Sauver Ciccio sans attendre le retour des Shins

13 mars 2012
Périscope #95

Périscope #95

 

Résumé de l’épisode précédent : Maltraité et secoué par Gérard, Daniel et Claude, Ciccio n’en finit plus d’attendre l’arrivée des matelots.

 

Le Yéti écoute les paroles du Radariste. Très vite, son visage se métamorphose et la panique vient envahir ses traits. Et s’il était arrivé quelque chose à Ciccio ? Jamais il ne se le pardonnerait. Sans attendre une seconde de plus, il se précipite dans la cabine de Fantasio. D’une voix qui se veut calme et dénuée de nervosité, il interpelle le matelot.
- Fantasio, il faut faire quelque chose pour Ciccio.
Pas de réponse. Fantasio murmure des paroles quasi inaudibles.
Born on a desert floor you’ve the deepest thirst
- Oh putain c’est pas vrai, jure le Yéti lorsqu’il comprend ce qui se passe.

 

Messie ou pas Mercer

Messie ou pas ?

Fantasio est assis sur sa couchette, le regard dans le vide. Quand il entend son ami velu, il ne bouge pas d’un centimètre. Il penche la tête très lentement, marmonnant la fin de Red Rabbits. Le Yéti l’observe et s’aperçoit qu’il a des écouteurs dans les oreilles. Il s’approche de son ami et son inquiétude ne fait que croître.

 

5 ans. 5 ans depuis le dernier album des Shins. 5 ans d’attente, qui, se dit le Yéti, ont été de trop. Depuis l’album Wincing The Night Away, Fantasio attend une suite comme le messie. Parfois, il lui arrive de ne plus écouter les Shins, mais jamais il n’oublie leurs albums, et il finit toujours par en venir au même point : quand est-ce que James Mercer reviendra avec de nouvelles chansons ?

 

Le Yéti a de la compassion pour Fantasio et son coté midinette neurasthénique. Il a d’ailleurs connu des moments d’égarement similaires, entre le second et le troisième album de Portishead, Third. Mais il faut dire que dans le cas de Beth Gibbons, l’attente a VRAIMENT été longue, à tel point que le Yéti avait perdu espoir : plus de 10 ans ont séparé les albums, soit une éternité.

 

Portishead trop attendu

Attendu trop longtemps

Mais la situation est grave et la patience du matelot hirsute a des limites. Perdre pied avec la réalité et oublier ses amis matelots pour un tout petit album des Shins, c’est un peu gros. Le Yéti prend son élan et se précipite tête baissée. Il vient percuter Fantasio en plein buffet.
Fantasio pousse un cri de douleur et perd connaissance instantanément, assommé par la puissance de buffle de son ami matelot.

 

Le Yéti soulève Fantasio, le porte sur son dos, et sort de la cabine. A grandes enjambées, il se dirige vers la sortie du Sous-Marin, et deux minutes plus tard les voilà sur la terre ferme.
- Ciccio nous voilà ! hurle le Yéti en frappant sa poitrine.
Les hurlements du Yéti réveillent Fantasio. Mais les matelots sont déjà en route vers la crêperie : le Yéti semble voler vers son ami Ciccio, tandis que Fantasio, la tête en bas, est balloté par le rythme imposé par le matelot velu.

 

Les matelots arriveront-ils à temps pour sauver Ciccio ?
La suite au prochain épisode…

 

 

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Fantasio

Se prendre une claque en écoutant Serge Lama

5 mars 2012
Périscope #94

Périscope #94

 

Résumé de l’épisode précédent : Les matelots du Sous-Marin Bleu-blanc-rouge ont poussé Ciccio dans une authentique crêperie. Que vont faire Fantasio et le Yéti ?

 

Les secondes passent et Ciccio ne fait pas un geste. Que faire ? S’exécuter et appeler les autres matelots comme on vient de lui demander ? Tenter un subterfuge ou une diversion pour se débarrasser des 3 crétins en chef ? Ciccio réfléchit mais son horizon stratégique reste désespérément vide. Il n’en faut pas tellement plus à Claude pour s’impatienter. Le blondinet s’assoie en face de Ciccio et lui lance un regard noir.
- Tu ne veux pas appeler tes petits copains ?
- Non.
- Et pourquoi tu ne veux pas appeler tes amis ? Si ça continue ils vont se faire du souci pour toi.

