Je n’aime pas… Apokalypsis de Chelsea Wolfe

6 janvier 2012

 

L'artilleur

L'Artilleur #5

En entendant le Commandant crier « VICTOOOOOOOOOOOOOOOOOOOIRE ! », le Yéti se bouche les oreilles et regarde incrédule son supérieur faire le coq dans la salle d’armement.

 

Ce qui le surprend dans le cri du Commandant, c’est que dans un sous-marin, les sons se font plus métalliques et sont fortement déformés. Du coup, ce que le Velu aurait dû prendre pour un cri de joie ressort plutôt comme un cri primaire assez terrifiant. D’ailleurs, en entendant ce cri, le Yéti se dit qu’il a déjà entendu cela dans un disque récemment. Il cherche, cherche, mais ne trouve pas. Puis il croise le regard de l’Artilleur qui le fixe intensément avec un grand sourire, puis qui roule ses yeux de telle façon que le Poilu ne puisse voir que le blanc de ses yeux.…
Le Yéti comprend aussitôt : Chelsea Wolfe !

 

Et il repense au jour où l’Artilleur avait hurlé en écoutant le nouvel album de cette chanteuse américaine. Sur la pochette, une étrange femme aveugle vêtue en habit traditionnel grec vous colle déjà une chaire de poule de tous les diables. L’album est du même bois. Et notamment lorsque Chelsea se met à hurler (dans au moins trois chansons) : un cri bestial, que l’on dirait tout droit tiré du Projet Blair Witch. Un cri rauque et métallique comme celui du Commandant…

 

Chelsea Wolfe: ca fout les chocottes

Chelsea Wolfe: ca fout les chocottes


A l’époque, l’Artilleur et le Yéti avaient découvert Chelsea Wolfe à travers un titre folk assez beau, Mer, le seul titre réellement accessible sur son nouvel album, joliment intitulé Apokalypsis… Ce qui avait aussi profondément gêné l’Artilleur sur ce nouvel album, c’est l’étiquette que les journalistes avaient collée à ce genre de musique : de la Doom Folk. « Quelle foutaise ! » avait braillé l’Artilleur.
Et il s’était une nouvelle fois déchainé en criant que cela ne voulait rien dire. Que finalement sur cet album, on avait le droit à plusieurs chansons folk lugubres sans aucune magie, aucun mystère (soit tout le contraire de, au hasard, Espers), et qu’on s’était bien foutu de sa gueule. Le Yéti, moins catégorique, avait cependant opiné, très déçu lui aussi par ce disque noir, sans le moindre rayon de soleil.

 

Finalement, la seule satisfaction que le Yéti a tiré de cet Apokalypsis est de voir l’Artilleur faire le con avec ses yeux et surtout de voir le Commandant lui coller une énorme beigne, croyant que le gugusse se moquait de lui…

 

 

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Le Yéti

 

 

Jack White et Andy Serkis en vue !

5 janvier 2012

Andy Serkis comparé à Jack White

La Vigie #70

« C’est tout simplement le meilleur titre que Jack White n’a jamais écrit. Et puis c’est tout. »

 

En quelques mots, deux phrases, la Vigie a résumé le fond de la pensée de Ciccio, tout en traduisant parfaitement la frustration qui s’est emparé du matelot lorsque le Commandant a choisi Lonely Boy au détriment de Little Black Submarines, le titre préféré de Ciccio sur El Camino, le dernier et fabuleux album des Black Keys. A présent, les deux amis se regardent sans dire un mot, et même sans écouter la moindre musique, ce qui est rarissime.

 

C’est finalement la Vigie qui brise le silence, pour divertir Ciccio qui a le regard vague de celui qui a conscience d’avoir échappé à quelque chose de dangereux, sans pour autant se sentir satisfait du résultat : « D’ailleurs, en parlant de Jack, tu trouves pas qu’il aurait fait un bon hobbit ? ».

 

Ciccio répond par une espèce de moue, puis l’idée fait le tour de son cerveau, et il esquisse un sourire avant même que la Vigie, qui était affairé à son ordinateur, n’en retourne l’écran pour lui montrer une photo de Jack White :

 

Un mélange de Hobbit et d'Elfe...

