Le Sous-Marin Jaune cherche une introduction musicale parfaite.

30 août 2010

 

Périscope #28

Le Sous-Marin Jaune part en vacances

Les meilleures choses ont une fin : Ciccio, Fantasio et le Yéti sont de retour de vacances et ont ré-embarqué dans leur fier vaisseau, le désormais fameux Sous-Marin Jaune.
Chacun vaque à ses occupations, range ses maillots de bain, raconte ses petits souvenirs musicaux de l’été. Le Yéti en profite pour se raser (un peu) la barbe hirsute qui lui bouffe les joues depuis quelques jours. Une tâche qu’il opère en écoutant Blue Monday de New Order.

 

« Fichtre, cette intro, elle est tout de même intemporelle… » se dit il. « Rhaaaaa, impossible de me raser avec ses beats qui pilonnent ma salle de bain, j’ai envi d’onduler mon gros corps velu ! »
En nage, le Yéti déboule dans la salle des machines et harangue ses comparses : « Damned les gars, Blue Monday a la meilleure intro musicale du monde, non ? Vous êtes d’accord avec moi, ou vous avez un meilleur exemple d’introduction musicale mythique ? C’est important pour vous une bonne introduction musicale ? »

 

 

New Order BM88

New Order BM88

En fait, en y réfléchissant bien, l’intro de Blue Monday était revenue titiller le Yéti le jour du concert de The Divine Comedy à Pleyel, lorsque Neil se mit à chanter At the Indie Disco et qu’il imita façon Human Beatbox le début du tube de New Order. A peine 3 notes jouées et tout le public était en transe, hurlant, pas loin d’un orgasme collégial. C’était fascinant à écouter, le pouvoir de cette petite boîte à rythmes. Tout le génie de New Order était là.
Mais après avoir joué aux derviches tourneurs sur le dance-floor, le Yéti se mit à penser à une autre brillante introduction, celle beaucoup plus calme de California Girls des Beach Boys, avec ses petites notes douces et élégiaques qui s’évaporent doucement pour laisser la place à une belle chanson pop forcément sublime. Pas de doute, le Yéti est un amoureux transi des introductions musicales réussies.

 

Television - Marquee Moon

Television - Marquee Moon

Ciccio, quant à lui, les yeux rivés sur le visage du Yéti, répond « FAUX » ! En effet, quand on a une barbe aussi belle et fournie que celle du Yéti, on ne la rase pas. Ciccio ne s’est pas rasé depuis son départ en vacances il y a plus d’un mois, et il compte bien ne pas s’arrêter en si bon chemin, espérant ressembler bientôt au Yéti, voire, mieux encore, à Joaquin Phoenix dans I’m Still There.
Par contre, lui aussi s’accorde à dire que les intros, quand elles sont réussies, subliment une chanson. Ce qui ne signifie aucunement que les chansons sans intro sont forcément mauvaises (Ciccio est dans une phase Bob Dylan / The Band ces jours-ci, et c’est amusant de voir comment leurs morceaux se passaient allègrement d’intro, voire même de toute partie instrumentale pour Dylan dans les années 60 : le morceau commence sur le premier mot du texte et s’achève en même temps que le dernier).
Ce que Ciccio affectionne tout particulièrement, c’est quand les instruments arrivent l’un après l’autre, dans les intros (oui, c’est bateau, il en a conscience, mais il aime). Marquee Moon, de Television, est une de ses préférées, au même titre que l’évident A Forest de The Cure ou le beaucoup moins connu Italian Leather Sofa de Cake.
Autre type d’intro qu’il adore, celle qui laisse la part belle à la guitare pop, qui la laisse partir, revenir, s’envoler, s’entrechoquer gentiment avec les autres instruments, sans jamais tirer la couverture à elle avec un solo vulgaire et bruyant, préparant parfaitement le terrain pour l’entrée de la voix. Les deux exemples qui lui viennent immédiatement en tête sont le tourbillonnant From Time To Time de Ride et l’excellentissime The Headmaster Ritual de The Smiths.

 

Spoon - GA GA GA GA GA

Spoon - GA GA GA GA GA


Fantasio prend enfin la parole. Ravi de retrouver ses deux comparses velus aussi déterminés et sûrs de leur fait, il leur répond sans hésiter.
« Non, franchement mon Yéti, tu as vu juste, une fois de plus. » Sur le moment, il ne sait pas trop si c’est son manque de répartie, le ralentissement estival de ses neurones ou l’enthousiasme du Yéti et de Ciccio qui le pousse au consensus.
En fait, Fantasio aime surtout les intros d’albums, les titres lents ou syncopés placés en tête de disque, et qui se démarquent d’une manière ou d’une autre : l’entêtant Don’t Make Me a Target au début du Ga Ga Ga Ga Ga de Spoon par exemple. Ou alors dans un style complètement différent, le Mojo Pin de Jeff Buckley, probablement l’introduction d’album la plus bizarroïde de tous les temps.
De retour à bord du vaisseau pour cette nouvelle rentrée musicale, Fantasio préfère finalement observer le Yéti se raser sur le rythme de Blue Monday, convaincu que le Sous-Marin avancera un peu plus vite, boosté par l’énergie du trio.

 

 

Qu’est ce que tu fais pour les vacances ?

19 juillet 2010

 

Périscope #27

Le Sous-Marin Jaune part en vacances

Fantasio l’a décidé : l’équipage du Sous-Marin est prié de prendre quelques vacances et d’aller profiter du soleil.
Le Yéti, obéissant, a préparé un petit baluchon, regardé quelques destinations… mais pourtant il ne se sent pas bien. Des vacances, ok, mais avec qui ? Le Yéti, comme tout abominable homme des neiges qui se respecte, a peu d’amis et fait peur aux gens. Il est interdit de croisière Costa, pas la bienvenue au Club Med, ni en Auberge de Jeunesse…
En fait le Yéti aimerait bien passer ses vacances dans une maison isolée, avec un chanteur qu’il aime bien, histoire de refaire le monde le soir avec lui, autour d’une bonne bouteille de vin, quand la nuit tombe.
Mais avec qui ? Tiens, peut être que Ciccio et Fantasio ont, eux aussi, un avis sur la question. « Hey, les gars, si vous pouviez prendre des vacances avec un musicien actuel, vous partiriez avec qui ? ».

