La Pop, c’est vraiment pour les gonzesses

19 décembre 2011
Périscope #83

Périscope #83

 

Résumé de l’épisode précédent : le séjour des matelots à Liverpool est écourté par un évènement inattendu. Attaqué par surprise de tous les côtés, le Sous-marin Jaune est en grand danger. A bord, c’est le Mécanicien qui semble le plus mal en point.

 

- Je le savais, je le savais, je le savais ! répète Ciccio, qui vient de comprendre l’origine de l’attaque du Sous-Marin Jaune.

 

Le mécanicien du SMJ

Une prière pour le Mécanicien

Les autres matelots le regardent, et, encore sous le choc de la vision du corps ensanglanté du Mécanicien, ne réalisent pas encore ce que Ciccio vient de révéler. Les minutes s’écoulent, le temps pour le Médecin d’administrer des soins d’urgence au Mécanicien.

- Aidez-moi à le transporter, on va l’installer à l’infirmerie.

 

Le Radariste et le Plongeur soulèvent délicatement le Mécanicien, le tenant par les épaules.

Le Yéti, les larmes aux yeux, regarde son ami partir avec inquiétude. Fantasio, une fois n’est pas coutume, pose une main sur son épaule, conscient de la grande détresse de son ami.

 

Les 3 matelots se retrouvent seuls, comme anesthésiés par la situation de crise.

- J’aurais pu faire quelque chose, on aurait du l’emmener avec nous ! sanglote le Yéti en serrant la main de Fantasio. Comme ça il ne lui serait rien arrivé. Si vous saviez comme je m’en veux.

- Le Yéti tu débloques ou quoi ? s’étonne Ciccio. S’il y a bien un membre de l’équipage qui ne doit JAMAIS quitter son poste, c’est le Mécanicien. Sans lui, le Sous-Marin Jaune est bien trop vulnérable. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si c’est à lui qu’ils s’attaquent en premier.

 

Le côté obscur

- ILS ? Tu veux dire que ce sont EUX qui nous ont attaqués ? Les jambes du Yéti se mettent à flageoller, la réalité implacable venant de le frapper.
- Oui, tu m’as bien compris. Il n’y a qu’une explication possible pour une attaque pareille. C’est le Sous-Marin Rouge et Noir qui a tenté de nous couler.

 

Le Sous-Marin Jaune et Noir est l’ennemi juré du Sous-Marin Jaune. A son bord, trois matelots férus de rock, notamment des Rolling Stones, sillonnent les océans. Ils sont à la musique pop ce que Hadopi est au téléchargement de musique. Ils se sont jurés d’exterminer tout ce qu’il y a de doux et de trop mélodique pour être honnête, sur cette terre.

 

La pop, c'est pour les gonzesses


Le Yéti serre les dents, prêt à en découdre avec les 3 matelots ennemis.
- Ils vont me le payer ! Ca ne se passera pas comme ça ! Allons voir l’Artilleur, je suis sûr qu’il y a moyen de se défendre contre ces attaques déloyales.
- Tu as raison, on ne peut pas se laisser faire comme cela. Mais je m’étonne encore de la violence de cette attaque. On ne leur a rien fait ! tempère Fantasio.

 

Fantasio se souvient de l’époque où il avait fait connaissance avec Jack (fan des White Stripes), Iggy (grand défenseur des Stooges) et Mick (adorateur des Rolling Stones), alors que ces derniers n’avaient pas encore fait équipe à bord du Sous-Marin Rouge et Noir.

 

A l’époque, il s’était pris d’affection pour ces tronches attachantes et intéressantes. Avec sa personnalité extravertie, Mick était un peu son alter ego inversé. Fantasio était fasciné par cette « bipolarité » entre amis, et avait envisagé de proposer aux 3 matelots de rejoindre le Sous-Marin Jaune.

 

Fantasio n’eut jamais l’occasion d’évoquer le sujet avec Mick, Jack et Iggy, puisque ces derniers décidèrent, un beau jour, de monter leur propre équipage, aux couleurs du Sous-Marin Rouge et Noir. Pour marquer leur différence, ils décidèrent de « tagger » le Sous-Marin Jaune de l’inscription « LA POP, C’EST POUR LES GONZESSES ». Depuis ce jour, les matelots devenus ennemis n’ont cessé de pourrir la vie des Matelots jaunes et noirs.

 

Remontés comme des horloges, les 3 matelots se dirigent vers la salle des armes, à la rencontre de l’Artilleur.

 

Le Sous-Marin Rouge et Noir va-t’il poursuivre son acharnement ? Quelles sont les solutions de l’Artilleur ?

