Fantasio en aparté avec Rufus Wainwright

9 mai 2012
Périscope #100

Périscope #100

 

Résumé de l’épisode précédent :
Heureux comme un enfant, le Yéti se heurte à l’agressivité et au caractère irascible du Commandant.

 

Fantasio est de retour dans sa cabine. Tout est calme. C’est l’un des avantages des cabines du Sous-Marin : on peut s’y retrouver pour se couper du bruit des machines et de l’équipage. On entend plus qu’un doux ronronnement, et il suffit de choisir un fond sonore ou musical pour oublier les contraintes ordinaires du Sous-Marin Jaune.

 

Rufus encore dans la course ?

Il se retrouve seul pour deux raisons. La première, c’est tout simplement un besoin vital : il ne supporte pas de vivre en permanence, 24h/24, avec ses camarades, aussi sympathiques et distrayants soient ils, sans s’octroyer quelques coupures solitaires. Aussi, alors qu’il était tout à son bonheur de retrouver la vie « normale » de l’équipage, il n’a pas tenu plus de quelques heures avant que son corps et sa tête lui réclament un moment de solitude.
La deuxième raison, c’est qu’il a envie d’écouter l’album de Rufus Wainwright, et qu’il n’en a pas eu l’occasion depuis sa sortie.

 

Alors bien sûr, il a entendu les premiers commentaires, parfois laconiques, sur ce disque, et il a préféré se boucher les oreilles. Il n’a pas lu les chroniques des magazines et des webzines. C’est tout juste s’il a tendu l’oreille lorsque Ciccio a livré son premier verdict, il y a quelques jours. Depuis ce moment, il s’est dit qu’il attendrait un jour plus calme pour découvrir cet album qui le décevra sans doute un peu (oui, c’était forcément mieux avant), mais qu’il aime déjà.

 

Mieux qu'Oasis ?

A commencer par une bonne première impression : celle de la pochette et du look de Rufus, qui lui rappelle un épisode de la dernière saison de Mad Men. Et puis le titre est plutôt bien choisi : Out Of The Game, quelle que soit l’interprétation que l’on en fait, suppose un minimum de dérision de la part de l’auteur.

 

Côté première impression c’est donc plutôt bien parti, en tout cas mieux qu’un certain Richard Hawley, dont les pochettes sont toujours aussi hasardeuses, sans parler du nom de l’album, aussi faiblard qu’un album d’Oasis en sortie de route. Fantasio écoute donc intégralement Out Of The Game, sans être interrompu par un matelot. Il alterne écoute au casque et hauts parleurs, oscillant entre l’enthousiasme poli des titres appliqués (Jericho, Rashida), et les pistes nonchalantes et peu inspirées donnant envie d’appuyer sur NEXT (Bitters Tears, bien qu’il ne perde pas espoir de changer d’avis à la dixième écoute).

 

D’ordinaire, il aurait élaboré un petit résumé de son écoute, une ou deux phrases ou formules qu’il aurait servi à Ciccio et au Yéti, mais pour l’instant rien ne lui vient à l’esprit. Il regarde une dernière fois la pochette et la posture de Rufus Wainwright, avant d’éteindre la lumière de sa cabine et de rejoindre les autres matelots.
Ciccio a-t-il envie de parler de Richard Hawley ? Le Yéti a-t-il VRAIMENT aimé le dernier Norah Jones ?
La suite la semaine prochaine

 

 

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Fantasio

Le Sous-Marin Jaune entre deux tours

1 mai 2012
Périscope #99

Périscope #99

 

Résumé de l’épisode précédent : La mauvaise passe des matelots se termine. De retour à bord du Sous-Marin, ils attendent le départ.

 

Le timing est singulier: les matelots se retrouvent stationnés sur les rives bretonnes, pile poil entre les 2 tours des élections présidentielles. Même s’il arrive à Ciccio, Fantasio et le Yéti de parler politique, ils n’ont vraiment pas la tête à ça en ce moment. Entre les agressions caractérisées de Claude, Gérard et Daniel, et la vie du Sous-Marin Jaune, personne n’a évoqué le sujet des élections et le changement probable de chef d’état.

