Le Gimmick selon Hard-Fi

22 mars 2012

 

Le radariste #5

Le radariste #5

Le radariste n’aime rien plus que d’être seul dans son coin, le casque vissé sur les oreilles.

 

Il a un peu honte de le dire, mais il n’est pas mécontent que Fantasio et le Yéti soient partis. D’une part parce qu’il est persuadé qu’ils ramèneront Ciccio et que tout rentrera dans l’ordre, mais peut-être encore plus parce qu’il est quasiment seul dans le Sous-Marin (lorsque le Yéti est absent, ou tout simplement lorsqu’il quitte une pièce, il y règne un tel calme que l’on a l’impression d’être seul au monde).

 

Avec les événements récents, il a été tellement occupé qu’il n’a pas pu s’adonner à son activité favorite, la recherche de gimmicks. C’est donc avec gourmandise qu’il se jette sur son casque, et qu’il lance sur son ordinateur de bord une liste de lecture aléatoire, compilant les derniers morceaux qu’il a remarqués pour leur qualité gimmickienne. Dès les premières secondes du premier titre, le Radariste reconnait immédiatement de qui il s’agit et, en s’enfonçant dans son fauteuil, les mains sur les écouteurs, il lâche, dans un murmure souriant, un presque imperceptible « oh, mec… ».

 

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Si le radariste a choisi ce morceau, ce n’est pas pour son riff de guitare accrocheur, ce n’est pas pour son refrain répétitif et entêtant, c’est pour sa flûte. Oui, sa flûte.

 

Il s’agit probablement d’un échantillon, mais cela n’enlève rien à sa force. Et le côté répétitif, comme un clou qu’on enfonce, le rend encore plus puissant aux oreilles du Radariste.

 

Dans ces moments-là, il oublie tous les soucis du vaisseau, tous ses tourments, et il se laisse aller au son d’une flûte. Oui, une flûte.

 

 

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Ciccio

Règlements de comptes à Yeti Lane et Karaoké

20 mars 2012
Périscope #96

Périscope #96

 

Résumé de l’épisode précédent : Fantasio et le Yéti ont quitté le Sous-Marin Jaune et s’apprêtent à venir en aide à Ciccio.

 

Le sang afflue à la tête de Fantasio, le sortant de sa torpeur et le déconnectant de son obsession du moment pour les Shins. Il donne quelques coups dans le dos du Yéti et celui-ci le laisse tomber sur le sol.
Le visage du Yéti est rouge (de colère ou de surchauffe du cardio) et il ordonne à Fantasio de presser le pas.

 

- Ciccio est en danger, s’écrie le Yéti, la voix tremblante.
- Il n’y a pas une minute à perdre, commente Fantasio alors que le matelot velu a déjà repris sa route vers la crêperie.

Yeti Lane Express

Fantasio est une nouvelle fois impressionné par la débauche d’énergie du Yéti. Admiratif, il éprouve presque un sentiment de jalousie à le voir se démener pour son ami Ciccio : le Yéti semble capable de bouger des montagnes pour son matelot préféré. Connaissant le péril et le danger que constituent Gérard, Daniel et Claude, il se dit que la force du Yéti n’est pas de trop dans ces moments.

 

En observant le trajet du Yéti à travers les rues de Brest, il ne peut pas s’empêcher de penser au groupe Yéti Lane. Comme le groupe parisien, la trajectoire sinueuse du Yéti peut parfois sembler contradictoire ou fragmentée. L’évidence du Penny Lane des Beatles et la rugosité du krautrock allemand : deux facettes revendiquées par les ex Cyann et Ben, et qui correspondent parfaitement aux caractéristiques et aux lubies du Yéti.

 

Il ne faut que quelques minutes au Yéti et à Fantasio pour rejoindre la façade de la crêperie. Pas un bruit, le restaurant semble fermé et dans l’obscurité. Fantasio sursaute : le Yéti se met à tambouriner la porte d’entrée. Difficile d’imaginer une intervention moins discrète – mais le Yéti ne semble pas d’humeur à faire profil bas :
- Putain de merde si vous avez touché à UN CHEVEU de Ciccio, je vous arrache la tête, un par un.

 

La porte s’ouvre et Fantasio a juste le temps de pousser le Yéti à terre pour éviter le projectile : une pinte de bière blonde a frôlé le crâne du Yéti, avant de retomber sur le sol. Le Yéti sert les dents.
Les deux matelots entendent les 3 matelots du Sous-Marin Bleu-Blanc-Rouge pouffer de rire.
Fantasio chuchote son plan d’action à l’oreille du Yéti et disparaît pour rejoindre l’entrée de service du restaurant.

 

Le Yéti fait un pas en avant, immédiatement confronté à une scène digne de ses pires cauchemars : Ciccio, assis devant un vieux poste de télévision, regarde un vieux clips de Balavoine. Daniel lui donne des claques sur la tête, l’incitant à chanter les paroles de la chanson France qui s’affichent à l’écran :

 

 

France, tous ces mots pour un public
France, tous ces mots démagogiques

 

Les yeux exorbités, Ciccio s’exécute sous les yeux du Yéti et des 3 matelots hilares et féroces.

