La variété française au secours du Sous-Marin Jaune ?

31 janvier 2012
Périscope #89

Périscope #89

 

Résumé de l’épisode précédent : La nuit a été courte pour les 3 matelots. Et le réveil fut encore plus difficile pour certains.

 

8 heures 30. Salle de Commandement. Tout l’équipage du Sous-Marin Jaune est réuni. Les visages sont fatigués et marqués par les derniers évènements et par la nuit agitée. Ciccio, arrivé en dernier, s’est fait discret pour ne pas déclencher la colère du Commandant.

 

Un seul patron

Le Plongeur fait signe au Commandant pour lui indiquer que tout le monde est là.
- Commandant, tout le monde est bien là, on est au complet.
- Bonjour à tous. Comme vous le savez la situation est grave. Puisque tout l’équipage est présent, je vous propose de faire un point sur le Sous-Marin Jaune.

 

- Mécanicien, quelles sont les nouvelles ?
Les yeux exorbités et le visage encore tuméfié, le Mécanicien ne répond pas immédiatement.
- Le… Le Sous-Marin, n’est pas…. Nous avons été très.. heu.
- Un peu de précision, que diable ! s’impatiente le Commandant. Le Sous-Marin est-il en état de lever l’ancre ?

 

- Non. Enfin, je veux dire pas tout de suite. Le Sous-Marin a subi des dégâts très importants. Je…. je préconise de procéder à l’intégralité des réparations. Les moteurs fonctionnent au ralenti, et, pour ne rien vous cacher mon Commandant… nous prenons l’eau.
Un frisson traverse l’assistance et tout l’équipage se met à murmurer.

 

Born to die ?

- Tu te rends comptes…
- C’est beaucoup trop dangereux…
- Tu crois qu’on va s’en sortir…
- On va tous mourir !
- SILENCE ! hurle le Commandant qui a une sainte horreur de la dispersion et de l’inattention.
Furieux, il frappe deux coups sur la table, écrasant avec son poing la pochette de l’album de Lana Del Rey. Le visage du Cuisiner, grand fan de Lana, se décompose.

 

- Pas de panique, prenons les choses calmement. Tout d’abord, il nous faut trouver un endroit sûr et réconfortant pour effectuer les réparations. Radariste, qu’est-ce que tu en penses ? Le temps presse, il faut nous mettre à l’abri.
- Oui mon Commandant. Pas facile de trouver un endroit pour cacher un Sous-Marin Jaune.
- Pas facile mais pas impossible !

 

Le Radariste pousse un soupir d’agacement, qui heureusement n’a pas été entendu par le Commandant. Combien de fois a-t’il entendu le Commandant lui réclamer la lune ? Cette fois-ci l’équation est complexe et il n’a pas la moindre idée du refuge idéal pour procéder aux réparations.

 

Le péril bleu blanc rouge

- J’ai une idée ! s’exclame Fantasio. Les murmures s’arrêtent, les yeux se tournent vers Fantasio. Aussi rare que soit ce genre d’interventions, les matelots ont l’habitude de tendre l’oreille avec attention lorsque leur comparse prend la parole.
- Et bien, parle, tout le monde t’écoute, s’impatiente le Commandant.
- Je ne sais pas, c’est peut être ridicule. C’est peut-être nul comme idée, vous allez vous moquer de moi…

 

Alors que Ciccio enfonce deux doigts dans sa bouche pour siffler le comportement de Fantasio, le Yéti l’incite lui à s’exprimer sans plus attendre.
- Alors c’est quoi ton idée ? demande le Yéti
- C’est simple : demandons l’asile au Sous-Marin Bleu-Blanc-Rouge, au large des côtes bretonnes.
Plus on baignera dans la variété française, moins on risquera de se faire une nouvelle fois attaquer par ces gros lourds de Mick, Iggy et Jack.
Chacun réagit différemment à la proposition de Fantasio : le Yéti se tient les côtes. Ciccio pousse un cri de terreur tandis que l’équipage reste en majorité dubitatif.

 

Quelle est la réaction du radariste et du Commandant ?
Le Sous-Marin Bleu Blanc Rouge va-t-il s’allier au Sous-Marin Jaune ?

 

 

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Fantasio

Ewert et les dragons réveillent les matelots

23 janvier 2012
Périscope #88

Périscope #88

 

Résumé de l’épisode précédent : Après le festin du Commandant, les matelots ont passé une sale nuit. Pendant ce temps, Iggy, Mick et Jack fêtent leur coup d’éclat.