 

 

Le Meilleur ami de Ciccio: Son Ukulele

Le Meilleur ami de Ciccio: Son Ukulele

Ciccio, s’il devait prendre des vacances dans une maison isolée, n’emmènerait personne. Il prendrait quelques instruments (son ukulélé, sa batterie et sa trompette, pour démarrer) et en profiterait pour essayer de progresser un peu, ce qui ne serait pas du luxe !
Pourquoi le ukulélé ? Tout simplement parce que c’est un instrument minimaliste qui permet de faire un peu tout et n’importe quoi. Il a un son apaisant et Ciccio se voit bien passer des soirées à discuter avec son petit instrument en bois, lui demandant notamment pourquoi il refuse si souvent de jouer la bonne note lorsque Ciccio se lance, à la demande express du Yéti, qui en profite pour inviter Fantasio à danser un slow, dans le solo de Still Loving You.
Pas d’artiste pour Ciccio, donc , car s’il y a bien une chose qu’il n’aime pas faire, le Ciccio, c’est choisir. Choisir un meilleur film, un artiste préféré, un album à emmener sur une île déserte, choisir entre le Yéti et Fantasio, ou encore, comme c’est le cas ici, choisir un chanteur, qui plus est pour discuter avec lui ! C’est la raison pour laquelle Ciccio ne sort jamais de chez lui sans son iPod 160 Go.
Concernant le chanteur ou la chanteuse à emmener, qui plus est, le risque de rester assis face à face sans mot dire, voire, encore pire, de se retrouver déçu par ce qu’il/elle aurait à dire, est bien trop grand.

 

Innerspeaker, brillant album de Tame Impala

Innerspeaker, brillant album de Tame Impala

 

 

A la différence de Ciccio, la complainte du Yéti tombe plutôt bien pour Fantasio : il a en effet décidé d’inviter les 3 australiens psychédéliques de Tame Impala (quelqu’un a-t’il déchiffré l’anagramme ?), pendant ses 3 semaines de vacances estivales.
3 semaines à fumer l’herbe charentaise avec les auteurs de Innerspeaker, loin des krachs mélancoliques du Yéti et de la moue boudeuse de Ciccio. Sensible aux arguments de Solitude Is Bliss, Fantasio se doute bien que le trio se fera la malle avant la fin du séjour.
Dans ce cas, en hommage au Yéti, il rappellera les Beach Boys à la rescousse, pour ne pas mourir d’ennui à la plage.

 

 

Ernesto du groupe Viol

Ernesto du groupe Viol

Tout comme Fantasio, le Yéti va privilégier le présent et se verrait bien partir en vacances avec Ernesto Violin, chanteur compositeur d’un obscur groupe français : Viol.
Déjà le Yéti aimerait bien demander à Ernesto pourquoi il a choisi ce nom horrible pour sa musique aussi belle que délicate. Et puis ensuite parler avec lui des Byrds, de Nick Drake, de Midlake, de Love, toutes ces chouettes références qui se bousculent en écoutant le magnifique nouvel album du Monsieur, Welfare Heart, en téléchargement libre ici : http://violsboat.blogspot.com/
Et puis disséquer avec lui les splendides Living in a Cemetery ou The Tempest, certainement les chansons pop-folk que le Yéti a préféré écouter ces dernières semaines.
Enfin le dernier jour, le Yéti partirait s’incruster chez Fantasio (peut être avec Ernesto) pour discuter avec Tame Impala qu’il aime beaucoup, lui aussi. Ah, ce seraient de chouettes vacances !

 

 

Le Sous-Marin Jaune fait remonter les idoles à la surface

12 juillet 2010

Périscope #26

Le Sous-Marin Jaune et ses idoles

Cette semaine, branle-bas de combat à bord du Sous-Marin Jaune : Fantasio, débarque en salle des machines, tel un Yéti en rogne. Ses amis l’observent, effarés, débiter un discours fleuve, où reviennent les termes « responsabilité », « prise de pouvoir » et « ambition ». Sa diatribe s’achève sur la phrase suivante : « Cette semaine, c’est moi le patron, et vous allez faire ce que je vous dis ».
Ciccio, incrédule mais pragmatique, « Fantasio, tu veux quoi ? »
« D’abord, qu’on mette le cap vers le large et qu’on prenne tous des vacances. Quand on sera partis, on ouvrira des bières et vous me raconterez à quel chanteur/artiste vous vouliez ressembler quand vous étiez petits. »

 

Après avoir accompli ce qu’il lui incombait en salle des machines, le Yéti regagne la cuisine pour ouvrir cette fameuse bière promise par Fantasio. Ah, décidément, il a bien peu de moral, ce Yéti… On lui promet une bière et il accepte sans sourciller le coup d’état de son ami Fantasio ! Tssss…

 

En cuisine, il retrouve Ciccio qui a déjà mangé la moitié des Tucs au fromage et Fantasio qui ouvre cette fameuse bière. Le Yéti se détend et se livre.

Tête de Ian Brown

Ceci est un Yéti

« Quand j’étais ado, moi je voulais ressembler à Ian Brown des Stones Roses ou Clint Boon des Inspiral Carpets ! »

 

Parce que, pour le Yéti, ces types étaient la quintessence même du mec cool, très classe avec leurs fringues psychés et leurs coupes de cheveux des années 60 (genre coupe au bol). Le Yéti était jaloux de leur grande gueule, de leur talent (n’oublions pas que les Inspiral Carpets furent un formidable groupe à singles).

