Il est comment le dernier Arcade Fire ?

2 septembre 2010

Arcade Fire - The Suburbs

Touché coulé

C’est comment, Arcade Fire ?
Lorsque je me suis vu poser cette question il y a quelques jours par ma compagne, qui fait partie du commun des mortels, j’eus la confirmation du statut actuel du groupe canadien. Bien qu’ultra-populaire auprès d’une certaine frange de la population mondiale – à la hache, celle qui a entre 25 et 35 ans et qui s’intéresse de près ou de loin à la musique pop rock – et qui souhaite s’éloigner un tant soit peu du concept de musique mainstream, Arcade Fire n’est pas aussi connu que Radiohead ou U2. Pas aussi connu, mais suffisamment populaire pour être plus proche du mainstream que de l’underground.

 

A la lecture d’un entretien du groupe dans Télérama, j’obtins un début d’explication. Si Arcade Fire parvient à rester dans l’ombre, toutes proportions gardées, c’est qu’il le veut bien. Le groupe est le même depuis ses débuts, rien n’a changé, c’est tout juste si Regine et Win se sont cotisés pour acquérir une église, qui leur sert désormais de studio d’enregistrement.

 

Arcade Fire - The Suburbs

The Suburbs

Pour certains, c’est probablement ce qui rend le groupe précieux : il reste un « secret bien gardé » malgré sa popularité qui en fait un poids-lourd de la musique dite indépendante. Bon, un secret bien gardé qui caracole en tête des ventes, ça change un peu la donne.
Mais revenons à la question originelle :
C’est comment Arcade Fire ?
Je répondis à la question par une liste de mots-clés :
fanfare, énergie, exaltation, religion, fièvre…
J’illustrais mes propos par des images du groupe sur scène.

 

Malgré mon mauvais esprit et mon opinion de départ peu favorable, qui consiste à penser que le groupe est une caricature de groupe indie inspiré (une flamme adolescente qui n’en finit plus de se consumer), je l’ai laissée se faire une opinion toute seule sur ce rassemblement de témoins de Jéhovah habités. Opinion vite faite, à la simple apparition des instruments comme l’accordéon et le violon – détails rédhibitoires pour certaines personnes sensibles, sans parler du projet immobilier cocasse (achat de Petite Eglise au Québec).
Mais revenons à la question que se posent tous ceux qui connaissent la fanfare canadienne et n’ont pas entendu le troisième album du groupe.

 

Il est comment le dernier Arcade Fire ?

 

La pochette alternative de The Suburbs

La pochette alternative de The Suburbs


Et bien, c’est tout simplement le premier album du groupe qui semble léché, fini, qui n’a pas l’air d’avoir été enregistré comme-si-la-vie-des-musiciens-du-groupe-en-dépendait (les esprits chagrins se fendraient d’un à la va-comme-je-te-pousse). Le petit prodige, c’est d’avoir accompli cette évolution avec suffisamment de finesse, pour que l’album ne sonne pas comme celui de l’embourgeoisement pour ses fans, pas bling-bling pour un sou.

 

Et moi, qui aie toujours résisté aux disques brûlants de Arcade Fire, toujours lassé par la morne énergie du groupe et les cris de Regine, jamais emballé par leurs coups d’éclat, j’observe ce glissement du troisième album, avec cette indéfectible indifférence : un groupe qui rejoue la même musique en boucle, c’est synonyme d’ennui.

 

En d’autres termes, le feu de bois des débuts s’est transformé en barbecue à gaz, mais les grillades ont toujours le même goût de cendres. Ce nouvel album, moins hirsute, moins dissonant, continue de creuser le sillon des exaltés de Montréal. Le hic, c’est qu’il manque toujours la chanson qui me donnerait envie de réécouter The Suburbs.
Le Yéti me contredirait certainement et je connais ses arguments : non, quand même, c’est fort comme groupe, c’est au-dessus du lot. Au sous-marin jaune de trembler et à moi de lui répondre : par dessus bord, les témoins de Jéhovah !