 

A bord du Sous-Marin, une personne est particulièrement sensible à ce contexte : le Commandant. Déjà irritable en temps normal, ce climat l’a rendu davantage irascible. Alors que les matelots se réjouissent de retrouver l’équipage et fêtent leur évasion, le Commandant s’est enfermé dans sa cabine. Son isolement n’a échappé à personne, notamment le Yéti qui en fait les frais avec le mélange de naïveté et d’enthousiasme juvénile qui le caractérise parfois.

 

Heureux et soulagé, le Yéti arpente les couloirs en passant sa tête dans chaque cabine pour saluer les membres de l’équipage. Pas intimidé par le Commandant, il continue sa ballade, une boîte de pépito dans chaque main (chocolat noir ou chocolat au lait pour satisfaire les goûts de chacun). Simplement joyeux, il entonne les paroles d’un titre de Sébastien Tellier extrait de l’album My God is Blue.

 

 

 

 

- Mon commandant, vous voulez un pépito ?

 

Le Commandant arbore un sourire carnassier et répond avec entrain :
- Mais oui bien sûr ! Quelle bonne idée que tu as là, cher Yéti !
- Plutôt chocolat noir ou chocolat au lait mon Commandant, interroge le Yéti en sautillant comme un enfant le matin de Pâques.
- Voyons… chocolat noir évidemment, et toute la boîte s’il te plait !

 

Sarkozy, Hollande et le Commandant

Panique présidentielle

Étonné mais toujours joyeux, le matelot velu dépose la boîte sur le bureau du commandant et se dirige vers la porte. La suite, humiliante pour le Yéti, fera le bonheur des discussions entre matelots. Furieux, le Commandant jette un premier pépito dans le dos du Yéti. Ce dernier met quelques secondes à réaliser ce qui se passe et se retourne. L’agression se poursuit et c’est une pluie de pépitos qui s’abat sur le visage du pauvre matelot. Piteux et couvert de biscuit de chocolat noir, le Yéti regarde le Commandant, incrédule.

 

- Tu crois vraiment que c’est le moment de se livrer à de pareilles pitreries ?
- Je… mais…
- Est-ce que tu réalises que l’heure est grave et que le 7 mai va marquer un tournant dans l’histoire ?
- Si, mais je…
- Alors sors de cette pièce TOUT DE SUITE et réfléchis aux conséquences de ce vote pour le Sous-Marin Jaune !
Penaud, le Yéti rejoint les autres matelots, réfléchissant déjà au sens des paroles du Commandant.

 

La suite la semaine prochaine…

 

 

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Fantasio

Andrew Bird et la sérénité retrouvée

10 avril 2012
Périscope #98

Périscope #98

 

Résumé de l’épisode précédent : Sauvés in extremis par Howe Gelb, les 3 matelots quittent la crêperie sans se retourner.

 

Les matelots sont enfin de retour en terrain connu, à bord du Sous-Marin jaune. Leur absence fut très courte, et pourtant ils ont tous les 3 l’impression d’avoir quitté l’équipage depuis des mois, comme en captivité. Ciccio tombe dans les bras de la Vigie et éclate en sanglots. Le Yéti pose sa tête hirsute sur l’épaule encore endolorie du mécanicien. Quant à Fantasio, il tend une main moite et tremblante en direction de l’Artilleur.

 

Yéti raconte

Une fois l’équipage au complet (moins le Commandant, curieusement absent), c’est le Yéti qui prend la parole pour faire le récit des péripéties. Par pudeur, il passe sous silence l’épisode effrayant du karaoké et le traumatisme de Ciccio. Sans se parler, les deux matelots se sont compris et Ciccio lui en est reconnaissant. Fantasio, qui écoute attentivement le récit du matelot poilu, se pince. Avec le recul, cet affrontement est éminemment grotesque. Aveuglement collectif ou simple talent de conteur du Yéti ? En tout cas l’équipage est complètement absorbé par les paroles du Yéti.

 

Le Yéti en termine avec l’apparition de Howe Gelb, déclenchant des réactions diverses au sein de l’équipage : certains trouvent cette conclusion épique et drôle, tandis que d’autres pestent et constatent les risques encourus par les matelots. Que se serait-il passé si l’originaire de Tucson n’avait pas mis un pied dans la crêperie, par la plus incroyable des coïncidences ? C’est le radariste qui ne parvient pas à mettre de côté son sentiment d’inquiétude, pas complètement soulagé par le retour des matelots au bercail.

