-Rouge et l’invitation à manger des crêpes.

 

Rendez-vous à Brest ?

Daniel, matelot de l'horreur

Des crêpes au sucre, des crêpes jambon gruyère, des galettes complètes, des bolées de cidre… le Yéti ne sait pas si c’est l’idée de partager la table d’une crêperie bretonne avec Gérard, Daniel et Claude, les 3 matelots du Sous-Marin Bleu-Blanc-Rouge, ou simplement la mer agitée qui lui donne mal au bide.

 

Le Sous-Marin Jaune replonge dans la mer pour parcourir les derniers miles qui le séparent du port de Brest. Le Yéti est retourné dans sa cabine. En allongeant son corps lourd et dodu sur le lit couchette, il éprouve un sentiment mélancolique : le Sous-Marin Jaune est un espace exigu dans lequel il se sent parfois à l’étroit. Si la compagnie et la chaleur humaine des autres matelots est une drogue, il apprécie également de retrouver le calme de sa cabine.

 

Vous avez un message

Michèle ma belle

Il glisse un doigt sur son étagère à vinyles et tombe sur un 45 tours de Gérard Lenorman. Son pouls s’accélère et machinalement, il vérifie d’un coup d’œil que le verrou de la porte est bien fermé. Il serre le visage de Gérard Lenorman sur son cœur et plonge instantanément dans ses souvenirs d’enfance, quelque part à la fin des années 70.

 

Le Yéti s’abandonne complètement à l’écoute du morceau de Gérard.
Un jour tu as eu dix-sept ans
Tes cheveux volaient dans le vent
Et souvent tu chantais :
Oh! Yesterday!

 

Au fil des paroles, le Yéti voit défiler les années de son adolescence. Le mal de mer n’est plus qu’un vieux souvenir et il s’imagine déjà partageant une bouteille de cidre brut avec les matelots du Sous-Marin Bleu-Blanc-Rouge.

Les problèmes des autres

Dans la cabine de Fantasio ?

 

Le Yéti pense à Ciccio et à Fantasio et se demande ce qu’ils ressentent à cet instant précis. Fantasio écoute-t-il un disque de Julien Clerc ou un petit Rockollection de Voulzy en cachette ? Ciccio écoute-t-il Dès que le vent soufflera de Renaud en boucle dans sa cabine ? En imaginant les conversations à venir, et tous les débats inimaginables entre les matelots des Sous-Marins « ennemis », le Yéti se sent revivre.

 

Il interrompt le récital de Gérard Lenorman et cache le 45 tours sous son lit. Les vibrations du Sous-Marin ne trompent pas : les matelots viennent de jeter l’ancre dans le repaire du Sous-Marin Bleu-Blanc-Rouge.

 

 

La suite au prochain épisode…

 

 

---------------------
Fantasio