The Stone Roses et Chelsea en vue !

2 février 2012

Chelsea comparé aux Stone Roses

La Vigie #72

Dès qu’il entend la nouvelle, Ciccio part se réfugier chez la Vigie.

 

Certes, il fait d’abord un crochet par les toilettes, convaincu que la simple évocation du nom de Michel Berger va le faire vomir. Mais finalement personne n’a dit le nom, et Ciccio n’a pas vomi. Il a pourtant l’air bien pâle quand il débarque chez son ami, qui l’accueille comme d’habitude avec un sourire malicieux.

 

- Alors, on n’aime pas la chanson française ?, raille ce dernier.
- C’est complètement faux ! répond Ciccio en criant, exaspéré que tout le monde lui ressasse toujours cette contre vérité. J’adore la chanson française. Dois-je te rappeler que je possède l’intégrale de Brel et de Brassens ? Que j’ai toujours été fan de Dominique A ? T’as oublié ou quoi ?

 

Puis Ciccio reprend son calme, et continue, les dents serrées :
- Ce que je ne supporte pas, ce qui me fait vomir, ce que j’exècre par dessus tout, c’est cette saloperie de variétoche de merde. Les Berger, les Balavoine, les Delpech, les Sardou, avec leurs synthés qui puent les années 80, leurs paroles bidons, leur style dégueulasse… Rien qu’en disant leurs noms, j’ai des envies de meurtre… Quand je pense qu’on va encore se les coltiner tout ça pour faire ami-ami avec l’autre sous-marin moisi… Ca me déglingue, bordel ! D’autant qu’il n’y a qu’en France qu’on a une variété comme ça, non ? Alors bien sûr, t’as l’Italie qu’est affreuse, et je parle même pas de l’Espagne. Quelle chance ils ont, les Anglais, de ne pas avoir vécu tout ça…

 

Deux des plus grands criminels musicaux selon Ciccio

Deux des plus grands criminels musicaux selon Ciccio

Dès le début de la diatribe, la Vigie commence à rire. Son rire ne fait que s’amplifier au fur et à mesure que la colère de Ciccio grandit et la Vigie finit accroupie, se tenant les côtes et essayant de s’accrocher à son fauteuil pour ne pas tomber. Ciccio, vexé, s’arrête net, et il faut plusieurs minutes à la Vigie pour reprendre ses esprits et envisager pouvoir prononcer la moindre phrase. Quand tout est redevenu calme, il ouvre enfin la bouche :

 

- Tu es conscient, évidemment, que nous autres, Français, nous contentons d’imiter ce qui vient d’outre Manche, ou d’outre Atlantique ?
Ciccio ne répond rien, car il sait déjà que le raisonnement va être implacable.
- Et tous ces groupes, que tu aimes, ils font la même chose, et tu trouves ça génial, non ?
Ciccio fait une moue qui signifie oui, tout en montrant à la Vigie qu’il n’est pas du tout d’accord.

 

Voyant cela, la Vigie passe à l’acte. Il sort immédiatement un disque (le simple fait que quel que soit le disque qu’il cherche, il le trouve en moins de 4 secondes, est un émerveillement infini pour Ciccio et, convenons-en, peut-être la raison principale, sinon la seule, pour laquelle il revient sans cesse dans cette cabine, comme un petit enfant qui viendrait voir un magicien tous les jours en lui demandant de faire sortir un lapin de son chapeau et rien d’autre) et le place dans son lecteur. Il s’agit d’un excellent morceau du non moins excellent premier album des excellentissimes Stone Roses :

 

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- Je sais que tu connais par coeur ce morceau, continue la Vigie, et notamment le solo de John Squire, pile au début de la deuxième minute. Et tu te rappelles de Chelsea, le groupe d’Emmanuel Tellier, que tu écoutais au milieu des années 90 ? Ecoute le refrain de ce morceau, et tu comprendras ce que je veux dire.

 

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Alors que Ciccio fredonne, non sans déplaisir, « Je ne connais personne comme nouuuuuuus », la Vigie enfonce le clou :
- Et bien dis toi que la variété française a forcément son origine outre manche, et que nos amis britanniques ont forcément souffert eux aussi. Je ne sais pas si ça peut te rassurer, mais bon…

 

Mais Ciccio ne l’écoute déjà plus. Il s’en moque. Et au moment où Tellier entonne le pont de la fin, Ciccio reprend à pleins poumons « La la la lala, rejoins-moiiiiiiii ».