 

 

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Fantasio

The Divine Comedy – Solo Show – Salle Pleyel (Paris) – Jeudi 8 Juillet

15 juillet 2010

 

Neil Hannon à Pleyel

L'extincteur #3

Si j’idolâtre les disques de Divine Comedy, je restais nettement plus circonspect par rapport aux concerts de mon Irlandais préféré. En effet, ce que j’aime dans les chansons de Neil Hannon, ce sont leurs arrangements léchés et parfois un peu surannés, un peu comme si Ennio Morricone donnait rendez-vous à John Barry pour faire de la pop music. Or en live, il est souvent impossible à Neil de reproduire la féérie de ses mélodies et on a souvent droit à une version sur l’os de ses chansons. Je me souviens notamment d’un concert à la Cigale, après l’album Regeneration où j’avais passé mon temps à bailler devant la fadeur (un comble !) de l’interprétation. Dès lors, lorsque l’on m’a dit que Neil Hannon passait à la Salle Pleyel, haut lieu de la musique classique à Paris, j’étais enthousiaste, m’attendant à voir le bonhomme accompagné par moult cuivres et cordes.

 

« Caramba, encore raté ! » comme dirait Ramon dans l’Oreille Cassée. En effet, Pleyel accueille Neil au piano ou à la guitare, mais tout seul, en Solo Show.
En première partie, la divine Alela Diane jouera avec son père une heure de country folk de rêve. L’acoustique de la salle sied à merveille à la voix d’Alela, j’ai les poils qui se dressent sur mes bras à plusieurs reprises. Bon, ce ne sera pas le cas de tout le monde, mes partenaires de concert roupillant sec pendant cette première partie (Honte à vous. Que le grand Wacondah vous poursuive jusque dans vos nuits)…

 

Neil Hannon de Divine Comedy

Neil Hannon de Divine Comedy

Puis Neil arrive, se met au piano et entame d’entrée Our Mutual Friends. Et tout de suite je comprends que ce concert va être grand.
Ok, il y aura des pains, des oublis de texte, mais Neil a décidé de faire le show en jouant un peu de tous ces albums (mention spéciale à Geronimo, sublime titre de Promenade, à At The Indie Disco tiré de son dernier LP et surtout Don’t Look Down, proprement ahurissant).
Un peu cabotin, Neil n’a pas son pareil pour se mettre le public dans sa poche. Drôle, facétieux, Neil est un crooner-dandy moderne de génie, surtout lorsqu’il livre une reprise tubesque au piano du Time to Pretend de MGMT.

 

Tout au long de cet excellent concert, je n’aurai de cesse de me dire que chaque chanson tient formidablement la route en version épurée, à la guitare ou au piano, preuve de l’immense talent mélodique du bonhomme.
Le public réservera un triomphe à The Divine Comedy (3 rappels – 3 Standing Ovations – les garçons se roulant par terre de bonheur, les filles hurlant le prénom de Neil de façon quasi orgasmique…).

 

Et aujourd’hui, en ce petit matin tranquille de juillet, je vous ordonne d’aller écouter son dernier album BANG goes to the Knighthood, car c’est d’ores et déjà un classique de l’année 2010.

 

 

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Le Yéti

 

 

Je n’aime pas… les tubes de l’été

8 juillet 2010

Je n'aime pas les tubes de l'été

Torpille #9

Je n’aime pas les tubes de l’été. Tous les tubes de l’été en général et sans restriction, à travers le monde entier ? Là je m’avance un peu, car je n’ai aucune idée des ravages de ce phénomène, sur le continent asiatique par exemple. En 2010, on peut quand même supposer que, la mondialisation aidant, la terre entière aime le même film que le Yéti (Sex and the City 2), lit le même livre que le Yéti (le dernier Harlan Coben) et écoutait la même chanson en boucle (Poker Face de Lady Gaga) que le Yeti (notre financier hirsute a toujours un an de retard sur l’actualité musicale) sous les tropiques cet été.

 

Un petit coup d’œil aux tops du moment donne une idée des forces en présence cet été : Katie Perry (joli sosie de Zooey Deschanel, mais disque hideux loin de She & Him) cartonne aux Etats-Unis et au Royaume-uni. Shakira est aux sommets des tops allemands et autrichiens. Quelques mouvements de bassins pour, comme Ciccio et tous les germanophiles, oublier la désillusion de la Mannschaft en Afrique du Sud. Lady Gaga remet ça en France avec Téléphone.

Katie Perry est belle habillée

Katie Perry Deschanel

Côté album, c’est Eminem qui arrive en tête des meilleures ventes un
peu partout, mais pas en Europe ou la niaiserie de Katie Melua fait le
consensus.

