Photos de classe et génériques de séries TV
4 juillet 2011
Résumé de l’épisode précédent :
Les 3 matelots ayant pris place sur les banquettes du petit salon, Fantasio évoque ses chemises de bûcheron et le souvenir des années Nirvana. Le Yéti ne rate pas cette occasion et s’apprête à exiger la fameuse photo de classe.
Le visage du Yéti s’illumine d’un grand sourire, après le récit de Fantasio. Le cœur léger, il se lève soudainement. La tête qui tourne, il s’appuie sur la banquette d’une main et regarde ses deux amis matelots.
- Chers amis, j’aimerais porter un toast, un toast !
Fantasio et Ciccio l’observent et attendent la suite de sa phrase.
Le sourire toujours aux lèvres, le Yéti reste silencieux pendant plusieurs minutes, le temps de reprendre ses esprits. Un toast à quoi déjà ?
- Mes chers amis Ciccio et Fantasio, j’aimerais porter un toast à notre amitié et à notre jeunesse. Car oui nous avons vieilli mais nous avons su rester jeune.
Fantasio qui a remarqué les hésitations du Yéti, lui tient le bras pour éviter qu’il bascule en arrière et se retrouve à terre. Mais le Yéti ne semble pas vouloir s’en arrêter là.

La nostalgie du Yéti
- Les gars, pour prolonger ce beau moment entre potes et cette belle soirée, je vous propose de ressortir nos photos de classe. Celles du lycée ou du collège. Je sens qu’on va passer un super moment !
Ciccio, franchement dubitatif et pas emballé par cette éventualité, n’ose pas vraiment s’opposer à l’enthousiasme généralement communicatif du Yéti.
- Tu sais Yéti ma cabine n’est pas rangée, je ne sais pas si je vais mettre la main sur mes photos de classe. Si on faisait ça plutôt la semaine prochaine ?
Malheureusement pour le matelot barbu, ces paroles n’ont pas été entendues et le Yéti est déjà en route vers sa cabine, à la recherche d’une photo de classe. Dans sa précipitation, il a laissé sa paire de chaussure – tous les matelots savent que dans les moments conviviaux, le Yéti préfère être pieds nus, ou à la limite, en chaussettes.
- Fantasio, tu crois que c’est sérieux sa proposition ? interroge Ciccio
Fantasio préfère répondre à son ami par une expression de dépit. Plus étonnant, il quitte la banquette et le salon, comme s’il acceptait le jeu proposé par le Yéti..
Ciccio se retrouve donc seul dans le salon, avec pour seule compagnie les pintes vides posées sur la table. Il se demande encore comment il a pu laisser les penchants du Yéti prendre le contrôle des soirées à bord du Sous-Marin Jaune. Tenté de reprocher à Fantasio sa passivité, il se fait finalement le même reproche.
Pour commencer, même s’il peut comprendre l’intérêt d’exhiber des photos oubliées, l’effet comique ou de surprise ne fonctionne que 30 secondes. Pourquoi passer tout une soirée à faire remonter les souvenirs enfouis à la surface ?
L’autre raison, c’est que les photos de classe ne se partagent qu’avec ceux qui ont connu la classe et l’époque. Les copains de classe de Seconde du Yéti, il ne les connait pas, et même si ça l’amusera un instant de revoir la tronche adolescente du velu, il n’a pas envie de les connaître.
Enfin, et c’est probablement ce qui donne à Ciccio le plus d’inquiétude, il sait très bien comment se terminera cette évocation du passé et des inévitables références « culturelles » communes, celles d’une génération élevée à proximité d’un poste de télévision, et de Récré A2..
Ses craintes se font de plus en plus fortes, et bien que toujours seul sur la banquette du salon, il visualise trop facilement le Yéti exhibant les pépites du passé et chantant à tue-tête le générique de Cobra ou de Jayce et les Conquérants de la lumière. Plus les minutes passent, plus il se dit que non, il ne revivra pas de genre d’interminable soirée entre amis.
Bien décidé à ne pas participer à la dérive du Yéti, Ciccio hésite entre argumenter (ce qui n’est pas une bonne tactique face au Yéti) et prendre la fuite. Son choix est précipité par le retour du Yéti, déjà de retour de sa cabine :
- Caaaaapitaine Flamme tu n’es paaaaaas de no-tre ga-la-xie…
Ciccio claque la porte du salon et la ferme à clé. Tandis que le Yéti frappe des poings contre la tôle, Ciccio enfile son casque audio et démarre l’écoute du prochain album de Beirut, Rip Tide. Si son titre évoque sans le vouloir une série TV des années 80, Ciccio préfère mille fois se perdre dans ce nouvel album que d’écouter les refrains régressifs du Yéti.
La suite la semaine prochaine…
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Fantasio

