 

Et puis il faut comprendre que pour toute une génération de blancs-becs indie, le Summer of Love de Manchester de 1989 fut une véritable révolution, le premier courant musical qu’ils pouvaient s’approprier. Ces branleurs mancuniens osaient tout, donnaient des interviews démentes sans queue ni tête (n’est ce pas Shaun Ryder et Bez des Happy Mondays ?), avaient le meilleur slogan du monde (Cool as Fuck) et composaient des foutus hymnes à beugler dans sa chambre parisienne. La TRÈS grande classe.
Le Yéti n’a jamais retrouvé cette effervescence depuis, cette excitation… Sentant les larmes lui monter aux yeux, le Yéti s’enquille fissa la moitié de sa bière pour se redonner une contenance.

 

Ciccio, cadet du Yéti d’une petite trentaine d’années, a raté Madchester. Certes, les albums dont parle son vieux collègue ne lui sont pas étrangers, et, qui plus est, il les vénère lui aussi, mais il les a connus après, et la coupe au bol de Clint Boon ne le faisait pas rêver quand il était au lycée.

 

Robert Smith est vivant

Ceci n'est pas Ciccio

Non, Ciccio, au moment d’avoir 18 ans, rêvait de ressembler à Robert Smith ! D’aucuns objecteront que les années 90 ne sont pas à proprement parler la période la plus qualitative pour la troupe à Bebert, mais c’est l’époque où il s’éveillait à la musique, et The Cure était son groupe préféré, et donc il mettait des Doc Marten’s coquées marron, se foutait du spray dégueulasse dans les cheveux et adoptait un air contrit en toute occasion.
Le même air contrit dont il se para tandis que le Yéti ravalait ses larmes et avalait sa bière.

 

Blur - The Great Escape

Au lycée avec Fantasio

Fantasio, comme le savent bien ses camarades, n’est pas du genre à passer des heures à deviser sur sa jeunesse, encore moins à dévoiler son intimité. Il préfère écouter ses amis évoquer les années 80-90 (rayer la mention inutile) et étancher leur soif avec des litres de bières. Après le récit du Yéti et la plongée dans la genèse de Ciccio, Fantasio évoque pourtant les années Blur (celles de Parklife et The great escape), l’époque où il s’imaginait dans la peau de Damon Albarn accompagné de ses acolytes à lunettes. Si ces mecs ni beaux ni moches avec des patronymes ordinaires pouvaient y arriver, il y avait des raisons d’espérer.

 

Sur ces paroles, le Yéti se leva et tituba jusqu’aux toilettes. Emprise de l’alcool ou moment de grâce impromptu (ou les deux), Ciccio et Fantasio eurent le même sentiment de voir la silhouette du Yéti habitée par le corps torturé de Ian Brown.

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Fantasio

Le Sous-Marin Jaune rend visite à Liliane B.

5 juillet 2010

 

Périscope #25

Comme vous le savez tous désormais, le Yéti travaille dans une étrange banque privée avec plein de clients très très riches. La morale, le Yéti s’en contrefout, il n’en a jamais eu du fin fond de sa grotte tibétaine.

 

Hier, une vieille dame, Liliane B. (Le Yéti ne tient pas à dévoiler l’identité de sa cliente préférée), lui a laissé un télégramme alarmant : « Mon cher Monsieur Yéti, j’ai plein de souci, tout le monde m’en veut, pouvez-vous venir au plus vite ? ». Ni une ni deux, le Yéti prend les commandes du Sous-Marin Jaune, profitant de la sieste du Ciccio qui ronfle tellement fort qu’il couvre le bruit des machines, et de l’absence de Fantasio qui ne sort plus de sa cabine depuis qu’il a acheté Red Dead Redemption.

 

France Culture, la radio préférée de Fantasio

France Culture, la radio préférée de Fantasio

Rapidement, grâce à sa fantastique science des canaux, le Yéti conduit le Sous-Marin Jaune chez Liliane qui accueille toute la troupe avec effusion : « Mes Amis, je savais que je pouvais compter sur vous. J’ai de graves problèmes financiers : mon amant me pique tous mes sous et ma conseillère privée, Florence, a planqué mon argent un peu partout en Suisse, je ne sais même plus où ! Du coup j’ai décidé d’aider un artiste, un groupe non signé ou qui n’a jamais eu de succès et de lui consacrer toute ma fortune pour qu’il conquiert le monde ! Mais vous devez me conseiller. Qui choisir ?? ».

 

 

Alors que le Sous-Marin Jaune débarque chez Liliane, Fantasio éprouve une sensation de gêne qu’il n’ose même pas évoquer en présence de ses deux amis : mais qu’est-ce que je fous là ? se dit-il secrètement. Lorsque le langage du Yéti se pare d’un champ lexical financier, Fantasio se sent au bord du malaise vagal. Fantasio pense aux paroles de France Culture d’Arnaud Fleurent-Didier entendues une nouvelle fois samedi soir à la salle Pleyel: « on ne m’a pas dit comment faire avec les filles, comment faire avec l’argent ».
« Liliane, ton pognon, tu peux te le garder! » s’entendit-il répondre devant Ciccio et le Yéti, ébahis. « La musique peut exister en marge de l’économie ! ». Alors que le Yéti commençait l’inventaire de la fortune de Liliane, Fantasio s’enferma dans sa cabine pour terminer sa partie de Red Dead Redemption en réécoutant l’inusable Veckatimest de Grizzly Bear.