 

Les 3 matelots ont eu toutes les difficultés du monde à trouver le sommeil. C’est pourquoi, à 8 heures du matin, alors que l’équipage est déjà debout, Ciccio Fantasio et le Yéti dorment encore profondément.

 

Le soleil se lève

Le Plongeur craint pour les matelots et redoute la colère du Commandant. C’est pourquoi il décide de prendre les devants et de réveiller les matelots fatigués. Après avoir frappé à la porte de leurs cabines en vain, il jette l’éponge : impossible de les faire bouger.

 

Pour autant le Plongeur ne se décourage pas : il enfile son scaphandre et plonge, à la recherche d’une pépite qui pourra réveiller ses amis. Quelques minutes lui suffisent à repérer l’épave d’un pavillon Estonien. Il est tout de suite frappé par la figure de proue du bateau : 2 têtes de dragons féroces. Il frotte la coque de ce qui semble être un chalutier et le nom suivant apparait : EWERT.

 

Intrigué par cette découverte, le Plongeur ne se déconcentre pas et pénètre à l’intérieur de l’épave. Il en fait rapidement l’inspection et repère très vite un disque vinyle curieusement intact : (In The End) There’s Only Love.  Sûr de lui et de sa trouvaille, il quitte l’épave pour rejoindre le Sous-Marin Jaune.

 

Postcard From Estonia

Excité, le Plongeur remonte à bord du Sous-Marin et se débarrasse de sa combinaison au plus vite. Sans oublier sa pépite estonienne, il se précipite vers les cabines des matelots. Il choisit de frapper en premier à la porte de Fantasio : celui dont le sommeil est le moins léger des 3 matelots. L’effet est immédiat : dès le premier titre de l’album d’Ewert, Fantasio se lève, se met à sautiller et taper des pieds en entrainant le Plongeur vers la salle du petit déjeuner.
- Attends Fantasio, il faut réveiller le Yéti maintenant !

 

Alors que le Plongeur et Fantasio arrivent devant la cabine du Yéti, ils entendent un bruit de sirène. Pris de panique, ils enfoncent la porte. Ils se retrouvent nez à nez avec le Yéti, les yeux écarquillés, qui reprend les paroles de Wor, le second titre de l’album de Django Django.
-Bah les gars, vous avez eu peur ? Django Django c’est mon nouveau réveil-matin.

 

Tandis que les gimmicks obsédants de Waveforms retentissent, le Plongeur et Fantasio laissent le Yéti à sa bonne humeur retrouvée. Ils se dirigent maintenant vers la cabine du matelot barbu, qui n’a toujours pas donné signe de vie ce matin. Serait-il plus atteint que ses acolytes par les évènements récents ?

 

What The Yéti needs now

En arrivant devant la porte close de la cabine de Ciccio, les amis s’inquiètent. Ils entendent le ronflement grave de Ciccio. Le Plongeur regarde sa montre : 8h55. 5 minutes avant 9h et l’heure du rituel immuable du Commandant : son discours (qu’il appelle lui même son « starter ») en la présence obligatoire de TOUS les membres de l’équipage. Aucun matelot, aucun membre de l’équipage n’a osé ne pas y assister.

 

Fantasio agit dans l’urgence, conscient du danger. Il enfonce la porte, à l’aide du Plongeur. Toujours rien du côté de Ciccio, qui se retourne dans son sommeil. Ciccio n’ayant pas réagi au réveil de la pépite Ewert, Fantasio choisit alors la méthode forte : réveiller Ciccio avec un extrait de l’album de Liz Green. Quelques jours plus tôt, les 3 matelots s’étaient disputé à son sujet. Ciccio avait balayé d’une tirade les tentatives folk de l’Anglaise au look rétro. L’effet est instantané : Ciccio ouvre les yeux, pose les mains sur ses oreilles en se précipite sur sa chaîne Hi-Fi pour remplacer Liz Green par un bon vieux Bob Dylan. Le barbu retourne disparait de nouveau sous sa couette.

 

Ciccio va-t’il enfin se lever ? Quel sera le discours du Commandant ? La suite la semaine prochaine…

 

 

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Fantasio

Les insomnies du Sous-Marin Jaune

16 janvier 2012
Périscope #87

Périscope #87

 

Résumé de l’épisode précédent : Alors que le Commandant et tout son équipage s’apprêtaient à fêter la victoire, c’est la douche froide. Le Sous-Marin Rouge et Noir est toujours vivant.

