Sufjan Stevens, idées reçues et premières impressions

30 septembre 2010

 

Nouvel EP de Sufjan Stevens

L'extincteur #4

Dans le flux continu des nouveautés, des albums à découvrir à écouter, des chansons qui renouvellent notre intérêt pour la musique, un nouveau Sufjan Stevens, c’est tout sauf quelque chose d’extraordinaire ou d’étonnant. Cette introduction résume assez bien mon sentiment avant la découverte du EP All Delighted People du fragile natif de Detroit. C’est finalement un comble, 5 ans après la consécration de l’album Illinois – je me permets d’utiliser ce terme volontairement galvaudé pour désigner ce qui fut un pic dans la carrière de Sufjan Stevens, un album qui a marqué les mémoires des fans, et qui n’a manifestement pas laissé son auteur indemne.

 

Sufjan Stevens - All Delighted People

Sufjan Stevens - All The Delighted People

Fort heureusement pour moi et notre ami du Michigan, la musique reprend vite le pas sur la lassitude lorsque la qualité et l’inspiration sont au rendez-vous. Quand j’ai écouté le premier titre de cet EP, simplement intitulé All Delighted People, ce fut comme si une flamme se rallumait. Un truc vraiment très simple, pas du tout réfléchi de ma part : Sufjan Stevens est (toujours ? de nouveau ?) capable d’enregistrer une musique touchante.

 

En re-découvrant ces nouvelles chansons de celui qui marqua mon année 2005, loin devant la concurrence, je pensais au projet de Ciccio, mené à quelques encablures du Sous-Marin Jaune : At First Glance.
Le principe de son site est aussi simple que violent (à mon sens) : donner une première impression, sinon un jugement, dès la première écoute d’un disque, sous la forme d’un tweet.
Pour vous donner un exemple, voici la publication de Ciccio pour la dernière parution de Sufjan :

5/10 – Happy surprise, it reminds me of the Welcome Wagon album Sufjan contributed to.

 

En dehors du système de notation (discutable, comme toute notation ou système de prix) sur lequel je ne m’attarderai pas, les mots Happy Surprise résument ce que l’on peut ressentir à l’écoute des 8 titres de All Delighted People, j’irais même jusqu’à parler de joie simple retrouvée, plutôt qu’un happy somme toute mécanique et désincarné. De All Delighted People à Djohariah, les moments de plaisir ne manquent pas, on frissonne à l’écoute du génie retrouvé (non, n’ayons pas peur des mots) de Sufjan Stevens et de cette intensité nouvelle.

 

Le couperet At First Glance

Le couperet At First Glance

Sufjan l’expliquait lui-même lors d’une interview post-Illinois : le format classique de l’album provoque une certaine lassitude. Ce sentiment, qui peut passer pour un manque d’inspiration ou pire, de l’arrogance, est pourtant humain.

 

Qui peut lui en vouloir de ne plus avoir réussi à retrouver l’énergie des débuts, après la tournée Illinoise ? Certainement pas moi, en tout cas, et je me réjouis de retrouver un peu de vie après des années d’ennui/déprime/lassitude. Tout le monde n’est pas obligé d’être habité par la musique, d’année en année, et de feindre l’éternelle énergie/jeunesse. Je défie quiconque d’oser balayer ce mini-disque d’un revers de la main comme un disque de plus dans l’actualité constamment et inlassablement chargée de disques pas-désagréables-à-écouter-mais-pas-le-disque-de-l’année. Il ne me reste plus qu’à dépoussiérer mon T-shirt vert époque Illinoise et mes souvenirs d’un concert au Point FMR. De bonne augure à l’approche de The Age of Adz ? Manifestement, je ne suis pas le seul à le penser.

 

 

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Fantasio

Bob Dylan et Kaolin en vue !

29 septembre 2010

Pulp comparé à The Kinks

La Vigie #28

Aujourd’hui, tata Vigie vous raconte une histoire.

 

Tout a commencé au milieu des années 2000 (impressionnant comme intro, non ? On a l’impression d’être dans le futur…), lorsque Ciccio, enthousiasmé par un morceau d’un groupe qu’il ne portait pourtant pas dans son cœur, en parla à son comparse Fantasio.
« He, Fanta, t’as écouté le nouveau single de Kaolin ? Il est pas bourrin, pop folk, et vraiment pas mal ! »
Ce à quoi Fanta le taiseux cultivé a répondu, un brin moqueur : « Pfff, rien de bien surprenant, c’est une reprise de Dylan, en fait… ».