 

Entre l’ex héros du hip-hop devenu adulte (?) et la
chanteuse transparente au nez retroussé, choisissez votre camp.
Mais où sont donc passés nos tubes de l’été météores, les Would I Lie
to You
de Charles & Eddy, More than Words des indispensables Extreme
et That’s just the way it is baby des Rembrandts ?
Partis avec nos souvenirs et les meilleures boums de fin d’année
scolaire organisées par le Yéti. Décrochés du mur de nos chambres d’adolescents, les posters des groupes éphémères.

 

Extreme - More Than Words

Extreme - More Than Words

Que dire du cru 2010 ? Il est encore un peu tôt pour faire le bilan et
savoir si Jessy Matador (beau nom de scène, c’est déjà ça) marquera la
petite histoires des tubes pourris de l’été.
Les ventes de disques étant ce qu’elles sont, on peut toutefois se demander si le concept même de tube de l’été n’est pas en danger de mort.
A moins que le dispositif Hadopi ne booste les chiffres de cet été et
sauve la création estivale. Il serait bien dommage de voir disparaître tout un pan de la culture française et international. Ou que le Yéti, sauveur international de la musique sous toutes ses formes, n’ait une idée de génie pour sauver le monde.

 

Avant de quitter ce blog pour partir en vacances, ou tout simplement
parce que vous avez autre chose à faire, donnez-nous le titre qui pour
vous est associé à jamais à l’expression tube de l’été.
Le cœur du yéti balance entre la Lambada et Soca Danse. Et vous ?

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Fantasio

Foals – Total Live Forever

24 juin 2010

Foals, c'est bien ou pas

Babord - Tribord #3

Après le coup de grisou des Bleus à la Coupe du Monde, c’est le clash à bord du Sous-Marin Jaune : Le Yéti et Ciccio ne sont pas d’accord à propos de l’album des Foals. Fantasio, une fois n’est pas coutume se pose en arbitre de leur violente confrontation.



Ciccio :
C’est un lieu commun : il est impossible d’avoir une première écoute objective. Il y a de nombreuses raisons à cela, et ce même lorsqu’il s’agit d’un groupe tout neuf, dont personne n’a jamais entendu parler. A la limite, la seule exception possible à cette règle serait d’écouter un album sans pouvoir voir la pochette, le nom du groupe, le nom de l’album, le nombre et le titre des morceaux. Et puis si possible avoir les yeux fermés.


Pour le nouvel album de Foals, le biais principal pour moi est le fait que je n’ai pas aimé le premier album, Antidotes. Bien sûr, je ne l’ai pas trouvé aussi insupportable que l’odeur du Yéti après son jogging dominical, mais je n’ai jamais réussi à rentrer dedans.


Foals - Total Live Forever

Foals - Total Live Forever

Je suis donc immédiatement méfié de Total Life Forever, d’autant que les gens qui m’en ont parlé m’ont dit qu’il était très décevant par rapport à son prédécesseur. Moins bien qu’un truc que je n’ai pas aimé ? Ouh là, ça fait peur…

Mais toute personne qui a fait (et a compris les grandes règles) des mathématiques après la sixième sait que – et – font +, et que donc plutôt que d’avoir peur, j’aurais du trouver cela encourageant.


Bref, oubliant mathématiques, logique, objectivité et avis d’amis, je me suis lancé dans l’écoute d’une traite, sans m’arrêter, et je n’ai pas été déçu. En quelques semaines, au gré de mes listes de lectures, j’ai écouté certains morceaux, comme notamment le fantastique Blue Blood, tout en montée progressive et tension sous-jacente, près de 10 fois.

The Cure - Faith

The Cure - Faith

L’ensemble de l’album est très homogène, et évoque pour moi l’album Faith, de The Cure, qu’on aurait accéléré et remixé, pour qu’il donne moins envie de se tirer une balle (ceci n’est pas une critique, Faith est un de mes albums préférés). Donc on a des morceaux qui pourraient presque passer en club (Miami, Total Life forever), mais dont le fond de l’air reste bien cold. L’excellent Spanish Sahara est également un bon exemple de cette fraiche tension, avec son introduction très (trop ?) calme, planante, et sa conclusion à fond les manettes.