 

Pour les matelots et l’équipage du Sous-Marin Jaune, les lendemains de festin sont terribles, pire que la gueule de bois. Chacun, à sa manière, est terriblement touché par l’échec de la contre-attaque de l’Artilleur.

 

Les lubies du Yéti


Le Yéti se cogne la tête contre les murs de sa cabine : comment a-t-il pu être aussi naïf ?
Comment imaginer une seule seconde que Iggy et ses acolytes disparaissent définitivement des écrans du radariste ? Le Poilu s’en veut : c’est par pêché d’orgueil qu’il a imaginé pouvoir se débarrasser aussi simplement du Sous-Marin le plus redoutable.

 

Après le festin du Commandant, il a rejoint rapidement sa cabine. Contrairement à ses habitudes, il a préféré ne pas s’éterniser auprès des matelots. Alors que minuit approche, il écoute pour la troisième fois consécutive l’album de Luke Haines.

 

Difficile de dire si la qualité de l’album, très aléatoire sinon insaisissable, y est pour quelque chose. Un autre jour, le Yéti se serait dit que le prodige de The Auteurs aurait mieux fait de rester chez lui. En tous cas, le Velu y trouve une sorte d’apaisement, un baume qui lui fait du bien. Iggy, Mick et Jack n’ont qu’à bien se tenir et le Yéti n’a pas dit son dernier mot.

 

Nuit magique


Au même moment, Ciccio est enfermé dans sa cabine. Il est immobile sur son lit couchette, encore abasourdi par le récent retournement de situation. Dans ces moments-là, Ciccio choisit la méditation pour échapper à la dépression et au repli sur soi.

 

Demain il sera temps de passer à l’action et défendre l’honneur du Sous-Marin Jaune. En attendant, Ciccio choisit de s’imposer une overdose de Leonard Cohen, et plus précisément de l’album Field Commander Cohen. Ciccio ferme les yeux et se laisse envahir par la musique et par le refrain extatique de Lover, Lover, Lover.

 

A quelques mètres de là, Fantasio est seul dans sa cabine. Comme ses amis matelots, il a ressenti un besoin de solitude et de tranquillité totale. Pensant trouver le sommeil rapidement, Fantasio s’étonne à ressasser le message reçu par le Radariste et les événements récents. Rapidement, plutôt que de chercher le sommeil en vain, il enfile son casque et sélectionne un album sur son iPod : ce sera The Head and The Heart… du groupe de Seattle du même nom.

 

Sleepless at sea


Un seul titre suffit à provoquer l’inattendu : Cats And Dogs qui résume bien l’état d’esprit des matelots face au Sous-Marin Jaune, et Fantasio se met à sangloter de façon incontrolable. Ghosts retentit, et Fantasio se met à frissonner. Dans un état second mais encore très loin du sommeil, il se sent très proche d’un Yéti poilu à l’approche d’un concert de Coldplay.

 

Tandis que les 3 matelots sont incapables de trouver le sommeil, tandis que le Sous-Marin Jaune se remet de ses blessures, le Sous-Marin Rouge et Noir reste tapi dans l’ombre. A quelques miles de là, Iggy, Jack et Mick fêtent leur succès, et dansent au son des Black Keys. Evidemment.

 

La suite la semaine prochaine…

 

 

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Fantasio

Le festin du Commandant

9 janvier 2012
Périscope #86

Périscope #86

 

Résumé de l’épisode précédent : Après la riposte déclenchée par l’Artilleur, le Sous-Marin Rouge et Noir a disparu des radars. Pour combien de temps ?

 

Le commandant décide d’organiser un banquet exceptionnel pour fêter cette victoire.
- La victoire est belle. Il faut la fêter dignement.
- Oui Commandant, c’est magnifique Commandant, commente l’Artilleur, fébrile.

 

Victoire !


De bonne humeur, le Commandant s’apprête à quitter la Salle des Armes en donnant rendez-vous aux matelots.
- RDV ce soir dans le Grand Salon. Nous porterons un toast à nos futures batailles et à nos prochaines réussites.
- Bataille ? Réussite ? Ça veut dire qu’on part en guerre ?
- Silence Artilleur !
- Oui mon Commandant.
- J’ai dit SILENCE ! Je vous dévoilerai ma stratégie de conquête après le dîner. Patience.