 

La suite la semaine prochaine…

 

 

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Fantasio

Les prescriptions du Médecin : Smile des Beach Boys

16 décembre 2011

 

Le Médecin #3

Le Médecin #3

En voyant le visage du Mécanicien ensanglanté, le Poilu a un bref mouvement de panique. Mais alors l’homme aux outils s’effondre dans ses bras, le Yéti rassemble ses esprits et met délicatement le Mécanicien en Position Latérale de Sécurité.
Tout étonné de voir ses réflexes revenir, le Velu se félicite d’avoir suivi pour une fois la formation de secourisme dispensée à bord du submersible.

 

Le Médecin s’accroupit à coté du Yéti.
« Bien joué le Velu. Reste à mes cotés, tu vas tenir la tête de notre ami. Il semble inconscient, je n’aime pas beaucoup cela. »
Le Yéti sent ses jambes flageoller et comme souvent dans ces moments riches en émotion, il cherche une petite musique pour lui donner du cœur à l’ouvrage et du courage. Or cette fois ci, le Poilu n’a pas à chercher très longtemps : il pense aussitôt aux magnifiques sessions de Smile, l’album maudit des Beach Boys, qui viennent enfin d’être compilées dans un superbe coffret et qui dévoilent enfin ce que Brian Wilson avait en tête en enregistrant les fantastiques chansons qui composent ce disque.

 

Le Yéti prie au son de Smile

Le Yéti prie au son de Smile


Rassuré, le Yéti ferme les yeux et se met à chantonner Our Prayer, la merveilleuse prière qui ouvre l’album.

 

Surpris, le Médecin regarde le Velu, se met à sourire, puis à fredonner la mélodie. Autour d’eux, c’est le chaos : les autres matelots courent partout pour dresser un bilan de l’attaque. Mais il était écrit que l’esprit de Brian veillerait sur le Sous-Marin Jaune. Le Mécanicien ouvre enfin les yeux, et pousse un gémissement.
« Merde, j’ai mal au crâne ! Qu’est ce qui se passe ? Ils sont devenus fous ? Et dîtes donc, les gars, au lieu de fredonner les Beach Boys, faites sonner les Black Keys !! Ça va galvaniser l’équipage ! Ca suffit les prières, on passe à la contre-offensive ! »
Et dans une scène digne d’un western hollywoodien des années 50, le Mécanicien se met debout, ajuste sa ceinture et regarde le Médecin : « I’M BACK, DOC’ !! ».

 

 

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Le Yéti

 

 

The Band, Tom Waits et Oasis en vue!

14 décembre 2011

Oasis comparé à The Band

La Vigie #68

« Quand les temps sont durs, les durs prennent le temps. »

 

C’est exactement ce que se dit la Vigie, un grand sourire aux lèvres, alors que l’agitation bat son plein dans le vaisseau jaune. La première raison de sa joie, c’est qu’il n’est pas peu fier d’avoir traduit le fameux idiomatique anglais en un équivalent français qui, non content de garder l’allitération, en retourne complètement le sens. « Ça leur fera les pieds, à ces connards de rosbeefs », pense-t-il en pouffant de rire.

 

La seconde raison de sa bonne humeur au milieu de la catastrophe que traverse le Sous-Marin actuellement, c’est qu’il est confortablement installé sur sa magnifique rocking chair. L’idée de s’essayer de nouveau à la traduction d’un mythe l’effleure, mais la perspective de lutter pour y arriver le met de mauvaise humeur. « Puisque je peux pas la traduire, je vais l’écouter ! », s’écrit-il.

 

La rocking chair selon Oasis, tout dans le bon goût

La rocking chair selon Oasis, tout dans le bon goût

Ni une, ni deux, il ouvre son ordinateur portable et affiche les trois morceaux de sa discothèque nommés Rockin’ Chair. Il se demande quelques secondes par lequel commencer, ferme les yeux et appuie au hasard. De nouveau, un large sourire lui barre le visage dès les premières notes :

 

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Tout revient en un souffle chaud et violent : la guéguerre avec Blur, le deuxième album forcément un peu décevant, mais toujours, toujours ces faces B incroyables, ces faces B qui explosaient tout. Et puis il portait tellement d’espoir, ce Rockin’ Chair d’Oasis. Il était censé ouvrir une nouvelle ère pour le groupe de Manchester, en retournant vers les racines, en tâchant de finir le boulot commencé par les Stone Roses, plutôt que d’aller se vautrer dans l’arena rock.
Ah, la Britpop…

 

La rocking chair rustique de The Band

La rocking chair rustique de The Band

Quand la nostalgie s’invite, rien que tel que de se laisser emporter par la voix de Robbie Robertson :

 

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S’il était resté debout pendant le morceau précédent, avec des envies de devenir le Bez du Sous Marin, la Vigie est à présent de retour dans sa chaise roulante (non, vraiment pas possible cette traduction). Il la fait bouger au rythme nonchalant de Le Groupe. Quelques guitares, un harmonica, une mandoline, et la nostalgie devient plus épaisse. Le refrain (Oh, to be home again…) prend forcément une couleur différente pour quelqu’un pour qui le mot maison se résume à une cabine dans un navire itinérant, et dont les possessions se limitent à des disques, un lit et une chaise qui rock (pas encore ça, mais on s’en rapproche).