Récemment, après deux ou trois écoutes toujours plus enthousiastes de cet album, je me suis dit qu’en fait j’avais rien compris au premier, et que je me devais de lui donner une seconde chance. N’ayant hélas pas réussi à l’écouter jusqu’au bout, je me dis que finalement, mon écoute de Total Life Forever était aussi objective que possible.



Le Yéti :
J’ai voulu aimer ce disque. De toutes mes forces. Car je sens bien que cet album est important, un peu comme The Xx l’an dernier. Alors, j’ai écouté cet album sans relâche, au casque chez moi, au bureau, en marchant, en courant. Mais à chaque fois, je lâche prise. Inexorablement. Lassé, fatigué par ces percussions rêches et ces rythmes syncopés. K.O. dès le 2ème round.

The XX

The XX

La presse a souvent été tenté de présenter ce disque comme un OK Computer bis. Mais à mes yeux, il manque à cet album un ingrédient essentiel pour se hisser au niveau du faramineux opus de la bande à Thom Yorke : les mélodies.

J’ai en effet souvent l’impression d’entendre sur ce disque une longue suite de climats, d’atmosphères. Bien sur, c’est chouette tout cela, mais ça manque de corps, de chair pour tenir en haleine jusqu’au bout et pour fixer mon attention.

Et puis autre souci pour moi, ce disque suinte la claustrophobie, une moiteur étouffante qui le rend difficile à écouter. Pourtant j’ai aimé des disques lourds et oppressants (de Joy Division au Third de Portishead), mais il n’y a ici aucune fascination à entendre les étranges mélopées de Yannis Phillipakis : juste l’impression d’entendre la même chanson avec ces sempiternelles percussions africaines dont les groupes à la mode aujourd’hui usent et abusent. Une vague posture arty qui me laisse froid et indifférent, et cela malgré quelques fulgurances et quelques chansons bien foutues.

Dommage, j’ai vraiment voulu aimer ce disque…


The Divine Comedy – Bang goes the knighthood

3 juin 2010

Le retour de Neil Hannon

L'exctincteur #2

Un nouvel album de Neil Hannon, c’est un peu comme la visite surprise d’un ami de longue date : ça ne se refuse pas , mais vous vous demandez toujours si vous aurez des choses à vous dire et à partager. Parfois on se surprend à passer une bonne soirée sur la base de vieux souvenirs éculés, de private jokes remontant aux années du lycée.
Avec Bang goes the knighthood, ça ne rate pas : de l’onomatopée du nom de l’album à la pochette potache du disque, on est pas mécontent de retrouver Divine Comedy, même si l’on sait qu’on a vieilli et que rien ne sera vraiment comme avant. S’il revient nous voir avec une coupe de champagne à la main, qui oserait lui fermer à porte au nez ? Je parie que le Yéti, malgré ses manières bourrues, n’hésiterait pas à le serrer entre ses pattes velues. En ce qui me concerne, je regrette simplement qu’il n’ose pas nous refaire l’intro de Tonight We Fly comme sur Party Fears Two.

 

Alors voilà : le très léger Bang succède au non moins light Victory for the Comic Muse – que, soit dit en passant j’avais apprécié à sa sortie, et qui tient toujours la route aujourd’hui (pas seulement pour A Lady Of a Certain Age).

Neil Hannon - Bang Goes The Knighthood

Une pochette remarquable

Down in The street below ne perd pas de temps et contient à peu près tout ce que Neil Hannon peut réussir : 5 minutes entre les sommets de Promenade et les montagnes russes de A Short Album About Love. Vient ensuite The Complete Banker : l’auditeur fan de la première heure mais dissipé, laisse son esprit vagabonder et se détacher de cet album presque trop familier.

 

Détachement irrémédiable ? Non, car malgré ses apparences de Promenade sauce Light et son ironie un peu lassante, il n’y a pas vraiment de quoi faire la fine bouche. A moins que mon indulgence pour la facilité de At The Indie Disco ne soit trop sentimentale ?