 

Les visages des matelots sont pâles : la conquête ? Le sous-marin jaune deviendrait-il un pavillon de guerre ? Aussi inquiet que ses acolytes, Ciccio choisit de détourner l’attention :
- Commandant, voulez-vous que je demande au Cuisinier de préparer quelque chose de spécial pour le diner ?
- Excellente initiative, matelot. Mais je tiens à m’en occuper personnellement. Ciccio baisse les yeux une fois de plus.

 

Repas de fête


Sur ces paroles, le Commandant fait demi-tour, laissant les matelots et l’équipage méditer sur la situation et sur les paroles du Commandant.
Les matelots les plus gourmands fantasment déjà sur le menu du soir : une montagne de curry indien pour Ciccio. Quant au Yéti, il imagine le Cuisinier en train d’ébouillanter des dizaines de homards et de langoustes pour le festin.
De son côté Fantasio se tient l’estomac : il n’a pas retrouvé l’appétit et s’interroge, anxieux. Et si les 3 matelots ennemis refaisaient surface ?

 

La conversation revient immédiatement à l’évènement du jour.
Le radariste s’interroge sur la disparition du Sous-Marin Jaune et Noir.
- Je suis navré de casser l’ambiance, mais j’ai des doutes concernant l’efficacité de notre riposte.
Le sang du Yéti ne fait qu’un tour. Voyant l’air dépité de l’Artilleur, il se précipite pour apporter son optimisme légendaire.
- Qu’est-ce que tu racontes ? Ils ont disparu du radar ! Disparus. Brisés. Volatisés. On est débarassé de cette vermine. Bye bye Mick, Iggy et Jack !

 

Pas de panique


Au bout de 20 minutes, chacun regagne sa cabine, épuisé par les débats générant plus de doutes que de certitudes.
A 20 heures piles, le Commandant sonne le début du repas et fait un appel général.
Le Yéti arrive avant Ciccio et Fantasio. Le couvert est mis mais aucun plat n’est servi.
Le mécanicien fait son entrée sur une paire de béquilles. Le Yéti se lève pour le serrer dans ses bras. Son ami lui tend un bloc-notes avec l’inscription suivante :
SUIS APHONE DEPUIS L’ATTAQUE. PEUX PLUS PARLER.
Alors que les derniers membres de l’equipage prennent place, le Cuisinier fait son entrée, les bras chargés de… fish & chips.
Le Commandant, sûr de son petit effet, laisse éclater un rire qui semble interminable.

 

A l’autre bout de la table, le radariste se ronge les ongles. Son visage est passé du blanc au vert.
- Qu’est-ce qui t’arrive ? T’as pas touché à ton assiette ? Interroge le Yéti la bouche pleine.
Le radariste se lève et lit à voix haute le telex d’Iggy qu’il vient de recevoir.
MDR.
Bien essayé, mais tout va bien à bord du Sous-Marin Rouge et Noir.
A bientôt les amis !

 

La suite la semaine prochaine…

 

 

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Fantasio

BOOM : Les Strokes et les Black Keys font le ménage

3 janvier 2012
Périscope #85

Périscope #85

 

Résumé de l’épisode précédent : Alors que le Yéti est prêt à déclencher les représailles, le Commandant fait une entrée remarquée et glaciale dans la salle des Armes. Que va-t-il se passer ?

 

Le Commandant est là, le visage du Yéti devient exsangue, l’Artilleur fait un malaise, craignant pour sa vie et pour son poste.
Le compte à rebours est arrêté par l’ordinateur de bord « Identification incorrecte, mise à feu annulée »
Le rire du Commandant explose dans la salle des armes et glace le sang des matelots.
Il ouvre la bouche pour parler :
- Je n’ai qu’une question à vous poser. Qui selon vous est le BOSS à bord du Sous-Marin Jaune ?

 

Who's Your Boss ?

C’est l’une des grandes spécialités du Commandant : s’adresser à l’ensemble de l’équipage de la façon la plus péremptoire et glaçante possible, tel un tortionnaire de prisonniers de guerre de la Seconde Guerre Mondiale. Ce rituel immuable est la preuve de l’emprise du Commandant sur son navire. L’effet produit ne change pas l’ordre établi :

- C’est vous mon-mon Co-Commandant, répond en premier Ciccio, en bafouillant. Si le Commandant est craint par tous, aucun n’est plus terrifié que le matelot à barbe, à chaque apparition du Commandant.

- Vous, mon Commandant, répond l’Artilleur sans hésitation. D’ordinaire agressif et colérique, le spécialiste des attaques sous-marines ne bronche pas face au Commandant. Il est suivi de près par le Radariste.

