Il ne faut pas… chanter dans sa langue natale quand elle est toute moisie
16 novembre 2011
« Þetta er skilaboð úr yfirmaður » commence-t-il, en hésitant et butant sur chaque syllabe. Puis ils se tait.
C’est le silence absolu dans le vaisseau. Personne ne comprend ce qui vient d’être dit et, compte tenu du fait que personne n’ose jamais remettre en cause les paroles du Commandant, on sent passer dans tout l’équipage un frémissement, la sensation que ce qui va se passer ne va pas être agréable, et pourrait changer le cours des choses pour toujours. Mais finalement, c’est une toute autre tournure que prennent les événements.
Le Commandant éclate de rire : un rire long et sonore, qui n’en finit pas et qui, s’il ne revêtait un côté glaçant (les plus âgés repensent au rire clôturant la chanson Thriller de Michael Jackson), pourrait être contagieux. Le Yéti lui-même, au bout de 40 bonnes secondes, commence à sourire. Il est arrêté net par le regard glacial de Fantasio. Au bout de trois minutes qui ont paru une éternité, le Commandant retrouve son souffle et reprend.
- Voilà, vous avez compris ? Non, vous n’avez rien compris, et c’est bien ça le problème. Quand on a une langue de merde, comme en Islande, on s’abstient de gonfler le reste du monde avec. Vous comprenez à présent pourquoi nous nous dirigeons vers Reijkjavik. J’ai pour objectif de faire passer un message à ces tordus, qui sont par ailleurs de bons musiciens. J’espère, que dis-je, je suis sûr que je peux compter sur vote entière collaboration, n’est-ce pas ? Fin de communication.
Comme à l’accoutumée, personne ne fait le moindre geste, attendant la vidéo ou la chanson du Commandant. Il a choisi évidemment une artiste islandaise, qui chante évidemment en anglais. Ca donne ça :
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Une fois la chanson terminée, les trois matelots se regardent. Ciccio a les yeux fermés et il fredonne encore le dernier couplet. Puis il ouvre les yeux, comme s’il venait de se réveiller, et se dirige vers sa cabine, comme si rien ne venait de se passer. Et la vie reprend un cours normal. Jusqu’à la prochaine intervention du Commandant…
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Ciccio