 

Quelle issue pour le macabre karaoké ? Quel plan d’action pour Fantasio ?
La suite au prochain épisode…

 

 

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Fantasio

The Stone Roses, Pulp, Band Of Horses, I Am Kloot, Edwyn Collins et probablement des tas d’autres en vue!

15 mars 2012

Pulp,

La Vigie #75

Alors là, ça va vraiment chier !

 

Quand il apprend que Fantasio et Le Yéti sont partis à la recherche du troisième matelot, son Ciccio, la Vigie est tout remonté. Il exulte de joie et en même temps il aurait bien envie de leur prêter main forte, d’en découdre. Il y a d’ailleurs fort à parier que, si les trois gugusses du sous-marin Bleu Blanc Rouge voyaient ne serait-ce que sa tête, la bataille serait déjà à moitié gagnée.

 

Puisqu’il doit rester dans le vaisseau, la Vigie décide de soutenir psychologiquement ses amis en mettant une musique propice à la guerre. Pas question pour lui de se vautrer dans du rock tout grassouillet ou du métal qui fait mal à ses petites oreilles poilues par les années. Non, ce qu’il a en tête, c’est un rythme, ou plus précisément, un gimmick de batterie. Avant même de regarder dans ses disques, il sait déjà très précisément ce dont il a besoin. Il veut ce riff (et le terme n’est pas galvaudé pour une batterie) qui, s’il n’a pas été inventé en 1989 (soyons raisonnables), est entré dans la vie de la Vigie précisément cette année-là :

 

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Tandis que l’intro est terminée depuis bien longtemps, et que le morceau part dans son deuxième, puis son troisième mouvement, l’esprit de la Vigie vagabonde, et il ne peut s’empêcher de s’adonner à son activité favorite : trouver des ressemblances.

 

Or, c’est une aubaine, car ce riff, totalement simple et terriblement efficace, se retrouve dans des dizaines et des dizaines d’albums. La Vigie se rue sur ses disques pour les consulter un à un. Dès qu’il tombe sur un album contenant le riff, il lâche un minuscule et très aigu cri de joie, avant de revenir, goguenard, à sa chaine, et d’exploser d’un rire terrifiant, tout en mimant le combat à l’épée, quelque chose qu’il n’a probablement jamais fait de sa vie pour de vrai, pendant le reste du morceau.

 

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Quand s’achèvent les dernières notes du morceau d’I Am Kloot, la Vigie, mort de fatigue, se laisse tomber sur sa banquette. Gods And Monsters a beau ne pas être aussi bon que le tout dernier album des mancuniens, Sky At Night, il n’a pas la force de se lever pour le changer.

 

C’est donc dans un bain de sueur qu’il s’endort, en rêvant aux retrouvailles avec les matelots, partis au front.

 

 

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Ciccio

Sauver Ciccio sans attendre le retour des Shins

13 mars 2012
Périscope #95

Périscope #95

 

Résumé de l’épisode précédent : Maltraité et secoué par Gérard, Daniel et Claude, Ciccio n’en finit plus d’attendre l’arrivée des matelots.

 

Le Yéti écoute les paroles du Radariste. Très vite, son visage se métamorphose et la panique vient envahir ses traits. Et s’il était arrivé quelque chose à Ciccio ? Jamais il ne se le pardonnerait. Sans attendre une seconde de plus, il se précipite dans la cabine de Fantasio. D’une voix qui se veut calme et dénuée de nervosité, il interpelle le matelot.
- Fantasio, il faut faire quelque chose pour Ciccio.
Pas de réponse. Fantasio murmure des paroles quasi inaudibles.
Born on a desert floor you’ve the deepest thirst
- Oh putain c’est pas vrai, jure le Yéti lorsqu’il comprend ce qui se passe.

 

Messie ou pas Mercer

Messie ou pas ?

Fantasio est assis sur sa couchette, le regard dans le vide. Quand il entend son ami velu, il ne bouge pas d’un centimètre. Il penche la tête très lentement, marmonnant la fin de Red Rabbits. Le Yéti l’observe et s’aperçoit qu’il a des écouteurs dans les oreilles. Il s’approche de son ami et son inquiétude ne fait que croître.

 

5 ans. 5 ans depuis le dernier album des Shins. 5 ans d’attente, qui, se dit le Yéti, ont été de trop. Depuis l’album Wincing The Night Away, Fantasio attend une suite comme le messie. Parfois, il lui arrive de ne plus écouter les Shins, mais jamais il n’oublie leurs albums, et il finit toujours par en venir au même point : quand est-ce que James Mercer reviendra avec de nouvelles chansons ?

