
Périscope #85
Résumé de l’épisode précédent : Alors que le Yéti est prêt à déclencher les représailles, le Commandant fait une entrée remarquée et glaciale dans la salle des Armes. Que va-t-il se passer ?
Le Commandant est là, le visage du Yéti devient exsangue, l’Artilleur fait un malaise, craignant pour sa vie et pour son poste.
Le compte à rebours est arrêté par l’ordinateur de bord « Identification incorrecte, mise à feu annulée »
Le rire du Commandant explose dans la salle des armes et glace le sang des matelots.
Il ouvre la bouche pour parler :
- Je n’ai qu’une question à vous poser. Qui selon vous est le BOSS à bord du Sous-Marin Jaune ?

Who's Your Boss ?
C’est l’une des grandes spécialités du Commandant : s’adresser à l’ensemble de l’équipage de la façon la plus péremptoire et glaçante possible, tel un tortionnaire de prisonniers de guerre de la Seconde Guerre Mondiale. Ce rituel immuable est la preuve de l’emprise du Commandant sur son navire. L’effet produit ne change pas l’ordre établi :
- C’est vous mon-mon Co-Commandant, répond en premier Ciccio, en bafouillant. Si le Commandant est craint par tous, aucun n’est plus terrifié que le matelot à barbe, à chaque apparition du Commandant.
- Vous, mon Commandant, répond l’Artilleur sans hésitation. D’ordinaire agressif et colérique, le spécialiste des attaques sous-marines ne bronche pas face au Commandant. Il est suivi de près par le Radariste.
Une poignée de secondes de silence plus tard, suffisante pour faire monter la colère du Commandant, Fantasio et le Yéti répondent avec empressement :
- Vous mon Commandant, Oui mon Commandant !
- Me voilà rassuré, chers matelots. Vous n’ignorez pas qu’il est absolument impossible et inconcevable d’envisager ou de déclencher toute action militaire, SANS MON ACCORD, quelle que soit la cible. J’espère que cela est bien clair pour tout le monde ici. Est-ce que c’est bien CLAIR ?
- Oui mon commandant ! répondent en chœur les matelots, le Radariste et L’Artilleur.

Un coup de Strokes
Un large sourire se dessine sur le Visage du Commandant. Son rituel est quasiment achevé, la victoire est totale et son autorité intacte. C’est dans ces instants-là qu’il mesure sa suprématie à Bord du Sous-Marin Jaune. Observer le Yéti devenir livide, regarder Ciccio lui obéir comme un bon toutou, sans que PERSONNE n’ose se dresser sur son chemin… le Commandant exulte, savoure sa position immuable.
Ce moment de domination, il le provoque avec un mélange de délectation et de crainte. Si les matelots savaient que c’est précisément dans ce moment que le Commandant se sent, au fond, le plus vulnérable, ils seraient probablement très étonnés. Mais l’instant est de courte durée et le Commandant n’a pas de temps à perdre à imaginer que ces misérables larves et ces matelots incapables parviennent un jour à fendre sa carapace blindée.
- Artilleur, êtes-vous prêt à suivre mes instructions ?
- Oui mon Commandant ?
- Bien. Comme j’en ai eu l’idée, nous allons procéder aux représailles et écraser ces misérables larves de Mick, Iggy et Jack.
- Oui mon Commandant. Je suis prêt à armer les missiles mon Commandant.
- Il faut agir vite. Il faut frapper fort. Nous allons contre-attaquer en deux temps. Pour commencer nous allons les neutraliser avec un premier missile bourré de Strokes. Un concentré du dernier album devrait suffire à ébranler cette saloperie de Sous-Marin Rouge et Noir. C’est bien compris ?
- Oui mon Commandant ! Missile Strokes : armé.
- Cette première salve n’est qu’un avant goût plutôt soft par rapport à ce qu’on va leur balancer dans la gueule. 30 secondes après, on démolit le Sous-Marin Rouge et Noir avec un missile rempli de Black Keys. C’est clairement notre arme fatale et il ne faut pas hésiter à l’employer sur ces crétins qui ne s’attendent certainement pas à se manger un énorme Lonely Boy dans la tronche. Il est grand temps de se débarrasser de cette misérable vermine qui pollue les océans.

Toujours les mêmes
Le Commandant déroule ses instructions, sous les yeux médusés des matelots. Ils sont à la fois terrifiés par l’homme et choqués par l’attitude méprisante dont il s’est fait une spécialité. Tous baissent les yeux et personne n’ose évoquer la préférence des matelots pour Little Black Submarines qui ferait un choix mille fois plus explosif et efficace.
- Missile El Camino, armé.
Le sourire du Commandant s’élargit encore plus et son regard vient fixer chacun des matelots puis les membres de l’équipage. Sans jamais cligner des yeux, il réaffirme son autorité et conforte son emprise.
- Artilleur, paré à déclencher l’opération Machu Picchu ?
- Prêt, à votre Commandement, répond l’Artilleur en appuyant sur une touche de son tableau de bord.
Au même moment le Commandant pose son index sur le dispositif de reconnaissance d’empreintes digitales.
CLIC
- FEUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU
Le Commandant hurle à pleins poumons, si fort que les matelots se demandent s’ils ont entendu le Boss leur vriller les tympans, ou s’il s’agit du bruit provoqué par le départ du premier missile. Le Radariste s’empresse de regarder son écran.
- Je ne vois rien. Il n’y a plus trace du Sous-Marin Jaune et Noir. Disparu.
Le cri du Commandant ne se fait pas attendre :
VICTOOOOOOOOOOOOOOOOOOOIRE !
Le Sous-Marin Jaune et Noir a-t-il été désintégré ? Le Sous-Marin Jaune et Noir pourra-t-il lever l’ancre ?
La suite la semaine prochaine…
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Fantasio