 

 

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Ciccio

Ani DiFranco et The Bluetones en vue!

25 janvier 2012

The Bluetones comparés à Ani DiFranco

La Vigie #71

Il est extrêmement rare que Ciccio n’arrive pas à se lever de son lit.

 

Dans ce cas-là, les deux autres matelots sont un peu décontenancés, et ils font généralement appel à la Vigie. Alors que l’on entend « how does it feeeeeeeaaaaaaaaaallllll » résonner de l’autre côté de la porte de la cabine de Ciccio, la Vigie arrive d’un pas calme, l’air assuré de celui qui sait qu’il va surprendre son auditoire et sauver la situation. La Vigie, c’est un peu la force tranquille du Sous-Marin, celui qui unit tout le monde, sans que l’on sache vraiment si c’est pour le bien de la communauté.

 

Sans même se donner la peine de frapper à la porte de la cabine, il entre en faisant signe aux autres de le laisser seul. Il s’assied en face du lit de Ciccio, les mains sur les genoux, l’observe longuement, attendant d’avoir son attention. Ciccio ouvre enfin les yeux, le fusille du regard, et s’apprête à les refermer, mais déjà la Vigie est en train de fourrager dans son sac de DJ vintage. Il n’y a personne qui soit plus curieux que Ciccio. Il a beau en être conscient et essayer de maîtriser cette facette de lui qu’il n’apprécie que modérément, il n’y a rien à faire : si on lui fait miroiter un peu de mystère, il est incapable de s’en désintéresser.

 

Voyant cela, car c’était bien évidemment la réaction qu’il avait prévue, la Vigie laisse trainer sa main dans le sac. Ciccio s’est redressé pour profiter au mieux de ce qui allait sortir. La Vigie le regarde et se met enfin à parler.
- J’ai un truc pour toi. Tu vas adorer. Ca va te requinquer. Tu veux voir ?
- C’est quoi ?! C’est quoi ?! Allez, montre moi, allllleeeeezzzzzzz !!!!!

 

La Vigie sort enfin la main de sa sacoche, et en sort un album vinyle qui met littéralement en transe Ciccio :

 

Regardez attentivement cette image et dîtes moi à quoi elle vous fait penser

Regardez attentivement cette image et dîtes moi à quoi elle vous fait penser

 

Ciccio saut de joie sur son lit, les lattes souffrent sous ses assauts. Il prend le disque dans ses bras, le serre contre son ventre en criant les paroles de Slight Return, l’une des pépites sur cet album Britpopien jusqu’au bout du carton. Puis il s’arrête pour le mettre en face de ses yeux et le regarder avec plus d’attention. Son sourire se fige. Il se tourne vers la Vigie, qui a explosé de rire depuis longtemps, et lui demande :
- Attends, c’est quoi ce pastis ?! C’est pas le disque des Bluetones ça ! ARNAQUE !
- Effectivement, réponds la Vigie quand il a enfin repris son souffle, c’est le dernier Ani DiFranco. Mais bon, ne t’inquiète pas, je t’ai amené l’album des Bluetones, en CD, pour qu’on puisse se l’écouter ensemble.

 

La Vigie sort le disque et le met dans la chaîne de Ciccio :

 

Regardez attentivement cette image, totalement différente, et dîtes moi à quoi elle vous fait penser

Regardez attentivement cette image, totalement différente, et dîtes moi à quoi elle vous fait penser

 

Après avoir mimé avec ses bras les ailes d’un avion imaginaire, fait des grands moulinets sur une guitare (imaginaire), Ciccio attrape un micro, lui aussi imaginaire, et se met à sussurer, en montrant la Vigie du doigt :
I don’t have to be feeling down to speak of you

 

 

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Ciccio

Jack White et Andy Serkis en vue !