Les Inrocks et Divine Comedy

Neil du temps jadis

 

Alors bien sûr, si à l’écoute de Can You Stand Upon One Leg, vous vous dites que :
1. C’est comme The Perfect LoveSong en moins bien (si vous n’êtes pas la Vigie, c’est tout à votre honneur de se souvenir de ce titre),
2. Prendre un bain avec un chien, c’est dégueu,
3. Ce type est décidément insupportable,

 

Cela signifie certainement que vous n’aimez pas non plus qu’un même artiste soit capable d’alterner la grâce, la légèreté, et une certaine forme de neurasthénie dans la même heure.
Et vous avez probablement bien raison : comment voulez-vous faire confiance à un type qui a enregistré Promenade et Casanova dans la même décennie avant de se coiffer comme Kurt Cobain en 2001 ? Comment prendre au sérieux ce Bang goes the knigthood ? Il vaut mieux se contenter, comme moi, d’accepter sa coupe de champagne, en espérant secrètement que sur le prochain album, il y aura un titre de l’acabit de Our Mutual Friend… même si un petit Charmed Life suffirait amplement à mon bonheur.

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Fantasio

Je n’aime pas… les écouteurs intra-auriculaires

20 mai 2010

Je n'aime pas ça les casques qui bouchent les oreilles

Torpille #8

Après 5 mois d’existence, il était temps qu’un des matelots du Sous-Marin Jaune empoigne un sujet d’importance, susceptible de déclencher un élan d’émotion capable de faire exploser la réputation de l’étrange trio. Je me jette à l’eau donc, pour me faire l’écho des souffrances de milliers (de centaines de millions, que dis-je ?) de consommateurs de musique en difficulté avec le choix d’un casque audio.

 

Attention aux oreilles avec ce casque

Attention aux oreilles

Ceux qui, comme quoi, ont eu l’occasion d’expérimenter les casques intra-auriculaires le savent bien :
- ces objets sans forme qui colmatent nos oreilles sont des oreillettes, pas des casques
- écouter son iPod ou son lecteur MP3 avec ce type d’écouteur est une expérience mystique, pour le meilleur comme pour le pire, traumatisante en ce qui me concerne puisqu’elle me donne le sentiment d’avoir la tête sous l’eau (endroit qui n’est pas forcément celui que je préfère au monde)
- retirer des intras de ses oreilles, même lorsque l’on a une hygiène ORL parfaite, ce n’est pas franchement agréable.

 

Un bon vieux casque

Un bon vieux casque des familles


Alors si je vous dis que les intras pouah c’est le mal, vous me dites : ben c’est quoi la solution alors , il faut prendre quoi comme casque ?
Note à moi-même : ne plus poser de questions idiotes. Tout bien réfléchi , vous connaissez très certainement la réponse à cette question : il faut un vrai casque qui se voit à 30 mètres dans un couloir de métro. Pas des intras, pas non plus les écouteurs blancs de qualité médiocre fournis avec la marque de lecteur Mp3 la plus répandue.

 

Je me souviens de mon premier casque : un modèle jaune à arceau fourni avec mon walkman de la même couleur. Le casque était probablement de qualité moyenne (sans parler de celle de ma compil NRJ circa 1984), mais ce fut tout de même un choc et le début de longues écoutes nocturnes.

Stevie Wonder - Songs in the Key of Life

Merveille de mon enfance

Mon deuxième souvenir de casque, c’est un énorme casque Hi-Fi blanc deux fois plus gros que ma tête, que j’avais déniché dans un meuble beige laqué du salon familial. A cette époque, mon père n’écoutait jamais de musique, mais il avait tous l’équipement pour : la platine, l’ampli, les enceintes, tous ces éléments que de moins en moins de gens achètent.

 

Il avait aussi évidemment des disques, et je me suis toujours demandé s’il avait jamais écouté son exemplaire de Imagine de John Lennon, son exemplaire de Ummagumma des Pink Floyd le double album de Stevie Wonder Songs in The Key of Life et ses nombreux 33 tours de blues et de jazz.

 

Toujours est-il que c’est avec ce casque d’extra-terrestre que j’ai réalisé l’importance d’un putain de bon casque, quitte à ressembler à un pilote d’hélicoptère.

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Fantasio

Je n’aime pas les pogos

13 mai 2010

Je n'aime pas les pogos

Torpille #8

Ce n’est un secret pour personne, et si c’était un secret pour vous, nous pourrions affirmer que cela ne le sera plus dès lors que vous prendrez la peine de lire la fin de cette phrase en entier, je n’aime pas la musique qui fait mal aux oreilles. Dès que les mélodies sont un peu dissonantes, dès que les guitares sont un peu trop saturées, dès que le chanteur ou la chanteuse crie plus qu’il ou elle ne chante, dès que le batteur « laisse le feeling dans les loges » (comme le dit si bien Richard Chappoteaux), bref dès que c’est trop fort, je n’arrive plus à écouter.