 

Le Yéti a de la compassion pour Fantasio et son coté midinette neurasthénique. Il a d’ailleurs connu des moments d’égarement similaires, entre le second et le troisième album de Portishead, Third. Mais il faut dire que dans le cas de Beth Gibbons, l’attente a VRAIMENT été longue, à tel point que le Yéti avait perdu espoir : plus de 10 ans ont séparé les albums, soit une éternité.

 

Portishead trop attendu

Attendu trop longtemps

Mais la situation est grave et la patience du matelot hirsute a des limites. Perdre pied avec la réalité et oublier ses amis matelots pour un tout petit album des Shins, c’est un peu gros. Le Yéti prend son élan et se précipite tête baissée. Il vient percuter Fantasio en plein buffet.
Fantasio pousse un cri de douleur et perd connaissance instantanément, assommé par la puissance de buffle de son ami matelot.

 

Le Yéti soulève Fantasio, le porte sur son dos, et sort de la cabine. A grandes enjambées, il se dirige vers la sortie du Sous-Marin, et deux minutes plus tard les voilà sur la terre ferme.
- Ciccio nous voilà ! hurle le Yéti en frappant sa poitrine.
Les hurlements du Yéti réveillent Fantasio. Mais les matelots sont déjà en route vers la crêperie : le Yéti semble voler vers son ami Ciccio, tandis que Fantasio, la tête en bas, est balloté par le rythme imposé par le matelot velu.

 

Les matelots arriveront-ils à temps pour sauver Ciccio ?
La suite au prochain épisode…

 

 

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Fantasio

A la recherche de The Left Banke

10 mars 2012

A la recherche des Left Banke

Le plongeur #2


Le disque des Great Lake Swimmers encore dans la main, le Yéti retourne dans sa cabine quand soudain, une mélodie familière vient lui titiller les oreilles. Instinctivement il se met à chanter « Sing, Little Bird, Sing… ». Sauf que les paroles ne viennent pas, c’est une version instrumentale de la magnifique chanson des Left Banke.
Etonné, le Yéti regarde la porte de la cabine d’où vient la musique : c’est celle du Plongeur.

 

Il frappe timidement à la porte, le Plongeur lui ouvre rapidement et le fait entrer.
« Hey Mec ! Je pensais à toi justement ! Regarde le trésor que je viens de récupérer sur le blog http://larryhovis.net/leftbanke.
C’est une mine d’or, mec, tu vas halluciner ! »

 

Le Poilu regarde le butin du Plongeur et se met à trembler : devant lui s’étalent plusieurs pistes inédites des Left Banke, des jingles publicitaires, des prises live de certaines chansons et des réinterprétations. Pour un fan de Pop Baroque comme le Yéti, c’est tout simplement mirifique et il ne sait plus où donner de la tête.

 

« Waow, mec, doucement, tu vas me faire une syncope là ?! Je sais que tu es tout excité, mais calme toi, tout n’est pas formidable dans ce butin, il faut faire un tri. Je vais te guider.
Tu vois ce gars, Larry Hovis ? Et bien tout comme toi et moi, il pense que les Left Banke sont le plus grand groupe pop des années Soixante, parfois même devant les Beach Boys ! Même si l’intégrale des Left Banke tient dans un double CD, il n’hésite pas à dire que Michael Brown, le compositeur, est l’égal de Brian Wilson.

 

Le meilleur groupe pop de tous les temps ?

Le meilleur groupe pop de tous les temps ?


Le problème avec les Left Banke, c’est la taille de leur discographie : juste deux albums, une grosse compilation et puis c’est tout. Or là, grâce à Larry, on découvre de nouvelles chansons à se mettre sous la dent ! Tout ça, c’est dans sa section Download.

 

Sur Leftbankeisms V1, Larry a regroupé plusieurs inédits comme l’anecdotique Foggy Waterfall, des publicités incroyables et des early mix intéressants. Mais c’est Leftbankeisms V2 qui est le plus dingue. Il y a déjà deux inédits indispensables, Airborne et Love Songs In The Night. Et puis il y a aussi des réinterprétations de Michael Brown avec sa femme, Yvonne Vitale, comme Desiree ou Shadows Breaking Over My Head. Là, mon Yéti, c’est beau à pleurer.

 

Le reste, malheureusement, est nettement moins intéressant car datant des années 70-80. Il y a notamment l’épouvantable album de la reformation des Left Banke, Strangers on a Train, gras comme un loukoum. A fuir.
Voilà mon Yéti. Tu en penses quoi ? Hey, Ho, Mec, je te parle !! »

 

Le Yéti ne regarde plus le Plongeur. Les yeux écarquillés, il semble absent, un filet de bave perçant à la commissure de ses lèvres. Inquiet, le Plongeur frappe le Velu qui sursaute.
« Hey, Mec, me refais plus jamais ça, tu es flippant ! C’est juste de la Pop, mec, juste de la Pop… »

 

 

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Le Yéti

 

 

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