Un mélange de Hobbit et d'Elfe...

 

Ciccio rit de bon coeur :
- C’est vrai qu’il y a un truc, c’est indéniable !
- Attends, t’as rien vu, répond la Vigie. Ton Jack White, tu lui mets quelques cernes, des cheveux un peu gras et hop, le voilà ton hobbit !

 

Un mélange de Hobbit et de truc qui fait peur...

Un mélange de Hobbit et de truc qui fait peur...

 

Cette fois, Ciccio explose littéralement de rire :
- N’importe quoi, lâche-t-il quand il arrive enfin à reprendre sa respiration.
- J’avoue que c’est un peu tiré par les cheveux, mais le principal c’est que je t’ai fait rire. Allez, on va finir en chanson, je parie que ça va te plaire.

 

Effectivement, Ciccio comprend dès les premières millisecondes de quoi il s’agit, et il s’affale complètement sur le fauteuil de la Vigie.

 

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Comme le fait souvent la Vigie, il ferme ses yeux pour mieux écouter, tout en marmonnant dans sa barbe les premières phrases de la chanson.
Little Black Submarines, operator pleeeaaaase…

 

 

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Ciccio

BOOM : Les Strokes et les Black Keys font le ménage

3 janvier 2012
Périscope #85

Périscope #85

 

Résumé de l’épisode précédent : Alors que le Yéti est prêt à déclencher les représailles, le Commandant fait une entrée remarquée et glaciale dans la salle des Armes. Que va-t-il se passer ?

 

Le Commandant est là, le visage du Yéti devient exsangue, l’Artilleur fait un malaise, craignant pour sa vie et pour son poste.
Le compte à rebours est arrêté par l’ordinateur de bord « Identification incorrecte, mise à feu annulée »
Le rire du Commandant explose dans la salle des armes et glace le sang des matelots.
Il ouvre la bouche pour parler :
- Je n’ai qu’une question à vous poser. Qui selon vous est le BOSS à bord du Sous-Marin Jaune ?

 

Who's Your Boss ?

C’est l’une des grandes spécialités du Commandant : s’adresser à l’ensemble de l’équipage de la façon la plus péremptoire et glaçante possible, tel un tortionnaire de prisonniers de guerre de la Seconde Guerre Mondiale. Ce rituel immuable est la preuve de l’emprise du Commandant sur son navire. L’effet produit ne change pas l’ordre établi :

- C’est vous mon-mon Co-Commandant, répond en premier Ciccio, en bafouillant. Si le Commandant est craint par tous, aucun n’est plus terrifié que le matelot à barbe, à chaque apparition du Commandant.

- Vous, mon Commandant, répond l’Artilleur sans hésitation. D’ordinaire agressif et colérique, le spécialiste des attaques sous-marines ne bronche pas face au Commandant. Il est suivi de près par le Radariste.

 

Une poignée de secondes de silence plus tard, suffisante pour faire monter la colère du Commandant, Fantasio et le Yéti répondent avec empressement :

- Vous mon Commandant, Oui mon Commandant !

 

- Me voilà rassuré, chers matelots. Vous n’ignorez pas qu’il est absolument impossible et inconcevable d’envisager ou de déclencher toute action militaire, SANS MON ACCORD, quelle que soit la cible. J’espère que cela est bien clair pour tout le monde ici. Est-ce que c’est bien CLAIR ?

- Oui mon commandant ! répondent en chœur les matelots, le Radariste et L’Artilleur.

Un coup de Strokes

 

Un large sourire se dessine sur le Visage du Commandant. Son rituel est quasiment achevé, la victoire est totale et son autorité intacte. C’est dans ces instants-là qu’il mesure sa suprématie à Bord du Sous-Marin Jaune. Observer le Yéti devenir livide, regarder Ciccio lui obéir comme un bon toutou, sans que PERSONNE n’ose se dresser sur son chemin… le Commandant exulte, savoure sa position immuable.

