Pour ou contre Ray LaMontagne ?
Cette semaine, il y a du rififi à bord du Sous-marin Jaune : après des mois à supporter l’obsession de Ciccio pour le barde barbu, le Yéti craque et va tout casser sur son passage.
Le Yéti :
La première fois que j’ai écouté Ray LaMontagne, c’était avec l’album Trouble en 2004. Les années passent, et Ray sort toujours le même album, avec sa grosse voix éraillée qui ouhlala-me-colle-des-frissons-partout. Son dernier album en date, avec les Pariah Dogs ne changera pas la donne, c’est pour moi toujours le même mélange de chansons folk, puis soul, puis bluesy.

Numéro de charme à barbe
Il n’y a pas à tortiller : je trouve que cette musique manque désespérément d’âme, de personnalité. Parfois j’ ai même l’impression d’entendre un filet d’eau tiède couler, comme sur le (assez faible) dernier album God’Willin and the Creek Don’t Rise.
Quand j’entends Ciccio, j’ai envie de beugler que plutôt d’écouter Ray, les gens feraient mieux d’écouter Ron Sexsmith qui depuis 15 ans sort des albums brillants dans l’indifférence générale. Quelle injustice ! Car là où Ray semble figé dans le passé, Ron, lui, a toujours su ajouter fraicheur et insouciance dans sa folk teintée de soul.
Comme quoi, la publicité raconte que des conneries : LaMontagne n’a pas gagné le Yéti…
Ciccio :
Pour moi, tout a commencé (comme souvent, à l’époque) par un conseil de Fantasio, en 2004 : “Toi qui ne jures que par Van Morrison ces temps-ci, tu devrais tester Ray Lamontagne”. Qui eut cru qu’après une introduction aussi fracassante et joyeuse de mon sérieux comparse, j’allais tout simplement rencontrer l’artiste folk que je cite généralement en premier quand on me dit “Ah bon, t’aimes la folk ? [s'ensuit un début de rire, vite étouffé quand la personne s’aperçoit que je suis on ne peut plus sérieux, presque autant que Le Yéti quand il parle d’un groupe qui s’appelle VIOL ou que Fantasio en général] Vas-y, donne moi un exemple, pour voir…”

Avec ou sans poil ?
Au moment d’écrire ces lignes, je n’ai pas lu ladite attaque (c’est la règle de ce Babord-Tribord). J’espère simplement qu’il n’est pas parti dans une faiblarde diatribe anti vieux, comme j’ai pu l’entendre récemment (“Ray Lamontagne, c’est de la musique qui véhicule la vieillesse. Il faut l’écouter dans une SAAB en roulant dans le Midwest américain” – euh, j’aime le Midwest et j’y roulerais bien en SAAB, à choisir. C’est grave ?).
Cela dit, mon objectif n’est pas de ridiculiser le Yéti (il s’en charge souvent très bien sans mon aide), mais plutôt de donner envie aux lecteurs du Sous-Marin d’écouter Ray. J’ai beaucoup réfléchi et je vois sept raisons valables d’aimer, que dis-je, d’adorer chacun des albums de Ray Lamontagne :

Voiture à folk
1. Son nom sonne français. Comment ça c’est pas une raison valable ? M’en fous, y’en a encore six derrière, alors continuez de lire au lieu de râler tout le temps. Merde à la fin…
2. Sa voix est incroyable. Non mais pas incroyable façon chanteur(se) québecquois(e) qui menace d’avaler le micro, plutôt incroyable hypnotique, du genre capable de murmures assourdissants et de montées en charge apaisantes.
3. Dès premier album, Trouble, il a rallumé la flamme depuis longtemps éteinte d’un Folk Soul blanc, flamme portée haut et fort par Van Morrison avant qu’il ne devienne trop gros pour porter quoi que ce soit. Ses trois premiers albums marient le folk pur-jus (guitare sèche, banjo, harmonica) et le meilleur de la Soul (voix éraillée, des cuivres dignes de la Stax ou la Motown).
4. Son quatrième album, God Willin’ And The Creek Don’t Rise, représente un puissant virage folk. Les cuivres et basses groovy ont laissé la part belle au pedal steel, sûrement l’instrument le plus fabuleux jamais inventé.
5. Et puisqu’on parle de pedal steel, la meilleure chanson de Ray en est justement gorgée. Ecoutez A Falling Through et osez me dire que vous n’avez pas la chair de poule (tu quoque, Yéti !).
6. Ce n’est pas un poseur ou un opportuniste profitant de la vague folk qui déferle sur nous depuis une petite dizaine d’années. On le sent habité par ce qu’il fait, que c’est pour lui une question de survie.
7. Y’a pas vraiment de septième raison, mais sept c’est le chiffre magique, ça sonne bien, et en plus c’est le chiffre magique (et ça sonne bien, non ?).
Allez, n’écoutez pas le Yéti et donnez une chance à Ray. Vous ne le regretterez pas.
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Fantasio
Tags: Eric Burdon, James Brown, Nick Drake, Ray Lamontagne, Ron Sexsmith, Van Morrison





Le 7 octobre 2010 à 10 h 34 min
Non mais comme si écouter Ray empêchait Ron… Comme si je te disais, vilain Yéti, qu’au lieu d’écouter VIOL tu devrais écouter Hey Hey My My !
Le 7 octobre 2010 à 15 h 55 min
Ron Sexsmith FTW!!
Le 7 octobre 2010 à 19 h 58 min
Ron is HUGE !!!
Ray is boringgggggggggggggggggg !!!
Le 7 octobre 2010 à 20 h 00 min
Non mais, au moins, as tu écouté VIOL, mon cher Ciccio Barbu ?!!
Moi je me suis cogné ton Ray, hein !!
Le 7 octobre 2010 à 20 h 13 min
Pour VIOL, j’attends sont quatrième album avec impatience, afin d’écouter l’oeuvre dans son intégralité, et avec le recul nécessaire pour la juger à sa juste valeur.
Et puis franchement, dans le genre j’enregistre le même album depuis 10 ans, il se pose là, le Ron (même si j’aime beaucoup).
Le 7 octobre 2010 à 20 h 16 min
Demain, je tarte la gueule à la récrée !
Le 7 octobre 2010 à 21 h 52 min
Voilà ce qui arrive quand on est à court d’argument. Vas-y, j’t'attends, j’vais te marav !