 

Attention, loin de moi l’intention de dire que les musiques que je rejette pour ces raisons sont forcément nulles à chier (on peut penser un truc très très très fort dans sa tête, et pour autant jamais le dire – c’est soit de la diplomatie, soit de la trouille). J’ai même de très bons amis qui écoutent de la musique « qui tend », ou de la musique industrielle, voire même de la musique hardcore… Bon, j’ai aussi des amis qui disent que je suis sectaire, snob, et me traitent d’Ayatollah. Comme quoi, faudrait que je fasse gaffe aux gens avec qui je me lie d’amitié. Mais revenons à nos moutons.

 

Oh ! Une guitare moche !

Oh ! Une guitare moche !

La musique qui fait du bruit, surtout celle dont le bruit sort de guitares moches, s’accompagne d’un style bien particulier et de comportements, notamment lors de concerts, que j’ai bien du mal à comprendre d’une part, et à supporter d’autre part.

 

Le fameux pogo, pour ceux qui ne connaissent pas (j’en doute, mais bon, on sait jamais…), consiste à, lors d’un concert plutôt énergique, à tourner sur soi même en se projetant le plus violemment possible vers d’autres gens qui eux aussi tournent sur eux mêmes, et qui eux aussi se projettent sur vous. Je reconnais que raconté comme ça, ça peut paraître un peu bête. Mais il faut le voir, le vivre, et là vous verrez, ce n’est pas bête du tout, c’est en fait totalement crétin. Non seulement les mecs sont contents de participer, mais le top du top pour eux c’est de se faire mal, un peu comme cette série appelée Jackass, dont la simple évocation suffit à me donner envie de casser ma télé sur la tronche de la personne qui m’en parle.

 

Pour vous donner une idée plus précise sur les objectifs du pogo, voici un exemple de ce que l’on peut entendre le lendemain d’un concert (notez la transformation du substantif en verbe conjugué au passé composé, un vrai bonheur) : « Putain hier on a pogoté comme des malades au concert de Phakochera, je me suis pris une bonne béquille, du coup là je boite. Mais le mec plus tard, enfin je crois que c’était lui, ben je lui ai mis un bon coup de tête, et il est parti avec le nez en sang. Trop bien, quoi… » :

 

Arrivé ici, le lecteur (car oui, nous n’en avons qu’un) doit normalement tonner, éructer, bref se lever pour me dire : « Mais pourquoi diable nous parles-tu de ça ? Il te suffit de pas y aller, dans ces concerts, et l’affaire sera entendue ?! »

 

Oh ! Une autre guitare moche !

Oh ! Une autre guitare moche !

Hélas, cher lecteur, la vie n’est pas aussi simple. Car dès mes premiers concerts, il y a de cela presque 20 ans (The Cure, snif snif, quelle émotion…), et surtout dans les années 90 (ma grande période Britpop : Oasis, Pulp, etc…), j’ai été obligé de subir les assauts des pogos, dès lors que je me trouvais dans la fameuse fosse.

 

Force est d’avouer que j’en vois de moins en moins, d’une part parce que pogoter sur Richard Hawley (mon prochain concert), c’est quand même pas évident, mais j’ai également l’impression que cette pratique est en train de se raréfier. Mon concert suivant, le dernier de Supergrass, me permettra de valider cette intuition.

 

Cher lecteur, si tu as pris ta place pour Supergrass (et si tu ne l’as pas fait c’est trop tard), de grâce, ne pogote pas. Viens plutôt au fond de la salle me payer une bière.

 

 

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Ciccio

Je n’aime pas passer à côté d’un album qui plait à des gens intelligents

6 mai 2010

Je n'aime pas ça

Torpille #7

C’est génial, incroyable ce disque, tu vas adorer. Il faut absolument que tu l’écoutes ! Une, deux et puis trois et bientôt dix personnes. Vite, j’ai l’impression que le monde entier veut que j’écoute ce disque : Goldheart Assembly et ses Wolves and Thieves. Cool, me dis-je au début, un nouveau groupe à écouter ! Dans le cas du sextet londonien, le mini-buzz s’est limité à mon entourage immédiat, je n’ai pas eu le temps de me demander si ce disque bénéficiait d’un bouche à oreille positif sur Internet ou dans les médias traditionnels.