 

Ce moment de domination, il le provoque avec un mélange de délectation et de crainte. Si les matelots savaient que c’est précisément dans ce moment que le Commandant se sent, au fond, le plus vulnérable, ils seraient probablement très étonnés. Mais l’instant est de courte durée et le Commandant n’a pas de temps à perdre à imaginer que ces misérables larves et ces matelots incapables parviennent un jour à fendre sa carapace blindée.

 

- Artilleur, êtes-vous prêt à suivre mes instructions ?

- Oui mon Commandant ?

- Bien. Comme j’en ai eu l’idée, nous allons procéder aux représailles et écraser ces misérables larves de Mick, Iggy et Jack.

- Oui mon Commandant. Je suis prêt à armer les missiles mon Commandant.

- Il faut agir vite. Il faut frapper fort. Nous allons contre-attaquer en deux temps. Pour commencer nous allons les neutraliser avec un premier missile bourré de Strokes. Un concentré du dernier album devrait suffire à ébranler cette saloperie de Sous-Marin Rouge et Noir. C’est bien compris ?

 

- Oui mon Commandant ! Missile Strokes : armé.

 

- Cette première salve n’est qu’un avant goût plutôt soft par rapport à ce qu’on va leur balancer dans la gueule. 30 secondes après, on démolit le Sous-Marin Rouge et Noir avec un missile rempli de Black Keys. C’est clairement notre arme fatale et il ne faut pas hésiter à l’employer sur ces crétins  qui ne s’attendent certainement pas à se manger un énorme Lonely Boy dans la tronche. Il est grand temps de se débarrasser de cette misérable vermine qui pollue les océans.

 

Toujours les mêmes

Le Commandant déroule ses instructions, sous les yeux médusés des matelots. Ils sont à la fois terrifiés par l’homme et choqués par l’attitude méprisante dont il s’est fait une spécialité. Tous baissent les yeux et personne n’ose évoquer la préférence des matelots pour Little Black Submarines qui ferait un choix mille fois plus explosif et efficace.

 

- Missile El Camino, armé.
Le sourire du Commandant s’élargit encore plus et son regard vient fixer chacun des matelots puis les membres de l’équipage. Sans jamais cligner des yeux, il réaffirme son autorité et conforte son emprise.

 

- Artilleur, paré à déclencher l’opération Machu Picchu ?

- Prêt, à votre Commandement, répond l’Artilleur en appuyant sur une touche de son tableau de bord.

 

Au même moment le Commandant pose son index sur le dispositif de reconnaissance d’empreintes digitales.
CLIC

- FEUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU

Le Commandant hurle à pleins poumons, si fort que les matelots se demandent s’ils ont entendu le Boss leur vriller les tympans, ou s’il s’agit du bruit provoqué par le départ du premier missile. Le Radariste s’empresse de regarder son écran.

 

- Je ne vois rien. Il n’y a plus trace du Sous-Marin Jaune et Noir. Disparu.

Le cri du Commandant ne se fait pas attendre :

VICTOOOOOOOOOOOOOOOOOOOIRE !

 

Le Sous-Marin Jaune et Noir a-t-il été désintégré ? Le Sous-Marin Jaune et Noir pourra-t-il lever l’ancre ?

 

La suite la semaine prochaine…

 

 

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Fantasio

Une Bouée pour Wilco

30 décembre 2011

 

Le mécanicien du SMJ

Le Mécanicien #3

C’est fou ce qui peut vous traverser la tête en l’espace de quelques secondes.
Alors que le Yéti s’apprête à vivre un grand moment de jouissance en torpillant avec ses acolytes le Sous-Marin Noir et Rouge, l’apparition du Commandant refroidit instantanément son euphorie et le pétrifie sur place. Et pendant ses trois longues secondes de silence, avant que le Commandant ne prenne la parole, des images et de la musique s’entrechoquent à la vitesse de la lumière dans l’esprit du Yéti.

 

Curieusement c’est un album qui défile à toute vitesse dans la tête du Yéti, un album que lui avait vivement recommandé son ami le Mécanicien quelques jours auparavant:
« Tiens le Poilu, il faut absolument que tu écoutes ce disque ! C’est le dernier album des géniaux Wilco. Tu vas voir, une nouvelle fois, ce disque sera le grand absent des classements de fin d’année et pourtant, quelle claque ! Prends le et reviens me voir dans 15 jours quand tu en auras bien fait le tour ».