 

Une poignée de secondes de silence plus tard, suffisante pour faire monter la colère du Commandant, Fantasio et le Yéti répondent avec empressement :

- Vous mon Commandant, Oui mon Commandant !

 

- Me voilà rassuré, chers matelots. Vous n’ignorez pas qu’il est absolument impossible et inconcevable d’envisager ou de déclencher toute action militaire, SANS MON ACCORD, quelle que soit la cible. J’espère que cela est bien clair pour tout le monde ici. Est-ce que c’est bien CLAIR ?

- Oui mon commandant ! répondent en chœur les matelots, le Radariste et L’Artilleur.

Un coup de Strokes

 

Un large sourire se dessine sur le Visage du Commandant. Son rituel est quasiment achevé, la victoire est totale et son autorité intacte. C’est dans ces instants-là qu’il mesure sa suprématie à Bord du Sous-Marin Jaune. Observer le Yéti devenir livide, regarder Ciccio lui obéir comme un bon toutou, sans que PERSONNE n’ose se dresser sur son chemin… le Commandant exulte, savoure sa position immuable.

 

Ce moment de domination, il le provoque avec un mélange de délectation et de crainte. Si les matelots savaient que c’est précisément dans ce moment que le Commandant se sent, au fond, le plus vulnérable, ils seraient probablement très étonnés. Mais l’instant est de courte durée et le Commandant n’a pas de temps à perdre à imaginer que ces misérables larves et ces matelots incapables parviennent un jour à fendre sa carapace blindée.

 

- Artilleur, êtes-vous prêt à suivre mes instructions ?

- Oui mon Commandant ?

- Bien. Comme j’en ai eu l’idée, nous allons procéder aux représailles et écraser ces misérables larves de Mick, Iggy et Jack.

- Oui mon Commandant. Je suis prêt à armer les missiles mon Commandant.

- Il faut agir vite. Il faut frapper fort. Nous allons contre-attaquer en deux temps. Pour commencer nous allons les neutraliser avec un premier missile bourré de Strokes. Un concentré du dernier album devrait suffire à ébranler cette saloperie de Sous-Marin Rouge et Noir. C’est bien compris ?

 

- Oui mon Commandant ! Missile Strokes : armé.

 

- Cette première salve n’est qu’un avant goût plutôt soft par rapport à ce qu’on va leur balancer dans la gueule. 30 secondes après, on démolit le Sous-Marin Rouge et Noir avec un missile rempli de Black Keys. C’est clairement notre arme fatale et il ne faut pas hésiter à l’employer sur ces crétins  qui ne s’attendent certainement pas à se manger un énorme Lonely Boy dans la tronche. Il est grand temps de se débarrasser de cette misérable vermine qui pollue les océans.

 

Toujours les mêmes

Le Commandant déroule ses instructions, sous les yeux médusés des matelots. Ils sont à la fois terrifiés par l’homme et choqués par l’attitude méprisante dont il s’est fait une spécialité. Tous baissent les yeux et personne n’ose évoquer la préférence des matelots pour Little Black Submarines qui ferait un choix mille fois plus explosif et efficace.

 

- Missile El Camino, armé.
Le sourire du Commandant s’élargit encore plus et son regard vient fixer chacun des matelots puis les membres de l’équipage. Sans jamais cligner des yeux, il réaffirme son autorité et conforte son emprise.

 

- Artilleur, paré à déclencher l’opération Machu Picchu ?

- Prêt, à votre Commandement, répond l’Artilleur en appuyant sur une touche de son tableau de bord.

 

Au même moment le Commandant pose son index sur le dispositif de reconnaissance d’empreintes digitales.
CLIC

- FEUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU

Le Commandant hurle à pleins poumons, si fort que les matelots se demandent s’ils ont entendu le Boss leur vriller les tympans, ou s’il s’agit du bruit provoqué par le départ du premier missile. Le Radariste s’empresse de regarder son écran.

 

- Je ne vois rien. Il n’y a plus trace du Sous-Marin Jaune et Noir. Disparu.

Le cri du Commandant ne se fait pas attendre :

VICTOOOOOOOOOOOOOOOOOOOIRE !

 

Le Sous-Marin Jaune et Noir a-t-il été désintégré ? Le Sous-Marin Jaune et Noir pourra-t-il lever l’ancre ?

 

La suite la semaine prochaine…

 

 

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Fantasio