 

Heureux mais conscient des tensions persistantes, le Plongeur n’a qu’une idée en tête : raviver l’ambiance de camaraderie et remettre les matelots sur de bons rails. Il en profite pour damer le point au Mécanicien et annoncer la bonne nouvelle :
- Le Sous-Marin est réparé : nous pouvons lever l’ancre.
Cette nouvelle fait évidemment l’unanimité, et chacun n’attend plus que le retour du Commandant pour annoncer le départ.

 

Retour au bercail

Tandis que le Commandant continue de se faire remarquer par son absence, les conversations fusent de tous les côtés, oubliant les menaces récentes et le coup d’arrêt forcé du Sous-Marin Jaune. Nul ne semble imaginer une seule seconde que Claude, Gérard et Daniel puissent se manifester et frapper de nouveau. Comme pour conjurer le sort et cultiver la sérénité retrouvée, le Plongeur choisit un fond sonore rassurant et familier : le dernier album d’Andrew Bird. Malgré le choix consensuel, les derniers titres pourraient ramener certains matelots à la réalité : Fatal Shore, Hole in the Ocean Floor

 

Le Commandant va-t-il partager l’enthousiasme des matelots ?
La suite au prochain épisode.

 

 

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Fantasio

Comment Howe Gelb délivre les matelots d’un mauvais sort

3 avril 2012
Périscope #97

Périscope #97

 

Résumé de l’épisode précédent : Sous la contrainte, Ciccio s’apprête à participer à un karaoké des plus déplaisants, pour le plus grand plaisir de Claude, Daniel et Gérard.

 

Les larmes coulent sur les joues du Yéti : cette fois c’en est trop. Il ne supporte pas de voir son ami sous la torture et il s’en veut encore plus de ne pas être arrivé plus tôt. La scène bascule en quelques secondes : les matelots s’empoignent, se tiennent par les cheveux. Le Yéti roule par terre puis se relève. Fantasio délivre Ciccio et les 3 matelots se retrouvent face à face avec leurs ennemis jurés. Serait-ce la lutte finale ?

 

La rage d'en découdre

Pendant plusieurs minutes, la lutte fait rage. Claude empoigne Ciccio par les cheveux et par la barbe, tandis que le Yéti s’attaque à Daniel, survolté et hyper agressif. Dans un registre différent, une fraction de secondes après les matelots, mais tout aussi déterminé, Fantasio prend le partie d’empoigner la crinière grisonnante de Gérard.

 

Ciccio, en volume sonore, l’emporte sur ses partenaires et adversaires : d’une voix tantôt grave, tantôt aiguë, il vocifère les paroles d’un des derniers titres de Jack White = Sixteen Saltines, entendu très récemment. Déchainé, il ne laisse aucun répit à Claude, qui semble soudain grotesque et affaibli, avec son look de sosie invité d’une émission de Patrick Sebastien.

 

Who’s jealous who’s jealous who’s jealous who’s jealous of who?

 

clame Ciccio tandis que Claude git sur le sol.

 

Gotta leave

Back from Tucson

Alors que l’issue du combat ne fait pas un doute et que le matelot barbu domine les débats, coup de tonnerre : Gérard, après s’être débarrassé avec une facilité déconcertante de Fantasio, assomme Ciccio d’un coup de poêle à crêpe.
En une minute, la situation est inversée et le Yéti se retrouve encerclé par les 3 matelots ragaillardis.

 

Le Yéti serre les dents et regarde ses ennemis jurés. Cette fois, c’est fini. Bye-bye le Sous-Marin Jaune ? Pendant trois secondes, il ressent une vague impression de soulagement, épuisé par la course effrénée et le combat qui a fait rage. A quoi bon essayer de sauver ses amis ? Pourquoi ne pas faire la paix avec le Sous-Marin Bleu-blanc-rouge ? Mais le Yéti se ressaisit et secoue sa fourrure en signe de révolte. Sa technique de combat provoque une nouvelle fois le rire de Claude, Gérard et Daniel.