 

Mais peu importe finalement, je connais bien ce sentiment, et je le trouve inconfortable : l’impression de passer à côté d’un disque qui plait à « des gens intelligents », qui bénéficie en tout cas de la caution de pas mal de camarades bien placés.

Goldheart Assembly l'album

C'est à n'y rien comprendre

Pourtant, dans le cas du groupe Londonien de la semaine, faire un jogging ne me pose pas de problème de conscience, quelle que soit la musique d’entraînement. L’avantage avec ce dernier épiphénomène, c’est qu’il s’explique facilement. C’est simplement l’histoire qui se répète et les Fleet Foxes bis qui se heurtent au mur de mes oreilles.

 

Même titres exaltés (l’exaltation, ou du moins une certaine forme d’urgence ne me réussissent pas trop : j’imagine la transpiration perler sur les fronts mouillés des membres du groupes… et je m’ennuie devant tant d’énergie dépensée), même côté quasi religieux, même chant étiré, le tout dans une atmosphère certes a priori un poil plus sexy.

 

Ça ne passe pas chez Fantasio, donc, mais il n’y a pas de quoi en faire un pataquès, tout juste assez de grabuge pour faire tanguer le Sous-marin jaune, comme une torpille à blanc, mais pas de quoi faire sourciller Ciccio plus d’une minute. N’empêche, ça fait chier, un peu, et forcément je vais le réécouter ce disque. Et si j’avais des a prioris ? Et si le son du MP3 n’était pas bon ? Et si j’étais mal luné ce jour-là ? Et si je devenais un vieux con ? Et si mon casque audio avait un mauvais contact ?

 

Alex Turner, j'aime bien finalement

Alex Turner, j'aime bien


Non, c’est raté pour cette fois. Mais avec un peu de chance, dans quelques années, je retournerai ma veste et je referai le coup des Arctic Monkeys (j’avais rejeté le premier album, baillé en écoutant The Last Shadow Puppets, avant de craquer sur Humbug). Un matin, je me réveillerai du bon pied et je déciderai de donner une nouvelle chance au prochain album de Goldheart Assembly.

 

Ce jour-là, je me demanderai comment j’ai pu rester insensible à cette musique. Je me laisserai pousser la barbe, je ressemblerai à un Ryan Gosling exalté, et je mettrai des fleurs dans mes cheveux. Je trouverai la pochette du premier album magnifique et j’accrocherai un poster du groupe sur le mur de mon salon. En attendant, je retourne écouter les Morning Benders et les Besnard Lakes, histoire de me sentir moins différent des gens intelligents.

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Fantasio

J’aime bien le nouvel album de MGMT (finalement)

22 avril 2010

Finalement pour MGMT nouvelle version

Extincteur #1

Ben Goldwasser, l’une des têtes pensantes de MGMT, a dit la phrase suivante : « Nous ne sommes pas du tout concernés par la mode : ce que nous préférons, c’est découvrir de vieux groupes obscurs, sans être snobs pour autant ». Cette phrase bizarre et heurtée résume la situation de pas mal de groupes qui connaissent le succès.

 

En paraphrasant Monsieur MGMT, je dirais que le groupe a une conscience aiguë de son projet musical, ce qui lui permet de se marketer tout seul, en se positionnant « pas à la mode », et « pas snob ». Cette capacité à exister dans le « ni trop ni pas assez » est en adéquation complète avec les critères de notre temps, (ne lancez pas le Yéti sur le sujet, il partirait dans un délire anti-bobo dont il a le secret). Soyons bourgeois mais pas riche, sexy mais pas pute, soyons cool.

 

MGMT - Congratulations

Le retour de MGMT

MGMT s’évertue donc à être là au bon moment dans le bon temps, à paraître cool, excentrique sans être inquiétant, original mais pas bizarre, jeune mais pas complètement régressif, mûr sans avoir l’air adulte. N’ayez pas peur, il ne peut rien vous arriver de grave avec MGMT.

 

La preuve, on retrouve MGMT en musique de fond de dizaines de pubs, séries TV, et films.