 

Et lorsque la voix encore jeune de Tom résonne dans sa cabine, la Vigie a tout simplement l’impression que la nuit vient de tomber, qu’il est seul dans le Sous Marin, pour ne pas dire seul au monde, sur sa chaise à rock (pas mieux…) :

 

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Tout en confort moëlleux, la rocking chair de Tom Waits

Tout en confort moëlleux, la rocking chair de Tom Waits

La Vigie n’a jamais compris pourquoi personne ne parlait jamais des débuts de Tom Waits. Sa voix était belle, ses mélodies évidentes, sa musique d’une simplicité désarmante. Mais il y a longtemps qu’il a abandonné son combat, et qu’il chérit ses tous premiers albums sans plus se soucier de ses dernières productions.

 

Puis l’ultime morceau dédié à sa chaise préférée se termine, et la Vigie a les yeux fermés. Il n’entend plus rien de ce qui se passe à bord, l’agitation intense est comme étouffée par la barrière ouatée de sa nostalgie. Il s’endort comme un bienheureux, étranger aux dangers qui guettent l’équipage tout entier.

 

 

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Ciccio

Riposte et explosions dans le ciel de Liverpool

12 décembre 2011
Périscope #82

Périscope #82

 

Résumé de l’épisode précédent : en plein pèlerinage à Liverpool, les matelots sont rappelés par le Commandant. Ils abandonnent leur visite touristique pour rejoindre le Sous-Marin Jaune.

 

Les 3 matelots enragent : aussi sincère et violente soit l’alerte de la Vigie (Ciccio n’a aucun doute sur son authenticité), ils sont tous furieux de devoir abandonner leur programme. C’était l’occasion de marcher sur les pas de groupes mythiques qui ne se représentera pas avant de nombreux mois, selon l’humeur du Commandant. Le Radariste, qui regrette déjà d’avoir quitté son poste, écoute le récit de la Vigie :

- C’est terrible, il n’y pas de mot pour décrire ce qui se passe là-bas. Le sous-marin jaune est attaqué de tous les côtés, c’est d’une violence inouïe, je n’y comprends rien. Le Commandant a décidé de lever l’ancre, j’ai du lui rappeler que nous ne sommes pas au complet. Il m’a donné 15 minutes pour vous faire remonter à bord, pas une minute de plus.

 

Apocalypse

Après une course effrénée dans les rues de Liverpool, le petit groupe arrive enfin à proximité du Sous-Marin. La scène est apocalyptique : le navire du Commandant est pris en sandwich par deux vaisseaux armés.

Effrayés par cette vision d’horreur, les 3 matelots ont des réactions diverses : le Yéti a les jambes qui flageolent et agrippe très fort le  bras de Fantasio.

 

Maaaaaammmmmaaaaaaaan ! hurle le Yéti après une déflagration particulièrement sonore.

Fantasio, quant à lui, fait tout son possible pour résister à l’envie de crier du fait de la pression de la main du Yéti.  Il devine les raisons probables de cet acte de piraterie ultra-violent : les représailles suite à l’explosion de la barrière sous-marine. Liverpool regorge à n’en pas douter d’admirateurs des Christians et de FGTH. Difficile d’imaginer que la vengeance aurait lieu de façon aussi massive et aussi immédiate.

 

We have a problem

La scène est surréaliste et sombre, un peu comme une pochette d’un album d’Explosions in The Sky. Les matelots se frayent un chemin, avançant comme au ralenti, abruti par le vacarme monstrueux des détonations. En approchant du Sous-Marin, ils constatent que le bruit de la sirène du Submersible s’est ajouté au chaos ambiant.

 

Le petit groupe se hâte à l’intérieur du Sous-Marin jaune, laissant le Yéti quelques mètres plus loin.
- Donne-moi ta main ! hurle Fantasio alors que le Yéti ferme la marche, dans le fracas des explosions.
Accompagnés par un dernier bruit encore plus sonore, les matelots sont tous montés à bord et le sas de décompression se referme derrière eux.