 

Un des disques de chevet du Yéti: Celui de Martin Newell

Un des disques de chevet du Yéti: Celui de Martin Newell

Étourdi par la sortie de Fantasio, le Yéti reprend rapidement ses esprits et murmure à Liliane : « Vous devez absolument excuser notre ami, Liliane. Fantasio est en train de subir un contrôle fiscal féroce, il n’est pas dans son assiette. » Liliane sourit d’un air entendu.
Profitant de ce petit moment complice, le Yéti en profite pour enchaîner :
« Liliane, votre argent peut servir une cause noble : révéler ENFIN au monde entier l’immense talent de Martin Newell, sans doute le meilleur compositeur anglais actuel, ami d’Andy Partridge, auteur du fabuleux The Greatest Living Englishman en 1993 !
Imaginez le meilleur des Kinks ou d’XTC dans un album ! Damon Albarn lui doit tout !! »
Liliane se souvient de Ray Davies, elle avait aimé ce garçon dans les années 60.
« Il faut louer un studio, un orchestre pour que Martin puisse enregistrer un nouvel album. Et puis ensuite, on réserve l’Olympia, on invite en première partie The Divine Comedy, ce serait formidable. »
Liliane regarde le Yéti, réfléchit 2 secondes et se tourne vers son majordome et crie « Albert, une tournée de Pim’s pour ces deux messieurs ! »

 

Qui a oublié sa déclaration d'impôts ?

Qui a oublié sa déclaration d'impôts ?

Ciccio, en bon médiateur qu’il est, souhaite calmer tout son monde. Si Fantasio n’est pas dans son assiette (fiscale), qu’il aille vomir sur le pont et qu’on n’en parle plus. Après tout, c’est son droit (fiscal), personne ne peut l’empêcher de penser ce qu’il pense, et si la recette (fiscale) proposée par le Yéti ne lui revient pas, on ne va pas le forcer.
Quant au Yéti, justement, Ciccio se demande s’il ne pousse pas à la fraude (fiscale), et ne voudrait pas qu’il fasse auprès de Liliane une sorte de prescription (fiscale) avec un de ses groupes inconnus à la noix. Ciccio n’étant pas du genre à opter pour l’évasion (fiscale), il préfère faire jouer sa puissance (fiscale) pour ramener le Yéti à la raison, et militer pour l’intégration (fiscale) de Fantasio, qui était lui aussi sur le point de commettre l’exode (fiscal).
Ayant réuni tout son monde, il procède donc à une déclaration (fiscale) visant à ramener le calme dans le sous-marin, qu’il conclut par la chaleureuse invitation suivante : « Et pour fêter notre réconciliation, allons boire impôt ! ».

 

 

Les Coups de Coeur de l’été du Sous-Marin Jaune

28 juin 2010

 

Périscope #24

C’est officiel, c’est l’été. Le Yéti n’aime pas cette saison. Elle rime avec grosse chaleur, coups de soleil, mecs en marcel, short et tongs, Tour de France, et insupportables tubes de l’été. Du coup, le Yéti est à deux doigts de la déprime et il le sait, son seul moyen pour passer ces mois difficiles sera la consommation à haute dose de musique. Oui, mais quoi ? De la Sunshine Pop ? Du Folk gracile ? De la Power Pop énergique ? De l’Electro dansante ?
Indécis, le Yéti convoque Ciccio et Fantasio immédiatement pour connaître leurs coups de cœur du moment.

 

 

Calexico - The Black Light

Calexico - The Black Light

Fantasio se reconnait complètement dans le vocabulaire et les termes utilisés par le Yéti. Un bon gros coup de soleil, quelques coups de gueule à pousser, mais le coup de cœur de l’été n’est pas encore là – il faut dire que la saison ne fait que commencer. Si Fantasio a des souvenirs d’albums écoutés en boucle tout l’été, il n’est pas si fréquent qu’un album colle avec l’ambiance moite et chaude qu’il accompagne : ce fut le cas du Black Light de Calexico il y a maintenant une éternité. En 2010, Fantasio se surprend à réécouter le plan marketing électro de Uffie, mais ce n’est pas encore le tube de l’été, tout juste un coup de chaud, des rythmes (le Yéti parlerait sans doute plutôt de bon gros beats) chaloupés de saison. Conseil : si votre album de l’été n’est pas arrivé et que vous ne connaissez pas cet opus de Calexico, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

 

The Drums - The Drums

The Drums - The Drums

Le gros coup de cœur du moment pour le Yéti est le pétulant premier album des new-yorkais de The Drums. Vous connaissez tous l’amour immodéré du Yéti pour les Beach Boys ( à propos, réécoutez bien Holland, album sous-estimé des garçons de la plage, un must pour cet été). Et du coup, lorsque de jeunes freluquets s’amusent aujourd’hui à revisiter les thématiques de la Sunshine Pop (Soleil, Bagnoles & Filles), et à mettre des guitares surf sur des boîtes à rythme new-wave digne de New Order, le Yéti a les poils qui frétillent, l’œil humide et un large sourire scotché sur son visage.
Bien sur, Let’s go Surfing est un tube ENORME, digne de Peter, Bjorn & John, mais le reste est au diapason, notamment Me and The Moon avec sa guitare à la Siouxsie and the Banshees. Sur que Brian, Carl et Dennis auraient aimé cette pop sans grande prétention mais radieuse, qui fait la fête, avec des refrains en or massif.
C’est évident, le Yéti sait déjà qu’il prolongera son été indien avec The Drums.

 

Allo Darlin'

Allo Darlin'

Fidèle à des techniques d’investigation tellement pointues qu’elles feraient pâlir d’envie les mecs de la série Les Experts, Ciccio s’est immédiatement jeté sur son iPod pour répondre à la question du poilu du Sous-Marin. Grâce à ses listes de lecture savamment composées et améliorées au fil des ans, il est capable en l’espace de quelques secondes d’avoir une vue panoramique des derniers groupes écoutés et appréciés (une vue 360, comme disent les marketeux).
Stanley Brinks, Karen Elson, Hey Hey My My ou Club 8 figurent dans ces listes, mais c’est un autre groupe qui attire son œil. Il s’agit d’une découverte toute récente, d’un premier album co-écrit par deux anglais et deux australiens. Ils jouent de la musique simple, joyeuse, ensoleillée – c’est la définition même de la Twee pop, dont ce groupe est un solide représentant.
Cet été, donc, Ciccio vous encourage à être plus aventureux que le Yéti et moins nostalgique que Fantasio, et d’écouter Allo Darlin’ !