 

La scène est interrompue par une apparition aussi inattendue que magique : un homme chaussé de santiags fait un pas dans la crêperie, marmonnant des paroles inaudibles. Il avance vers les matelots et vient écraser du talon de sa santiag gauche la main de Claude, qui pousse un cri de douleur. Ayant à peine eu le temps de reconnaitre la silhouette singulière d’Howe Gelb (Howe Gelb à Brest ???) les 3 matelots se précipitent dans la rue sans se retourner.

 

 

Ils ont quand même le temps d’entendre monsieur Giant Sand leur glisser, plus nonchalant que jamais : Guys, See you in June in Tucson.

 

Les matelots vont-ils déguerpir ? Le Sous-Marin Jaune est-il enfin réparé ?
La suite au prochain épisode…

 

 

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Fantasio

Règlements de comptes à Yeti Lane et Karaoké

20 mars 2012
Périscope #96

Périscope #96

 

Résumé de l’épisode précédent : Fantasio et le Yéti ont quitté le Sous-Marin Jaune et s’apprêtent à venir en aide à Ciccio.

 

Le sang afflue à la tête de Fantasio, le sortant de sa torpeur et le déconnectant de son obsession du moment pour les Shins. Il donne quelques coups dans le dos du Yéti et celui-ci le laisse tomber sur le sol.
Le visage du Yéti est rouge (de colère ou de surchauffe du cardio) et il ordonne à Fantasio de presser le pas.

 

- Ciccio est en danger, s’écrie le Yéti, la voix tremblante.
- Il n’y a pas une minute à perdre, commente Fantasio alors que le matelot velu a déjà repris sa route vers la crêperie.

Yeti Lane Express

Fantasio est une nouvelle fois impressionné par la débauche d’énergie du Yéti. Admiratif, il éprouve presque un sentiment de jalousie à le voir se démener pour son ami Ciccio : le Yéti semble capable de bouger des montagnes pour son matelot préféré. Connaissant le péril et le danger que constituent Gérard, Daniel et Claude, il se dit que la force du Yéti n’est pas de trop dans ces moments.

 

En observant le trajet du Yéti à travers les rues de Brest, il ne peut pas s’empêcher de penser au groupe Yéti Lane. Comme le groupe parisien, la trajectoire sinueuse du Yéti peut parfois sembler contradictoire ou fragmentée. L’évidence du Penny Lane des Beatles et la rugosité du krautrock allemand : deux facettes revendiquées par les ex Cyann et Ben, et qui correspondent parfaitement aux caractéristiques et aux lubies du Yéti.

 

Il ne faut que quelques minutes au Yéti et à Fantasio pour rejoindre la façade de la crêperie. Pas un bruit, le restaurant semble fermé et dans l’obscurité. Fantasio sursaute : le Yéti se met à tambouriner la porte d’entrée. Difficile d’imaginer une intervention moins discrète – mais le Yéti ne semble pas d’humeur à faire profil bas :
- Putain de merde si vous avez touché à UN CHEVEU de Ciccio, je vous arrache la tête, un par un.

 

La porte s’ouvre et Fantasio a juste le temps de pousser le Yéti à terre pour éviter le projectile : une pinte de bière blonde a frôlé le crâne du Yéti, avant de retomber sur le sol. Le Yéti sert les dents.
Les deux matelots entendent les 3 matelots du Sous-Marin Bleu-Blanc-Rouge pouffer de rire.
Fantasio chuchote son plan d’action à l’oreille du Yéti et disparaît pour rejoindre l’entrée de service du restaurant.

 

Le Yéti fait un pas en avant, immédiatement confronté à une scène digne de ses pires cauchemars : Ciccio, assis devant un vieux poste de télévision, regarde un vieux clips de Balavoine. Daniel lui donne des claques sur la tête, l’incitant à chanter les paroles de la chanson France qui s’affichent à l’écran :

 

 

France, tous ces mots pour un public
France, tous ces mots démagogiques

 

Les yeux exorbités, Ciccio s’exécute sous les yeux du Yéti et des 3 matelots hilares et féroces.

 

Quelle issue pour le macabre karaoké ? Quel plan d’action pour Fantasio ?
La suite au prochain épisode…

 

 

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Fantasio