5 janvier 2012

Andy Serkis comparé à Jack White

La Vigie #70

« C’est tout simplement le meilleur titre que Jack White n’a jamais écrit. Et puis c’est tout. »

 

En quelques mots, deux phrases, la Vigie a résumé le fond de la pensée de Ciccio, tout en traduisant parfaitement la frustration qui s’est emparé du matelot lorsque le Commandant a choisi Lonely Boy au détriment de Little Black Submarines, le titre préféré de Ciccio sur El Camino, le dernier et fabuleux album des Black Keys. A présent, les deux amis se regardent sans dire un mot, et même sans écouter la moindre musique, ce qui est rarissime.

 

C’est finalement la Vigie qui brise le silence, pour divertir Ciccio qui a le regard vague de celui qui a conscience d’avoir échappé à quelque chose de dangereux, sans pour autant se sentir satisfait du résultat : « D’ailleurs, en parlant de Jack, tu trouves pas qu’il aurait fait un bon hobbit ? ».

 

Ciccio répond par une espèce de moue, puis l’idée fait le tour de son cerveau, et il esquisse un sourire avant même que la Vigie, qui était affairé à son ordinateur, n’en retourne l’écran pour lui montrer une photo de Jack White :

 

Un mélange de Hobbit et d'Elfe...

Un mélange de Hobbit et d'Elfe...

 

Ciccio rit de bon coeur :
- C’est vrai qu’il y a un truc, c’est indéniable !
- Attends, t’as rien vu, répond la Vigie. Ton Jack White, tu lui mets quelques cernes, des cheveux un peu gras et hop, le voilà ton hobbit !

 

Un mélange de Hobbit et de truc qui fait peur...

Un mélange de Hobbit et de truc qui fait peur...

 

Cette fois, Ciccio explose littéralement de rire :
- N’importe quoi, lâche-t-il quand il arrive enfin à reprendre sa respiration.
- J’avoue que c’est un peu tiré par les cheveux, mais le principal c’est que je t’ai fait rire. Allez, on va finir en chanson, je parie que ça va te plaire.

 

Effectivement, Ciccio comprend dès les premières millisecondes de quoi il s’agit, et il s’affale complètement sur le fauteuil de la Vigie.

 

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Comme le fait souvent la Vigie, il ferme ses yeux pour mieux écouter, tout en marmonnant dans sa barbe les premières phrases de la chanson.
Little Black Submarines, operator pleeeaaaase…

 

 

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Ciccio

The Rifles et Band Of Horses en vue !

28 décembre 2011

Oasis comparé à The Band

La Vigie #69

« Allez, viens, on va leur en mettre plein la gueule ! »

 

C’est sur ces mots que Ciccio, surexcité, déboule dans la cabine de la Vigie. Il gesticule dans tous les sens, crie très fort et imite des bruits d’armes diverses : les PAN du pistolet, les PFRRRRR du canon, les BOUM de la bombe… Il ne remarque pas que la Vigie se met à rire de plus en plus fort, jusqu’à exploser et couvrir les cris mêmes du matelot.

 

Finalement, Ciccio, ne s’entendant plus crier, s’arrête de parler soudainement, attendant que la Vigie arrête de rire. Finalement, lorsque le silence est complet, la Vigie entame la série de gestes que Ciccio attendait depuis sa première seconde de présence dans cette cabine, car finalement tout ceci n’était qu’un prétexte pour aller retrouver son petit havre de paix favori. Ciccio serait bien incapable de bombarder le moindre sous-marin, alors qu’il est incapable d’esquinter un album moisi.

 

Attention : chevaux méchants !

Attention : chevaux méchants !

« On pourrait leur balancer des fusils sur la tronche, non ? » dit La Vigie en enchaînant les gestes tant attendus par le matelot : mouvement vers sa pile de disques, quelques secondes d’hésitation lisibles sur le front plissé, sourire de soulagement accompagnant le bras qui se tend avec assurance jusqu’au CD localisé, mouvement vers la chaîne, mise en place du disque, pression sur le bouton Lecture.

 

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Ciccio se laisse immédiatement emporter par ce rythme familier du groupe londonien, dont il apprécie beaucoup les deux premiers albums. Il commence à remuer la tête en rythme, prenant quasiment une posture guerrière.
Quand la chanson se termine, la Vigie ne lui laisse pas le temps de parler et, tout en reproduisant les mêmes gestes, ajoute : « Ou alors on leur envoie des chevaux furieux, tu vas voir, ça revient un peu au même ! »

 

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Ni une ni deux, Ciccio reprend son hochement de tête agressif, sans même s’apercevoir du message qu’a tenté de lui faire passer son ami. Celui-ci ne lui en tient pas rigueur, et quand la chanson se termine, il l’encourage dans un dernier cri :
« Allez ! Vous allez en faire une bouchée de ces petits cons ! ».