 

Le fabuleux The Whole Love, de Wilco

Le fabuleux The Whole Love, de Wilco


Le Yéti avait obéi, docilement, et en avait été grandement récompensé tant The Whole Love était fascinant. Et là, étrangement, devant le Commandant, le Yéti ne pense qu’à une chose : Wilco.

 

Et plus précisément à un titre : l’immense Art of Almost. Une intro qui monte doucement, la voix de Jeff Tweedy qui déboule, sereine, le morceau qui progresse aux confins du krautrock: tout semble annoncer une fin radieuse, la victoire du Sous-Marin Jaune sur le Sous-Marin Rouge. Et puis des larsens de guitares électriques déchirent l’espace, le ton se fait plus tumultueux, la batterie plus martiale : le Commandant est devant le Yéti et il n’est pas content. Le Yéti va dérouiller, tout comme l’auditeur qui prend le final d’ Art of Almost en pleine gueule. Groggy , abasourdi, le Yéti chancèle.

 

L’espace de 3 secondes, le Yéti vit donc tout cela. Et sur la dernière microseconde qui lui reste, le Yéti se prend à espérer un dénouement heureux à la Dawned On Me, un titre à la Deerhunter, festif et joyeux, qui verrait finalement le Commandant rire de tout cela et siffloter avec le Yéti cette irrésistible ritournelle. Le Yéti espère, mais vu la tête du Commandant n’y croit pas une seule seconde.

 

 

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Le Yéti

 

 

The Rifles et Band Of Horses en vue !

28 décembre 2011

Oasis comparé à The Band

La Vigie #69

« Allez, viens, on va leur en mettre plein la gueule ! »

 

C’est sur ces mots que Ciccio, surexcité, déboule dans la cabine de la Vigie. Il gesticule dans tous les sens, crie très fort et imite des bruits d’armes diverses : les PAN du pistolet, les PFRRRRR du canon, les BOUM de la bombe… Il ne remarque pas que la Vigie se met à rire de plus en plus fort, jusqu’à exploser et couvrir les cris mêmes du matelot.

 

Finalement, Ciccio, ne s’entendant plus crier, s’arrête de parler soudainement, attendant que la Vigie arrête de rire. Finalement, lorsque le silence est complet, la Vigie entame la série de gestes que Ciccio attendait depuis sa première seconde de présence dans cette cabine, car finalement tout ceci n’était qu’un prétexte pour aller retrouver son petit havre de paix favori. Ciccio serait bien incapable de bombarder le moindre sous-marin, alors qu’il est incapable d’esquinter un album moisi.

 

Attention : chevaux méchants !

Attention : chevaux méchants !

« On pourrait leur balancer des fusils sur la tronche, non ? » dit La Vigie en enchaînant les gestes tant attendus par le matelot : mouvement vers sa pile de disques, quelques secondes d’hésitation lisibles sur le front plissé, sourire de soulagement accompagnant le bras qui se tend avec assurance jusqu’au CD localisé, mouvement vers la chaîne, mise en place du disque, pression sur le bouton Lecture.

 

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Ciccio se laisse immédiatement emporter par ce rythme familier du groupe londonien, dont il apprécie beaucoup les deux premiers albums. Il commence à remuer la tête en rythme, prenant quasiment une posture guerrière.
Quand la chanson se termine, la Vigie ne lui laisse pas le temps de parler et, tout en reproduisant les mêmes gestes, ajoute : « Ou alors on leur envoie des chevaux furieux, tu vas voir, ça revient un peu au même ! »

 

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Ni une ni deux, Ciccio reprend son hochement de tête agressif, sans même s’apercevoir du message qu’a tenté de lui faire passer son ami. Celui-ci ne lui en tient pas rigueur, et quand la chanson se termine, il l’encourage dans un dernier cri :
« Allez ! Vous allez en faire une bouchée de ces petits cons ! ».

 

 

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Ciccio

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