 

Sauf que, tout bien réfléchi, et surtout tout bien écouté, puisque ce Congratulations repasse en boucle dans mon casque, cet album est très bon. Là où pour moi l’écoute du premier album était aussi pénible que le générique des Barbapapas, j’ai découvert un disque brillant, rempli de pépites : Song For Dean Tracy, Flash Delirium, Brian Eno, autant de titres qui fonctionnent à merveille, entre production diablement efficace, chant habité et paroles délirantes.

MGMT, l'art et la manière

MGMT x2

Sans atteindre le génie de Supergrass grande période (soyons sérieux quelques instants), le résultat, hautement psychédélique, tout en changement de rythme, est assez ahurissant et hautement addictif.

 

Pour un divertissement de masse, c’est une collection de chansons franchement plus enthousiasmante qu’un album des Flaming Lips.
Finalement, mon seul regret c’est de ne pas avoir réussi à faire débat au sein du Sous-marin jaune. Le Yéti (qui, bonne bête, aime tout le monde) adore, et Ciccio s’en tient à son adage habituel (qui ne dit mot est tiède). Et vous, qu’en pensez-vous ?
Fantasio est-il devenu superficiel ?
Faut-il brûler MGMT ?
Cet article est-il inutile ?

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Fantasio

Je n’aime pas Bono (sa vie, ses oeuvres, ses projets sur Facebook)

15 avril 2010

Bono nous emmerde

Torpille #6

Pas plus tard qu’hier, le chanteur irlandais, leader éternel de U2, né Paul David Hewson, investissait une partie de ses économies pour acquérir 1% de Facebook. Ce fait d’économie et d’actualité sans importance nous rappelle que le personnage existe encore en 2010. On pourrait penser qu’il est doté du don d’ubiquité, tant sa présence médiatique est constante et permanente, depuis… depuis quand exactement ?

 

Vous me direz, c’est facile de se moquer du leader de U2, ne serait-ce parce que son surnom, dans la langue française, permet d’hilarantes blagues entre amis (Monsieur et Madame Bono ont un fils qu’ils appellent Jean).

Bono, casse-toi pauvre con

Casse-toi Bono

Son look, fait de cuir, de poils, de cheveux gominés et surtout d’innombrables paires de lunettes, devrait faire rire, au moins autant que le bonnet noir de son acolyte The Edge. Mais dans le Sous-marin jaune, la tolérance est de mise (le Yéti, sa trogne et ses polos peuvent en témoigner), et nous avons l’habitude de ne pas nous attaquer au physique.

 

Pourtant, de génération en génération, le public est toujours là, prêt à se trémousser aux premières notes de Sunday Bloody Sunday. Il faut quand même se souvenir qu’avant de produire de la musique au kilomètre, le groupe se permettait de surprendre, ou en tout cas de décontenancer une partie de son public (l’album Zooropa, bel exemple d’album étrange et moche). Un groupe qui a donc connu plusieurs vies, qui a toujours joué sur les mêmes ingrédients, conservant la même formule, d’album en album, faisant parfois vaguement frémir la critique sans que l’on sache exactement pourquoi (How to dismantle an atomic bomb). Passons sur les engagements divers et variés de Bono, je ne les juge pas, je constate simplement qu’ils sont une façon géniale d’exister et d’occuper l’espace. Que reste-t’il de U2 aujourd’hui ? Quelques titres manifestement immortels (c’est beaucoup, et cela devrait suffire à Bono). Un dernier album parfaitement intitulé No line on the horizon.

 

The Edge, guitariste du groupe U2

The Edge, range tes guitares

Tout est dit dans le titre : U2 n’a pas besoin de savoir ni de se demander où il va. A force d’exister, d’imprimer les médias, année après année sans jamais tomber (loin de là) dans la désuétude, Bono et U2 sont toujours là, à monopoliser les scènes, les radios, les discussions sur le web.
Le problème est donc le suivant : U2 = Bono = une marque omniprésente, complètement fondue dans la logique de la culture de masse… nous sommes donc très loin de la conception de la musique en vigueur à bord du Sous-marin jaune.

 

Conseil d’amis : ne soyez pas indulgent avec ces vieilles badernes de U2. Si vous êtes sentimental, faites-vous une playlist de leurs greatest hits, et fermez les yeux dès que le visage de Bono apparait sur une pochette de disque, dans une émission de télévision (attention, coupez le son) ou dans un article de presse. Bono n’existe pas, ce n’est qu’un concept, une image reproductible à l’infini.

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Fantasio