 

 

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Le Yéti

 

 

Le Sous-Marin Jaune à la Recherche du Temps Perdu

21 juin 2010

 

Périscope #23

Ces derniers temps le Yéti écoute beaucoup le triple album de Joanna Newsom, Have One on Me.
Un triple album souvent magnifique mais gargantuesque, qui va prendre des années au Yéti pour en faire le tour. Et justement, à l’écoute de ces 3 longs Cds, le Yéti s’est mis à repenser à l’un de ses sujets préférés : y-a-t’il un temps idéal pour un album de musique ? L’oreille ne se lasse t’elle pas au bout d’un certain temps, même si le contenu mélodique est exemplaire ? De même un album trop court laissera t’il forcément l’auditeur sur sa faim ? Quel groupe sait (ou a su) parfaitement agencer ses compos dans un album ?
Comme d’habitude, le Yéti convoque de suite Ciccio et Fantasio dans la cuisine du Sous-Marin Jaune et commence à s’empiffrer de curly en attendant ses deux comparses.

 

 

En musique, le Yéti a plein de théories fumeuses, dont il est très fier et auxquelles il croit avec une mauvaise foi absolue qui n’a d’égale que celle de Ray Domenech. Ainsi, il vous parlera bientôt de la saisonnalité des disques, un de ses dadas. Mais là, c’est une autre de ses théories qu’il va défendre : un bon album de pop doit faire 40mn-45mn point barre. Au-delà, c’est foutu, ne cherchez pas.
Car la pop est un plaisir simple, spontané, qui ne demande pas d’artifices balancés pendant des plombes.
Un album des Beach Boys ou des Beatles a toujours fait moins de 45mn (sans le remplissage lié aux bonus et alternate tracks). Ils avaient tout compris. Aujourd’hui, un album des Shins fait souvent 40mn, parfois un poil moins et c’est parfait, on revient vers ces albums régulièrement. Bon ça c’est pour la Pop. Bien sur en krautrock, cette règle ne s’applique plus, puisque plus c’est long, mieux c’est. Les albums d’Amon Düül II ou d’Harmonia en témoignent.
Mais en règle général, le Yéti est pour la concision. Il n’aime pas les albums qui trainent, bourrés de fausses chansons qui ne font que du remplissage. Et il se souvient avec tristesse des premiers albums de St Etienne ou de Primal Scream, dégueulant d’instrumentaux pathétiques pour que l’album atteigne péniblement les 40 minutes.

 

Karen Elson - The Ghost Who Walks

Karen Elson - The Ghost Who Walks

45 minutes, une durée qui plait aussi à Fantasio : le temps d’un trajet en train maison-boulot. Le problème, c’est que cette durée évoque aussi celle d’une période en football. Et aujourd’hui, Fantasio a envie de vider le sous-marin jaune de tout élément touchant de près ou de loin au monde du ballon rond. Après les affaires rocambolesques et cauchemardesques des jours passés, oublions le foot et limitons la durée des disques à 43 minutes : il n’y a pas de mal à laisser l’auditeur sur sa faim, c’est même plutôt bon signe s’il en redemande. Pour Fantasio, cette nouvelle ère commence avec Karen Elson et The Ghost Who Walks qui a le bon goût de ne pas pousser jusqu’à 45 minutes et d’éviter le titre de trop.

 

The Smiths - Meat Is Murder

The Smiths - Meat Is Murder

20, 30, 45, 50 ou même 60 minutes… Ciccio a envie de dire « peu importe la longueur ». Seule la qualité fera que 45 minutes passent affreusement vite, comme pour Meat Is Murder, fabuleux album des Smiths, ou alors qu’elles semblent durer plusieurs années, comme la première mi-temps de France – X (remplacer X par n’importe quelle équipe qu’a affrontée l’équipe de France de football lors de ces quatre dernières années).
Ciccio remarque cependant que les albums pop-rock qu’il a préféré ces derniers mois (Zeus, Miniature Tigers, Two Door Cinema Club, Morning Benders, Harlem Shakes) tournent TOUS en dessous de 40 minutes, voire même de 30 minutes.
La théorie du Yéti serait-elle vraie ? Ciccio n’ose y penser.

 

 

Le Sous-Marin Jaune et la notion de Déclin

14 juin 2010

 

Périscope #23

Voilà, la Coupe du Monde a débuté et le Yéti a été frappé par le titre d’un journal parlant de l’équipe de France : « Le Début de la Fin ? ». Il faut dire qu’après ce premier match nul peu engageant face aux Uruguayens, on est en droit de le penser.

 

Le début de la fin… voilà une expression que le Yéti a souvent ressenti en écoutant un album d’un de ses groupes chéris. Un album qu’il a trouvé bien faible par rapport aux précédents, révélant des tics qu’il n’aimait pas et qui lui ont fait craindre (à raison) le pire. En a-t-il été de même pour Ciccio et Fantasio ? Sur quels albums, pour quels groupes, et l’avenir leur a-t-il donné raison ?
Allez, hop, convocation immédiate dans la cuisine du Sous-Marin Jaune : le Yéti sort les cacahuètes et les bières, et attend ces deux compères.

