Il est comment le dernier Arcade Fire ?
Lorsque je me suis vu poser cette question il y a quelques jours par ma compagne, qui fait partie du commun des mortels, j’eus la confirmation du statut actuel du groupe canadien. Bien qu’ultra-populaire auprès d’une certaine frange de la population mondiale – à la hache, celle qui a entre 25 et 35 ans et qui s’intéresse de près ou de loin à la musique pop rock – et qui souhaite s’éloigner un tant soit peu du concept de musique mainstream, Arcade Fire n’est pas aussi connu que Radiohead ou U2. Pas aussi connu, mais suffisamment populaire pour être plus proche du mainstream que de l’underground.
A la lecture d’un entretien du groupe dans Télérama, j’obtins un début d’explication. Si Arcade Fire parvient à rester dans l’ombre, toutes proportions gardées, c’est qu’il le veut bien. Le groupe est le même depuis ses débuts, rien n’a changé, c’est tout juste si Regine et Win se sont cotisés pour acquérir une église, qui leur sert désormais de studio d’enregistrement.

The Suburbs
Mais revenons à la question originelle :
C’est comment Arcade Fire ?
Je répondis à la question par une liste de mots-clés :
fanfare, énergie, exaltation, religion, fièvre…
J’illustrais mes propos par des images du groupe sur scène.
Malgré mon mauvais esprit et mon opinion de départ peu favorable, qui consiste à penser que le groupe est une caricature de groupe indie inspiré (une flamme adolescente qui n’en finit plus de se consumer), je l’ai laissée se faire une opinion toute seule sur ce rassemblement de témoins de Jéhovah habités. Opinion vite faite, à la simple apparition des instruments comme l’accordéon et le violon – détails rédhibitoires pour certaines personnes sensibles, sans parler du projet immobilier cocasse (achat de Petite Eglise au Québec).
Mais revenons à la question que se posent tous ceux qui connaissent la fanfare canadienne et n’ont pas entendu le troisième album du groupe.
Il est comment le dernier Arcade Fire ?
La pochette alternative de The Suburbs
Et bien, c’est tout simplement le premier album du groupe qui semble léché, fini, qui n’a pas l’air d’avoir été enregistré comme-si-la-vie-des-musiciens-du-groupe-en-dépendait (les esprits chagrins se fendraient d’un à la va-comme-je-te-pousse). Le petit prodige, c’est d’avoir accompli cette évolution avec suffisamment de finesse, pour que l’album ne sonne pas comme celui de l’embourgeoisement pour ses fans, pas bling-bling pour un sou.
Et moi, qui aie toujours résisté aux disques brûlants de Arcade Fire, toujours lassé par la morne énergie du groupe et les cris de Regine, jamais emballé par leurs coups d’éclat, j’observe ce glissement du troisième album, avec cette indéfectible indifférence : un groupe qui rejoue la même musique en boucle, c’est synonyme d’ennui.
En d’autres termes, le feu de bois des débuts s’est transformé en barbecue à gaz, mais les grillades ont toujours le même goût de cendres. Ce nouvel album, moins hirsute, moins dissonant, continue de creuser le sillon des exaltés de Montréal. Le hic, c’est qu’il manque toujours la chanson qui me donnerait envie de réécouter The Suburbs.
Le Yéti me contredirait certainement et je connais ses arguments : non, quand même, c’est fort comme groupe, c’est au-dessus du lot. Au sous-marin jaune de trembler et à moi de lui répondre : par dessus bord, les témoins de Jéhovah !
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Fantasio
Tags: Arcade Fire, Radiohead, U2





Le 2 septembre 2010 à 18 h 47 min
J’aime beaucoup ta comparaison avec le barbecue, mon cher Fantasio ! C’est assez imagé, j’aime bien. Bon bien sur, tu l’as dit, je ne suis absolument pas d’accord avec toi, je trouve ce nouvel album très bon, souvent passionnant, et assez différent du premier. Bref, je reste fan.