
La Combinaison #21
Cela ne vous a pas échappé, vendredi dernier, le 11 juin, il s’est passé un événement planétaire dont on ne mesure pas encore totalement la portée, notamment en France, puisque ce pays était en première ligne de cet événement, mais qui restera dans les annales pendant encore quelques années :
Supergrass a donné son concert d’adieu à La Cigale.
Alors, certes, cet événement était concomittent avec un autre, bien moindre, mais apparemment assez suivi dans notre pays : l’entrée de l’équipe de France dans la Coupe-Du-Monde-de-la-FIFA-marque-protégée-si-vous oubliez-un-des-mots-de-la-marque-vous-allez-en-taule-ou-pire-encore-vous-êtes-obligé-de-passer-une-soirée-avec-Sepp-Blatter.
Même moi, taré de foot devant l’éternel, j’ai préféré aller rendre hommage à ce groupe qui m’a enthousiasmé pendant quinze ans sans la moindre faute de goût, et avec pratiquement pas de baisse de régime (bon, à la sortie du concert, j’ai mis mon casque, enfourché mon vélo, et ai pédalé comme un inconscient dans Paris pour rejoindre ma télé et mon enregistrement, que j’ai pu regardé sans aucune indication de score de la part des gens dans la rue ou de mes proches).

Une superbe photo prise vendredi soir par Rod, de le-hiboo.com, que je ne connais pas mais que je remercie au passage
Et oui,
Supergrass aura duré quinze ans, même si depuis la sortie de
Diamond Hoo Ha, leur dernier album, en 2008, il n’est pas passé grand chose. Pendant ce concert d’adieu, ils se sont amusés à découper le show en six parties distinctes.
Chaque partie était dédié à un album, en remontant le temps, et ils ont joué quatre morceaux de chaque album (avec une exception pour
The Road To Rouen, pour lequel ils n’en ont joué que trois, dont le très long – et très bon –
Tales Of Endurance (Parts 4, 5 & 6). L’ambiance montait d’un cran que fur et à mesure que nous revenions en arrière : la foule connaissant de mieux en mieux (et chantait de plus en plus) les paroles, et il y a fort à parier que les souvenirs véhiculés par les morceaux procuraient de nombreuses émotions au public, comme elles l’ont fait pour moi.
Inutile de préciser que juste avant et juste après le concert, j’ai fait tourner l’intégralité des six albums dans mon iPod, et pas seulement pour me préserver du résultat du match de foot (les albums tournent encore aujourd’hui, et demain ça devrait être la même chose).
Dans ce contexte difficile de choisir un morceau à vous faire écouter. Comme souvent dans ces cas-là, il faut appliquer une règle arbitraire, et c’est pourquoi j’ai choisi de vous faire écouter le tout premier morceau que j’ai entendu d’eux, en 1995, il y a quinze ans :
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Et je n’ai même pas peur de dire que le concert était bien mieux que le match (ceux qui n’ont vu que le match n’en douteront d’ailleurs pas…).
Si vous passez le week-end à vous lamenter parce que vous avez raté, n’ayons pas peur des mots, le concert de la décennie, provoquant l’incompréhension, voire la méfiance, chez vos amis fans de foot, qui eux sont surenthousiastes parce que la France n’a pas perdu contre une fantômatique équipe honteusement surnommée La Céleste, et que du coup vous sombrez dans la dépression, passant le reste de la compétition (je ne redis pas le nom exact parce que c’est bien trop long, encore plus long que cette parenthèse) à écouter Supergrass plutôt qu’à regarder les matchs, c’est que vous l’avez bien cherché.
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Ciccio