 

 

En pensant au début de la fin, le Yéti pensait très fort à l’un de ses groupes chéris de tous les temps, devenus depuis presque insipide et sans saveur : Belle & Sebastian. Dieu sait que Le Yéti a aimé ce groupe, surtout If you’re feeling sinister et The Boy with The Arab Strap. Quels albums ! Et les singles, ils les avaient tous, car Stuart Murdoch vous sortait des chansons incroyables sur des ep à l’ancienne : Legal Man, Just a Modern Rock Song… pfff, la grande classe.
Fold Your Hand était toujours aussi bon, et puis est arrivé Storytelling. Un drôle d’album, soit disant la BO d’un film. Et là, pour la première fois, le Yéti a été un peu déçu. Il sentait que le groupe tournait en rond, allait voir ailleurs mais pas dans la direction que le Yéti aimait. Le début de la fin. D’ailleurs, les concerts étaient moins bons, plus pros (le Yéti se souvient avec tendresse de la trouille du groupe la première fois à Paris).
Aujourd’hui, le Yéti n’a pas acheté les deux derniers albums de B&S, produits par l’horrible Trevor Horn. Il les a vaguement écoutés et flanqués aux oubliettes. Même les sessions BBC n’ont pas réussi à ranimer la flamme. Le Yéti reste avec The Fox In the Snow. Parce qu’il a toujours aimé les renards.

 

 

Le début de la Fin de Belle & Sebastian: Storytelling

Le début de la Fin de Belle & Sebastian: Storytelling

Le début de la fin ? Mouais… Ciccio n’a jamais vraiment ressenti cette impression. Certes, certains albums sont moins bons que d’autres, mais il arrive souvent que, soit directement après, soit quelques années plus tard, l’artiste en question retrouve son inspiration. C’est arrivé à Neil Hannon, de The Divine Comedy, avec Regeneration et Absent Friends après Fin De Siècle, ou encore à Hawksley Workman avec Treeful Of Starling après Lover Fighter.
Et puis surtout, SURTOUT, Ciccio ne peut pas laisser le Yéti dire des âneries grosses comme lui à propos de renards. Fox In The Snow est la plus mauvaise chanson de If You’re Feeling Sinister, voire de Belle & Sebastian, voire de l’Ecosse, de l’Europe, du monde, de l’univers et de la galaxie. Ce qui nous ramène à la question de départ, et qui découle sur une autre : cette fin évoquée est peut-être le début pour un autre auditeur, un auditeur qui aurait le bon sens de trouver que Dear Catastrophe Waitress est un très bon album.

 

Le début de la fin pour Divine Comedy: Fin de Siècle ?

Le début de la fin pour Divine Comedy: Fin de Siècle ?

Quant à Fantasio, il sait bien qu’un artiste mis sur un pied d’estale en retombe souvent très vite. La faute au Syndrome du 2ème album : aussi bon soit-il, il ne suscitera jamais autant d’intérêt que le premier, si bien qu’il vaut presque mieux passer inaperçu avec son 1er album. Si Fantasio prend le sujet de la semaine à rebrousse-yéti, c’est surtout pour rendre hommage au meilleur 2ème album de tous les temps, In it for the money de Supergrass.

 

A sa sortie, certains le virent déjà comme le début de la fin : affirmation incroyable pour qui a jamais pris la peine de plonger dans ce disque. Fantasio repense aussi au troisième album des Cardigans, successeur du fantastique Life/Emmerdale. C’était le début de la fin de la légèreté pour Nina Persson et ses blondinets poupins.

 

Rétrospectivement, comment s’imaginer que les Suédois sauraient reproduire indéfiniment la même magie ? Mais toutes les bonnes choses ont une fin, non (ce n’est pas feu Supergrass qui le contredira) ?

 

Le Sous-Marin Jaune prend la Porte

7 juin 2010

 

Périscope #22

Cette semaine, le Sous-Marin jaune fait escale dans un joli port industriel, et comme à l’accoutumé, les 3 valeureux matelots se précipitent dehors pour dégourdir leurs jolies gambettes et désaltérer leurs gosiers. Juste avant de rentrer dans leur taverne préférée, ils restent interdits devant une affiche de film sur… les Doors.

 

Tiens, encore un film sur ce groupe après le biopic d’Oliver Stone… Le Yéti commence à grogner: mauvais signe, il a les poils hirsutes. Ces comparses le regardent, et commencent à prendre peur.

 

 

Ce qui a exaspéré le Yéti en voyant cette affiche pour ce nouveau documentaire, c’est le sujet : ENCORE les Doors.
Pour le Yéti, les Doors, c’est le groupe qu’on écoute quand on a 16 ans pour faire cool et rebelle en buvant une bière et en fumant un joint au cimetière du Père Lachaise, car « Mec, c’était un poète maudit, Jim Morrisson ».
Et de se dire qu’une nouvelle génération de teenagers boutonneux va à nouveau tomber dans le panneau et écouter l’interminable The End pendant des plombes parce que certains magazines branchés aiment perpétuer tous ces clichés autour des Doors, ça met le Yéti en rogne.
« Merde les enfants, Arthur Lee de Love était mille fois plus rebelle et attachant que Jimbo ! Et pour le côté poète maudit , autant voir chez les Anglais (Martin Newell ou Andy Partridge de XTC), ça aurait de la gueule un documentaire sur ces deux génies ! ».
Mais le Yéti se sent un peu comme Don Quichotte sur cette bataille, et il craint même de voir arriver prochainement de nouveaux biopics sur Jimi Hendrix ou Ian Curtis, devenus malgré eux des icônes parfaites pour un marketing mode et tendance.

 

Encore un film sur Les Doors

Encore un film sur Les Doors

Fantasio a l’habitude des chausse-trappe que peuvent réserver les conversations à bâtons rompus avec le Yéti. Il n’est pas rare, d’ailleurs que celles-ci se terminent en pugilat. Parfois même, Fantasio s’imagine que le Yéti en rajoute, et il se trompe la plupart du temps, comme lorsqu’il surestime la mythologie des Doors. Le Yéti, comme les groupes qui ne meurent jamais, ne change pas son fond de commerce. Alors Fantasio essaie d’expliquer à son ami velu le plus important et le plus mystérieux : ce sont bien les chansons (No Milk Today ayant traversé les décennies, ce qui n’est pas vraiment le cas d’Herman’s Hermit, l’air de The Letter est plus connu que le nom des Box Tops) qui sont immortelles. Toutefois, l’interrogation du Yéti est légitime de la part d’une vieille branche ayant bien connu le siècle dernier, et qui voit les nouvelles générations le pousser vers la porte de sortie. Fantasio ne peut que lui répondre qu’on a les idoles que l’on mérite et qu’il devrait user de son expérience et de sa sagesse (hum) pour transmettre son admiration pour les Beach Boys et Belle & Sebastian aux moins de trente ans.