 

Inquiétant Claude

La tête du matelot barbu doit traduire un peu d’inquiétude : Daniel et Gérard éclatent de rire en regardant le visage de Ciccio. Mais si Ciccio a peur, ce n’est pas tellement à cause de la situation ou à cause de ce qui pourrait arriver à Fantasio et au Yéti s’ils se rendaient à la crêperie. Non, c’est Claude, sa voix, et son regard qui lui glacent le sang. C’est donc fort logiquement que Ciccio décroche le téléphone pour contacter le Sous-Marin Jaune.

 

Au bout de 3 sonneries, le Radariste décroche.
- Allo Sous-Marin Jaune j’écoute ?
- C’est Ciccio.
- Ciccio ! Qu’est-ce qui t’arrive, ça fait une heure que tout le monde te cherche ici.
- Je suis au resto avec Daniel, Gérard et Claude.
- Ah bon ? Tout seul ?
- Oui tout seul. Tu peux dire à Fantasio et au Yéti de me rejoindre à la crêperie.
- La crêperie ? Quelle crêperie ?
Dans un dernier souffle Ciccio murmure « La crêperie de Cornouaille » avant de raccrocher au nez du Radariste.

 

Du vieux avec du neuf

Les 3 matelots se frottent les mains tandis que Ciccio lève les yeux au ciel. Claude quitte la salle pour se rendre en cuisine, laissant Ciccio avec les 2 autres matelots.
Daniel se met à interroger Ciccio sur le ton de la conversation, comme si de rien n’était.
- Alors t’écoutes quoi en ce moment comme musique ?
- Heu…
- Ben vas-y, t’as peur que je ne connaisse pas ? Ou alors Môssieur est trop snob pour discuter avec moi ?
Ciccio se demande s’il doit évoquer le dernier Plants & Animals, mais il se ravise.
- Wilco, j’aime bien le dernier Wilco, bafouille Ciccio, uniquement parce qu’il a en tête l’affiche du concert parisien au Grand Rex, aperçu dans le Salon du Sous-Marin Jaune, et parce qu’il se dit que c’est un peu un groupe pour les vieux, comme Metronomy.
- Connais pas.
- Jeff Tweedy ?
- Connais pas.
- Bob Dylan ?
- Connais pas.

 

Les ptites femmes de Gérard

Ciccio soupire. Il comprend très vite qu’il vient de faire une erreur qui pourrait lui couter cher.
- Ça t’emmerde que je connaisse pas tes groupes bizarres ? J’ai pas le droit de préférer écouter de la musique française. J’aime la France moi ! Tu pourrais au moins faire l’effort de te mettre au folklore local.
Ciccio soupire de nouveau, refusant la discussion, atterré par les propos de Daniel.
Pendant ce temps, Gérard prépare la grande table du restaurant, en fredonnant une chanson de Serge Lama :
- Je m’en vais voir les p’tites femmes de Pigalle, tous les marins m’appellent l’amiral
Une nouvelle fois Ciccio soupire, cette fois en levant les yeux au ciel. Il n’en fallait pas moins à Gérard qui lui administre une gifle mémorable, faisant tomber Ciccio de sa chaise.

 

Les matelots vont-ils rejoindre Ciccio ?
Que prépare Claude pour ses convives ?
La suite au prochain épisode…

 

 

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Fantasio

Rendez-vous dans une crêperie avec Herman Düne

28 février 2012
Périscope #93

Périscope #93

 

Résumé de l’épisode précédent : Ciccio déambule dans les rues de Brest et improvise un baby foot avec Miossec.

 

Un cauchemar. Un pur cauchemar. Tel est le sentiment de Ciccio lorsqu’il aperçoit les silhouettes des membres du Sous-Marin Bleu-Blanc-Rouge, Claude, Gérard et Daniel. Malgré toutes ses précautions, malgré sa fuite immédiate dans les rues de Brest, malgré la rencontre avec Miossec, le pire est arrivé.

 

French Lecture à Brest

Ciccio ne sait pas trop s’il s’agit de la panique causée par la rencontre ou le niveau d’adrénaline, mais il ne comprend rien de ce que lui disent les 3 matelots. Absolument pas un mot. Il faut dire que les 3 franchouilles parlent en même temps, avec un accent à couper au couteau. Ciccio « laisse pisser » et observe longuement l’accoutrement des 3 ennemis. Il commence par Gérard : une marinière bleue foncée trop large, un pantalon en velours et un béret noir. Sa grande taille lui donne des allures de John Cleese dans un sketch des Monty Python.

 

Marinière rouge et tête à claques

Tandis que Gérard hausse la voix et pose une main sur l’épaule de Ciccio, il observe Daniel. Plus petit que quelques centimètres, le matelot est aussi moins filiforme. Sa tignasse peu entretenue et son air renfrogné lui donnent des airs de Daniel Balavoine. Alors que Gérard semble indiquer un bâtiment du port (« la plus ancienne crêperie de Brest ») à Ciccio, le matelot barbu examine Claude.