 

 

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Ciccio

The Band, Tom Waits et Oasis en vue!

14 décembre 2011

Oasis comparé à The Band

La Vigie #68

« Quand les temps sont durs, les durs prennent le temps. »

 

C’est exactement ce que se dit la Vigie, un grand sourire aux lèvres, alors que l’agitation bat son plein dans le vaisseau jaune. La première raison de sa joie, c’est qu’il n’est pas peu fier d’avoir traduit le fameux idiomatique anglais en un équivalent français qui, non content de garder l’allitération, en retourne complètement le sens. « Ça leur fera les pieds, à ces connards de rosbeefs », pense-t-il en pouffant de rire.

 

La seconde raison de sa bonne humeur au milieu de la catastrophe que traverse le Sous-Marin actuellement, c’est qu’il est confortablement installé sur sa magnifique rocking chair. L’idée de s’essayer de nouveau à la traduction d’un mythe l’effleure, mais la perspective de lutter pour y arriver le met de mauvaise humeur. « Puisque je peux pas la traduire, je vais l’écouter ! », s’écrit-il.

 

La rocking chair selon Oasis, tout dans le bon goût

La rocking chair selon Oasis, tout dans le bon goût

Ni une, ni deux, il ouvre son ordinateur portable et affiche les trois morceaux de sa discothèque nommés Rockin’ Chair. Il se demande quelques secondes par lequel commencer, ferme les yeux et appuie au hasard. De nouveau, un large sourire lui barre le visage dès les premières notes :

 

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Tout revient en un souffle chaud et violent : la guéguerre avec Blur, le deuxième album forcément un peu décevant, mais toujours, toujours ces faces B incroyables, ces faces B qui explosaient tout. Et puis il portait tellement d’espoir, ce Rockin’ Chair d’Oasis. Il était censé ouvrir une nouvelle ère pour le groupe de Manchester, en retournant vers les racines, en tâchant de finir le boulot commencé par les Stone Roses, plutôt que d’aller se vautrer dans l’arena rock.
Ah, la Britpop…

 

La rocking chair rustique de The Band

La rocking chair rustique de The Band

Quand la nostalgie s’invite, rien que tel que de se laisser emporter par la voix de Robbie Robertson :

 

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S’il était resté debout pendant le morceau précédent, avec des envies de devenir le Bez du Sous Marin, la Vigie est à présent de retour dans sa chaise roulante (non, vraiment pas possible cette traduction). Il la fait bouger au rythme nonchalant de Le Groupe. Quelques guitares, un harmonica, une mandoline, et la nostalgie devient plus épaisse. Le refrain (Oh, to be home again…) prend forcément une couleur différente pour quelqu’un pour qui le mot maison se résume à une cabine dans un navire itinérant, et dont les possessions se limitent à des disques, un lit et une chaise qui rock (pas encore ça, mais on s’en rapproche).

 

Et lorsque la voix encore jeune de Tom résonne dans sa cabine, la Vigie a tout simplement l’impression que la nuit vient de tomber, qu’il est seul dans le Sous Marin, pour ne pas dire seul au monde, sur sa chaise à rock (pas mieux…) :

 

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Tout en confort moëlleux, la rocking chair de Tom Waits

Tout en confort moëlleux, la rocking chair de Tom Waits

La Vigie n’a jamais compris pourquoi personne ne parlait jamais des débuts de Tom Waits. Sa voix était belle, ses mélodies évidentes, sa musique d’une simplicité désarmante. Mais il y a longtemps qu’il a abandonné son combat, et qu’il chérit ses tous premiers albums sans plus se soucier de ses dernières productions.

 

Puis l’ultime morceau dédié à sa chaise préférée se termine, et la Vigie a les yeux fermés. Il n’entend plus rien de ce qui se passe à bord, l’agitation intense est comme étouffée par la barrière ouatée de sa nostalgie. Il s’endort comme un bienheureux, étranger aux dangers qui guettent l’équipage tout entier.

 

 

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Ciccio