 

Jim Morrisson, un poète pouet pouet (comme dirait Katerine)

Jim Morrisson, un poète pouet pouet (comme dirait Katerine)

Quand on est à trois dans un endroit aussi étroit et étanche qu’un sous-marin (et nous ne mentionnerons pas ici l’ignoble odeur dégagée par les poils du Yéti), il est important de bien choisir son camp, de bien faire des alliances, pour être toujours du bon côté.
Aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, Ciccio a choisi le camp de Fantasio.
En effet, il ne comprend pas non plus l’obsession maladive sur les Doors. Certes, Ciccio n’a jamais vraiment goûté la musique ni les mots de Jim le maudit, mais sans plus. Et surtout, hormis le film (mauvais, mais est-ce utile de le préciser quand on connaît le réalisateur ?) de Stone et le documentaire de Di Cillo (que Ciccio aime beaucoup, par contre), il peine à trouver d’autres références cinématographiques sur le groupe de Los Angeles. Deux films en quarante ans, on fait pire comme acharnement, non ?
Ciccio se demande si il y aura un jour un biopic sur le héros musical de sa jeunesse, Robert Smith

 

 

Le Sous-Marin Jaune a deux balles de break dans le troisième jeu

31 mai 2010

 

Périscope #21

Cette semaine, il ne vous aura pas échappé qu’on ne va parler que d’une chose : de Tennis !!
En attendant le foutchebowl et autre Tour de France, on va nous seriner que Nadal est de retour, que Federer est immortel et que Yannick Noah reste le dernier français à avoir gagné le tournoi. Le règne de la petite balle jaune va reprendre.

 

Dans le cerveau malade du Yéti, une idée farfelue a germé. Il a remarqué que les critiques rock adoraient les poncifs sportifs et allusions au tennis ou football pour parler de certains albums. Combien de fois a-t-il lu des chroniques parlant de grands ponts mélodiques ou de services volées pour parler d’un refrain? Alors pour faire comme les copains, le Yéti demande à ses comparses de chroniquer un album avec moultes métaphores sportives, pleins d’images grotesques et, espérons-le, marrantes. Le lecteur dira ensuite qui a enfilé le plus de clichés et se verra remettre un grand prix Lionel Chamoulaud.

 

 

Pour le Yéti, il existe un groupe formidablement sportif, qu’il qualifiera de Santoro de la Pop Indé ou pour les plus anciens de Wilander de l’indie-pop (mais si Mats Wilander, le gars qui renvoyait tout dans les années 80, un crocodile de la terre battue, qui jouait tout le temps pareil) : ce sont les Sigur Rós.
Cela fait maintenant 15 ans qu’ils sortent le même album, sans réelles surprises, et quand le Yéti a appris que son leader Jónsi allait sortir un album solo, il s’est demandé si une nouvelle fois on allait avoir droit à un match de 5h tout en travail de fond de court, avec de gros lifts interminables.
Et bien oui, il faut bien le reconnaître, sur Go, on ne voit pas trop de différences avec un album classique de Sigur Rós : même chansons interminables où les musiciens déploient sur la longueur un bout de mélodie rachitique en tentant vaguement quelques accélérations. Sur Animal Arithmetic, on sent bien que Jónsi veut breaker en montant à la volée et en tentant d’emballer le set. C’est peine perdue, il s’enlise au filet, se fait lober par ses boites à rythme, est obligé de se replier vers sa ligne de fond de cour et du coup, sur Tornado, il se remet à lifter comme un gros sagouin.
Le problème avec ce genre d’album est le même que pour un match Ferrer-Del Potro : on s’endort rapidement. Vivement Wimbledon.

 

Hey Hey My My, les Richard Gasquet de la Pop Française.

Hey Hey My My, les Richard Gasquet de la Pop Française.

Cette année les chances des bleus à Roland Garros sont faibles. Fantasio n’est pas du genre à faire du misérabilisme sportif, mais c’est une fois de plus la vérité. Paul-Henri Mathieu le Mika neurasthénique des courts a encore perdu. Et ce n’est pas la lecture des commentaires des perdants Gaël Monfils, le joueur qui « prend du plaisir » quand il joue comme un pied, ou du futur perdant Tsonga (le joueur qui prend « un énorme plaisir » et qui prétend jouer pour aller jusqu’au bout, n’ayant pas peur de se faire laminer par un Federer ou un Nadal) qui y changera quelque chose. Cette posture de showman extraverti, très occupé à avoir l’air cool pour attirer les sponsors, c’est un peu l’opposé du style adopté par Hey Hey My My sur A Sudden Change of Mood. Ce disque là, il n’enchaîne pas les aces, il ne vous assomme pas avec un coup droit de brute. Son style est varié et l’air de rien, il maitrise tous les coups du tennis. Il revient trois ans après son premier album éponyme. Malheureusement, c’est un peu comme Richard Gasquet : du talent, une bonne vision du jeu, mais un physique de collégien insignifiant qui lui barre la route des plus grands exploits. Alors oui, on aimerait bien de temps en temps que Hey Hey My My muscle son jeu, prenne des stéroïdes. Et puis Fantasio repense à Belle & Julian et Easy. Finalement le tennis c’est comme la musique c’est mieux sans gonflette.

 

Housse de Racket, fan de Tennis.