 

Claude est le plus petit des matelots, le plus souriant, et aussi, se dit Ciccio, le plus inquiétant. A la différence de Gérard et Daniel, il porte un pantalon patte d’eph qui détonne avec sa marinière étriquée. Ciccio repense à l’affiche du film Cloclo et sent le mauvais goût revenir dans sa bouche.
- Messieurs, je dois vous laisser, je suis attendu…
Daniel, Claude et Gérard éclatent de rire.

 

Edition limitée

Impossible de savoir si les 3 matelots ont entendu les paroles de Ciccio. Ils semblent en tout cas ne pas s’en soucier et emportent le matelot barbu, le soulevant littéralement du sol (Daniel et Gérard le portant sans effort). Ciccio, finalement saoulé par les paroles de ses tortionnaires, ne se débat pas et comprend ce qui l’attend : la crêperie, l’inévitable crêperie. A cet instant, il regrette de ne pas avoir opté pour une autre stratégie que la fuite. Bien mal lui en a pris.
- Ciccio, j’adore ton look ! s’exclame Gérard, en montrant du doigt la marinière Petit Bateau Edition limitée Herman Düne portée par Ciccio.

 

Ciccio se prend la tête dans la main en comprenant sa deuxième erreur.
Les 4 matelots pénètrent dans la crêperie. Pas un bruit, pas un client.
- Pas très animé votre endroit… lâche Ciccio, qui remarque immédiatement les Yétis bleus ornant la salle du restaurant.
Le silence se fait d’autant plus oppressant quand les regards des 3 matelots se tournent vers Ciccio et lui remettent un vieux téléphone portable Nokia 3310.
- Tu appelles tes petits copains et tu leur conseilles de débarquer fissa, OK ? siffle Claude.

 

Ciccio va-t’il s’exécuter et contacter les matelots ?

 

La suite au prochain épisode…

 

 

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Fantasio

Cicico vomit sur Claude François et fait un baby foot avec Miossec

21 février 2012
Périscope #92

Périscope #92

 

Résumé de l’épisode précédent : Le Yéti s’est abandonné à la nostalgie avec ses vinyles de Gérard Lenorman, tandis que le Sous-Marin Jaune s’approche du port de Brest.

 

Cette fois ça y est : les matelots sont arrivés à Brest. Au moment où Ciccio pose un pied sur la terre ferme, il entend les cloches sonner midi. Il regarde à sa gauche puis à sa droite : aucun signe des matelots du Sous-Marin Bleu-Blanc-Rouge. Il s’enfonce dans la ville de Brest, sans se retourner. Il n’a pas prévenu Le Yéti et Fantasio de ses projets. Il a bien trop peur qu’on vienne l’emmerder avec la VFM (Variétoche Franchouillarde de Merde), genre pour lequel ses amis semblent avoir beaucoup d’indulgence.

 

Le matelot de Brest

Pour Ciccio, ce n’est pas très compliqué : il aime ou il n’aime pas. Et quand il aime, c’est forcément de la Chanson Française, et rien d’autre. Point de salut, donc en dehors de la Chanson Française : celle de Renaud, de Thomas Fersen, celle de Dominique A sans oublier celle de Christophe Miossec, l’artiste local. Alors évidemment, quand il aperçoit la tronche de Gérard Lenorman dans les recoins de la cabine du Yéti, il a juste envie de tout casser. Et quand il passe devant l’affiche du film Cloclo, il ne peut pas s’empêcher de rendre son petit-déjeuner.

 

Après 10 minutes de marche, Ciccio pousse la porte d’un café. Il reconnaît immédiatement la silhouette de Miossec, accoudé au bar, avant même d’apercevoir son visage. Le chanteur breton se retourne et le prend dans ses bras, comme s’il le connaissait déjà, ou plus vraisemblablement comme s’il le prenait pour un autre.
- Ca alors, ça me fait trop plaisir de te voir mon pote !
Pas décontenancé, définitivement heureux de retrouver le chanteur plutôt que les trognes dégueulasses de Daniel, Gérard et Claude , Ciccio poursuit la conversation.

 

RIP pour de bon ?