 

- Putain les gars c’était quoi ce truc ? On se croirait dans Apocalypse Now !
L’exclamation de Ciccio est bien représentative du traumatisme ressenti par le petit groupe. Tous sont sous le choc.

 

Peur sur le Sous-marin

Pris dans la panique, les matelots rivalisent de théories extravagantes pour expliquer les derniers évènements.
- Ils vont faire couler le Sous-Marin Jaune ! exagère le Yéti.
- Liverpool sera notre tombeau, gronde Fantasio.
- Ils n’auront pas la peau du Sous-Marin Jaune, tonne Ciccio, revanchard.

 

D’une voix tout aussi calme et assurée que d’ordinaire, le Plongeur coupe la discussion pour ramener les matelots à la réalité :
- Les Mecs, je crois que l’heure est grave, très grave.
La voix grave du Plongeur faisant l’effet d’un aimant, les matelots se retournent pour apercevoir le visage ensanglanté du Mécanicien, qui titube en direction du Yéti.
Le Poilu pousse un cri strident, alors que le Mécanicien s’effondre dans ses bras.

 

Le sous-marin jaune est-il gravement endommagé ? Quel est l’état de santé du Mécanicien ?

 

La suite la semaine prochaine…

 

 

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Fantasio

Je n’aime pas… le nouvel album de M83

9 décembre 2011

 

L'artilleur

L'Artilleur #3


Alors que le Commandant sonne le tocsin pour rameuter ses troupes à bord du Sous-Marin Jaune, l’Artilleur, qui est resté sur le submersible, fidèle au poste, s’interroge.

 

« Tiens v’là le gradé qui proclame l’état d’urgence… Il doit se passer quelques choses de grave. Quoi qu’avec lui, je me méfie. Si ça se trouve, c’est juste parce qu’il n’y a plus de Benco à la cuisine et que Monsieur le Commandant n’en aura pas demain matin pour son petit déjeuner…
Pfff… S’ il croit que je vais me lever pour aller voir ce qui se passe, il rêve le Maréchal.. Tiens, je vais plutôt me mettre le nouveau disque de M83, Hurry Up, We’re Dreaming ! Si le petit Anthony Gonzalez est resté fidèle aux matrices de ses premiers albums, le déluge sonique qui m’attend va me faire du bien ! »

 

L’Artilleur ouvre le CD et, surprise, constate qu’ Hurry Up we’re Dreaming est un double album. Il prend donc le premier Cd, le pose sur sa chaine hi-fi et s’installe confortablement sur le lit de sa cabine. Sur le bien nommé Intro, la chanteuse de Zola Jesus se met à susurrer d’étranges incantations. L’Artilleur commence à sourire, puis Anthony se met à chanter et le titre vire en eau de boudin, ça sent la musique pour les stades de foot. L’Artilleur est blême. Midnight City déroule ensuite des beats assez lourds, ca bastonne sévère, le refrain est impeccable, mais gros comme un pudding allemand. L’Artilleur se remet à penser à Saturday = Youth, l’album précédent de M83: un album sur le fil, où on sentait qu’Anthony pouvait basculer dans le mauvais goût à tout moment, mais un album qui finalement tenait le cap et se révélait être tout simplement magnifique.

 

Le gros son de M83

Le gros son de M83

Sur Hurry Up, We’re Dreaming, malheureusement, M83 tombe tout de suite dans le mauvais goût avec l’horrible saxo piqué à Wham sur Midnight City. La suite n’est plus qu’un long chemin de croix pour l’Artilleur : M83 a définitivement abandonné les strates de guitares de l’incroyable Dead Cities, Red Seas & Lost Ghosts, pour jouer de la variété tatapoum moderne. Il n’y a plus la moindre trace d’émotions, on retrouve des OhOhOh à la Coldplay, une voix emphatique comme chez Muse et des claviers en plomb.

 

A certains moment, l’Artilleur entend des choses qu’il aime (Raconte Moi une Histoire, Year One, One UFO, ), mais c’est assez rare. Et en entendant le grandiloquent My Tears Are Becoming a Sea ouvrir le deuxième CD, le fondu de la dynamite éructe : « Merde, Anthony, tu as vendu ton âme aux années 80 ?! C’est quoi cette soupe ? Super, tu vas devenir une star aux States, mais ce sera sans moi ! » Et ni une, ni deux, l’Artilleur prend le Cd et le balance par son hublot dans la mer.

 

« Génial, je suis en rogne. Bon, je vais voir ce que fomente l’autre débile d’adjudant là haut. Ça va chier ! »

 

 

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Le Yéti