Housse de Racket, fan de Tennis.

Quant à Ciccio, le tennis, il ne sait plus bien à quelle époque il a arrêté définitivement de regarder, mais il sait pourquoi : c’est devenu un sport de bourrins.
Par contre, quand on pense tennis et musique, difficile pour Ciccio de ne pas parler de Housse De Racket. En effet, ce groupe a fait exactement l’inverse de ce que propose le vieux Yéti : plutôt que d’utiliser des métaphores sportives pour parler de musique, ils ont intégré le sport dans le concept même de leur nom de groupe, pour démarrer, mais également dans le concept de leur album Forty Love, certes inégal.
Ciccio avait par contre eu la chance d’écouter leur excellent premier mini album, jamais sorti, dont quelques notes sont restées dans Forty Love, et qui était un véritable album concept, digne de Tommy : des personnages, une histoire, une homogénéité musicale et surtout, surtout, un morceau qui s’ouvre sur des commentaires de Jean-Paul Loth et Michel Drey !

 

A l’heure où paraissent ces lignes, Tsonga vient d’abandonner, comme l’avait prédit Fantasio. La routine habituelle quoi.

 

 

Le Sous-Marin Jaune et Divine Comedy

24 mai 2010

 

Périscope #20

Cette semaine, le Sous-Marin Jaune s’interroge sur le cas Divine Comedy. Au moment où sort son nouvel album, où Neil Hannon fait plutôt profil bas après avoir été flamboyant et même arrogant (notamment à l’époque de Fin de Siècle), Le Yéti voudrait connaître les liens tissés entre le groupe et les matelots du Sous-Marin Jaune.
Quels souvenirs avons nous du groupe ? Sommes nous en droit d’attendre encore de belles choses du grand Neil ? Que penser de son concert à Paris salle Pleyel en juillet ? Divine Comedy rime-t ‘il avec Poireau Vinaigrette ?

 

 

Le Yéti ne sait toujours pas si Divine Comedy rime avec Poireau Vinaigrette (le Yéti est nul en poésie), mais il sait que le groupe a toujours rimé avec mélodies et orchestrations d’une beauté infinie (rime riche. Si, si). Le Yéti se souvient avoir aimé Promenade il y a longtemps et avoir usé cet album jusqu’à la corde tant les chansons de Neil virevoltaient, bouillonnaient, cavalaient. Car c’est ça, la marque de fabrique du grand Neil Hannon: des chansons orchestrées qui donnent le tournis, à chanter à tue-tête sur des routes de campagne, un sourire radieux scotché sur notre figure.
Mais attention, Divine Comedy, c’est aussi des torch songs à vous flanquer la chaire de poule, à faire chialer Mike Tyson, comme tout au long de Absent Friends, tranquille le meilleur album de Divine Comedy. Alors aujourd’hui, le Yéti n’hésite pas à beugler que Neil Hannon est intouchable, que son nouvel album, même s’il est à moitié réussi comme son prédécesseur, est sûrement un bon disque et qu’il est tout fier d’avoir une place pour Pleyel pour voir Neil Hannon chanter avec Alela Diane le 8 juillet, à Paris.

 

Le nouveau Divine Comedy: Bang goes the Knighthood

Le nouveau Divine Comedy: Bang goes the Knighthood

Demander à Fantasio s’il faut encore attendre quelque chose de l’auteur de Casanova et Liberation, c’est quand même assez culotté. Malgré sa nature relativement patiente et son pragmatisme qui n’en font pas le matelot le plus sanguin du Sous-Marin Jaune, Fantasio s’est demandé s’il n’allait pas foutre le Yéti par dessus bord. Et puis, très vite deux choses sont arrivées : il a ré-écouté Promenade (pas une ride, forcément) et s’est juré de remettre le couvert avec Regeneration et Absent Friends sans trop tarder.

 

Ensuite, il a noté dans son agenda la date de sortie du prochain album, et s’est tout de suite senti confiant dans les mois à venir. Un artiste qui se représente dans sa baignoire sur une pochette d’album, ça ne court pas les rues (on se souvient quand même forcément des Who et de Roger Daltrey sur la pochette de The Who Sell Out !). Définitivement, donc, l’existence de Divine Comedy malgré les années, est une source de joie à intensité variable (avec le recul, ce bon vieux National Express suffit à rendre Fin de Siècle tolérable). Est-il encore nécessaire de le rappeler ?

Cet homme est grand. Il s'appelle Neil Hannon.

Cet homme est grand. Il s'appelle Neil Hannon.

 

Quand Ciccio repense au fait que ce pourri de Yéti a consciemment attendu qu’il n’y ait plus de places à vendre Salle Pleyel pour parler du concert de The Divine Comedy, il écume de rage et a lui aussi envie de le foutre par dessus bord. Car Ciccio, comme ses deux comparses, vit lui aussi une histoire d’amour avec Neil, histoire commencée dès les premières notes de Europop, le très peu représentatif morceau de Libération, que Ciccio avait entendu sur une compil Inrocks, si ses souvenirs sont bons.

 

Autre souvenir marquant : Ciccio, après un concert à Londres en 1996, avait eu la chance de passer derrière la scène et de rester à la petite sauterie qui suivait. Le moins que l’on puisse dire, c’est que de voir Neil faire le coq devant des londoniennes de 12 ans et demi en rut ne lui avait pas donné une image très positive de son idole.

 

Heureusement, il reste à Ciccio un dernier souvenir marquant à partager avec ses co-matelots. C’est ce concert en acoustique, seul avec une guitare, une violoniste et un violoncelliste, dans une minuscule salle parisienne (New Morning ?), juste après la sortie de Libération. Aussi, pour conclure, Ciccio souhaite, une fois n’est pas coutume, se joindre au concert de louanges et autre tressage de lauriers initié par ses co-matelots : quel homme, tout de même, ce Neil !