Miossec commande une tournée de pintes pour fêter les retrouvailles. Ciccio explique qu’il ne sait pas combien de temps il va rester à Brest. Il demande à Miossec s’il a entendu parler du Sous-Marin Bleu-Blanc-Rouge. Le visage du breton devient écarlate : Miossec sert les dents et pousse un râle de dégout. Il explique ensuite à Ciccio qu’il y a autant de chance de le voir monter à bord de ce Sous-Marin que de voter Marine Le Pen aux prochaines élections présidentielles.

 

Bien remonté, le breton propose au matelot de boire une autre pinte autour d’une partie de Baby foot. Ciccio regarde sa montre et accepte, vaguement coupable. Il a quitté le Sous-Marin et les matelots sans se soucier de l’organisation des réparations, faisant tout pour éviter la rencontre avec Daniel, Gérard et Claude. Il se concentre maintenant sur l’issue de la partie de Baby Foot. Elle ne fait plus aucun doute : Miossec a bu davantage de pintes que Ciccio. Le résultat de la partie est sans appel : Ciccio écrase Miossec. Quelques minutes plus tard, Ciccio quitte le bar, vaguement honteux d’avoir mis une raclée au chanteur de Brest.

 

Quelques mètres plus loin, son sang se glace. Il se retrouve nez à nez avec son pire cauchemar : Daniel, Gérard et Claude lui font face.

 

La suite au prochain épisode…

 

 

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Fantasio

Mourir en écoutant Gérard Lenorman ou en mangeant des crêpes

15 février 2012
Périscope #91

Périscope #91

 

Résumé de l’épisode précédent : Le Sous-Marin Jaune a mis le cap vers Brest, suscitant l’inquiétude parmi les matelots du Sous-Marin Jaune.

 

Debout sur le pont du Sous-Marin Jaune, le Yéti regarde sa montre sur son poignet velu : 10h55. Au loin le poilu aperçoit le port de Brest. Il soupire. Il n’a pas oublié le message du Sous-Marin Bleu-Blanc-Rouge et l’invitation à manger des crêpes.

 

Rendez-vous à Brest ?

Daniel, matelot de l'horreur

Des crêpes au sucre, des crêpes jambon gruyère, des galettes complètes, des bolées de cidre… le Yéti ne sait pas si c’est l’idée de partager la table d’une crêperie bretonne avec Gérard, Daniel et Claude, les 3 matelots du Sous-Marin Bleu-Blanc-Rouge, ou simplement la mer agitée qui lui donne mal au bide.

 

Le Sous-Marin Jaune replonge dans la mer pour parcourir les derniers miles qui le séparent du port de Brest. Le Yéti est retourné dans sa cabine. En allongeant son corps lourd et dodu sur le lit couchette, il éprouve un sentiment mélancolique : le Sous-Marin Jaune est un espace exigu dans lequel il se sent parfois à l’étroit. Si la compagnie et la chaleur humaine des autres matelots est une drogue, il apprécie également de retrouver le calme de sa cabine.

 

Vous avez un message

Michèle ma belle

Il glisse un doigt sur son étagère à vinyles et tombe sur un 45 tours de Gérard Lenorman. Son pouls s’accélère et machinalement, il vérifie d’un coup d’œil que le verrou de la porte est bien fermé. Il serre le visage de Gérard Lenorman sur son cœur et plonge instantanément dans ses souvenirs d’enfance, quelque part à la fin des années 70.

 

Le Yéti s’abandonne complètement à l’écoute du morceau de Gérard.
Un jour tu as eu dix-sept ans
Tes cheveux volaient dans le vent
Et souvent tu chantais :
Oh! Yesterday!

 

Au fil des paroles, le Yéti voit défiler les années de son adolescence. Le mal de mer n’est plus qu’un vieux souvenir et il s’imagine déjà partageant une bouteille de cidre brut avec les matelots du Sous-Marin Bleu-Blanc-Rouge.

Les problèmes des autres

Dans la cabine de Fantasio ?

 

Le Yéti pense à Ciccio et à Fantasio et se demande ce qu’ils ressentent à cet instant précis. Fantasio écoute-t-il un disque de Julien Clerc ou un petit Rockollection de Voulzy en cachette ? Ciccio écoute-t-il Dès que le vent soufflera de Renaud en boucle dans sa cabine ? En imaginant les conversations à venir, et tous les débats inimaginables entre les matelots des Sous-Marins « ennemis », le Yéti se sent revivre.

 

Il interrompt le récital de Gérard Lenorman et cache le 45 tours sous son lit. Les vibrations du Sous-Marin ne trompent pas : les matelots viennent de jeter l’ancre dans le repaire du Sous-Marin Bleu-Blanc-Rouge.

 

 

La suite au prochain épisode…

 

 

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Fantasio