Deerhunter, où l’on comprend pourquoi et comment on aime un disque

Deerhunter Alcyon Digest

L'exctincteur #3

Une comparaison à un groupe mythique comme les Beach Boys ou les Zombies, le portrait d’un leader charismatique : voilà ce qu’il fallait pour me donner envie d’acheter un album, il y a dix ans. En bref, la prescription détaillée et argumentée d’une haute autorité musicale.
Aujourd’hui et depuis quelques années déjà, tout cela a bien changé. Quand on a accès en quelques secondes à toute la musique de la terre, pourquoi se fier à autre chose que son oreille ?

 

Pour découvrir Deerhunter, je n’ai donc pas lu de chronique, je n’ai pas été influencé par un bloggeur ou un ami. En tout cas, je ne savais rien ou presque du groupe avant d’écouter et d’apprécier cet album étonnant.

 

Deerhunter - Halcyon Digest

Deerhunter - Halcyon Digest

Le peu que je connaissais du groupe n’avait d’ailleurs a priori pas grand chose pour me faire sauter au plafond : un nom rustique parfait pour Pitchfork, une pochette pas loin du pénible Antony and the Johnsons, et un nom d’album qui ne m’évoque rien de particulier. Et pourtant….

 

Le cas de l’album me rappelle un peu le disque de Tame Impala, écouté une première fois distraitement avant d’être adoré. Conclusion : mais qu’est-ce qui fait que Fantasio aime ou pas un album ?
Il y a bien un point commun entre Deerhunter et Tame Impala : ils sont adulés par mon ami le Muffin Man.

 

Mais que s’est-il passé dès la première écoute de Halcyon Digest ? Si la chasse est ouverte (oui je l’ai faite !) dès le titre d’introduction (je l’ai déjà dit mais j’adore les albums qui commencent lentement), ce sont les titres Don’t cry et Revival qui sont pour moi décisifs. Mélodies évidentes, guitares tranchantes, voix légèrement en retrait : les ingrédients sont là. J’ai pensé à l’album de Little Joy pour la nonchalance de l’ensemble (comme comparaison, c’est quand même moins générique que Neil Young non ?).

Little Joy

Little Joy


Le paradoxe de tout cela, c’est finalement peut être qu’un titre aussi rétro que Desire Lines m’aurait certainement agacé si j’avais lu le dossier des presse du groupe avant de commencer mon écoute.
Bizarre, vous avez dit bizarre ? On s’en fout, en fait.

 

Alors, si vous êtes comme moi, un peu vieux mais toujours curieux, ne perdez pas votre temps à acheter des magazines ou lire des chroniques d’un autre temps : continuez d’ouvrir les oreilles, même si vous devez subir 90% de disques qui ne servent à rien, au grand désarroi du Yéti et au bonheur de Ciccio qui s’impose cette discipline sur son temps libre.
Vous tomberez peut être sur un Deerhunter qui réveillera votre intérêt, suscitant un sentiment vaguement nostalgique (des disques comme celui là on en fait plus les gars !) de vos premiers émois musicaux (quelque part entre 1992 et 1995, en ce qui me concerne).

 

Si vous avez lu ce billet parce que vous pensiez trouver une chronique de Deerhunter, vous risquez d’être déçu. Il aime ou il aime pas ? Mais qu’est-ce qu’il raconte et c’est quoi son problème d’ailleurs ? Mais, si vous m’avez bien suivi, vous êtes peut-être en train d’écouter Halcyon Digest (et pas ce putain de barbu chapeauté de Ray Lamontagne, pour une fois), ce qui constituerait déjà une bonne nouvelle.

 

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Fantasio

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4 Commentaires pour “Deerhunter, où l’on comprend pourquoi et comment on aime un disque”

  1. The Muffin Man dit:

    :-)
    Adulé…le mot est faible !!!! Je n’en sors pas oui !!!
    Je suis d’accord, il faut arrêter d’écrire et écouter surtout pour des albums comme celui-là !

  2. Blake dit:

    Tiens, bizarre, cher Fantasio, même état des lieux chez moi : je ne connaissais pas bien Deerhunter (référence au titre original du film « Voyage au bout de l’enfer ») et suis tombé sous le charme chaotique de l’album de la bande de Bradford Cox (quand même, pas un mot sur l’addictif « Helicopter » ?) .
    Et rebelote sur le Tame Impala, voyage de toute beauté en terre psychédélique, et j’en ai fait à chaque fois des bafouilles chez moi.

    Pas original comme garçon je suis peut-être. Mais le plaisir du blogueur c’est un « deux-en-un » : écrire et partager sur ce qu’il a écouté.
    C’est pourquoi je ne comprends pas bien le passage sur « les chroniques d’un autre temps » ou le commentaire de Muffin qui dit qu’il faut arrêter d’écrire pour écouter. Faisons les deux, camarades ! ;-)

  3. Anonyme dit:

    C’est un peu de provoc’, mon cher Blake. Qui fonctionne puisque ce billet est commenté !
    Sinon, oui, les chroniques papier, c’est comme la télé, c’est vraiment d’un autre âge :-)

  4. The Muffin Man dit:

    Comme le dit Fantsaio, tout ça n’est que provoc ! :-) J’écris des chroniques depuis un petit moment, ce n’est pas maintenant que je vais arrêter. :-) Mais la priorité c’est écouter avant toute chose !

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