 

Il avait fallu du temps à ce pauvre Ciccio pour retrouver le morceau dont parlait Fantasio, qui était aussi avare en mots qu’il est riche en connaissances, mais l’évidence était pourtant là, palpable, devant ses oreilles abasourdies.

 

Ce morceau-là…

 

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

 

…ressemblait fort à celui-ci.

 

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Ciccio n’en revenait pas, à la fois de la ressemblance (à chaque fois que Partons Vite commence, il lui venait une envie de siffloter la partie harmonica de I Want You), et aussi du fait qu’il était passé totalement au travers.

 

Heu... comment ça les Rolling Stones ??

Heu... comment ça les Rolling Stones ??

Après avoir écouté un ou deux autres titres de l’album de Kaolin, il était même parti l’acheter. Il avait comme à son habitude arraché frénétiquement le film plastique et s’était rué sur le livret, pour chercher dans les crédits de Partons Vite une quelconque trace de Dylan (ce qui l’aurait beaucoup moins surpris que de voir Bitter Sweet Symphony de The Verve crédité Jagger / Richards, par exemple.

 

Hélas, rien du tout.

 

Il avait beau tourner et retourner le livret dans tous les sens, par la moindre trace de Robert Zimmerman. Oh, il avait bien lu ici et là quelques bribes sur le net, mais rien de bien marqué ou officiel. Il était donc rentré chez lui, son disque (finalement décevant) sous le bras, un peu fier malgré tout de faire partie des quelques uns qui savaient le terrible secret…

 

Alors, elle vous plait l’histoire de tata Vigie ? Revenez la semaine prochaine, y’en aura peut-être une autre.

 

 

Si vous aussi vous voyez des sosies partout (artistes, pochettes, chansons…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.

 

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Ciccio

Le Sous-Marin Jaune a un joujou extra qui fait crac boum hue

27 septembre 2010

 

Périscope #31

Périscope #31

Ce matin, le Yéti écoute un nouveau titre de Tom Poisson, Trapéziste.
Malgré le texte pas terrible, c’est bien chanté et bien arrangé. Mais le Yéti n’est pas plus emballé que ça. Et puis soudain Tom se met à siffloter. Un peu comme chez Ennio Morricone. Et là, le Yéti dresse l’oreille, est plus attentif, tape du pied.
Fichtre ! Alors que la chanson s’étirait doucement, ce sifflement soudain la rendrait plus intéressante, plus percutante ? Mais pourquoi ? Ce genre de gimmick, tout comme les hand clapping ou une sonnette de vélo, c’est assez artificiel, cela relève du gadget en musique, non ? Et pourtant, le Yéti adore ça les gimmicks, les petits trucs qui rendent une chanson sexy et entêtante. Est-ce grave ? Ciccio et Fantasio partagent ils cette fascination pour les gimmicks ?

 

 

PBJ - Young Folks

PBJ - Young Folks

Pour le Yéti, le plus bel exemple de gimmick réussi reste sur le Young Folks de Peter Bjorn and John : vous virez les sifflotements du début et le morceau perd 50% de son intérêt et de son coté addictif. Car avec ce gimmick là, vous avez envie, vous aussi, de siffloter avec le trio suédois. On est clairement dans le but premier de la pop music : pouvoir chanter la mélodie écoutée, l’avoir dans la tête toute la journée.
Mais le Yéti aime aussi un autre gimmick dont la fonction est plus obscure : les cloches. Prenez Hurricane of Kisses, l’un des joyaux de Welfare Heart de VIOL. Bing, en plein milieu de cette chanson, Ernesto vous colle un carillon qui rend le morceau presque mystique et encore plus beau. Là, le Yéti dirait que ce gimmick-ci apporte une touche sacrée au morceau (Lars van Trier l’avait bien compris dans Breaking the Waves) et sans entrer dans une bigoterie bas du front, on ne peut qu’être ému et touché par ce type d’arrangement.
En y réfléchissant bien, le Yéti se dit qu’il est clairement fan des gimmicks et que c’est même l’une des conditions nécessaires à la réussite d’un morceau pop.

 

 

Cake - The Distance

Cake - The Distance

Fantasio regarde son ami velu et sort son ordinateur de poche.
Wikipédia : Un gimmick est une cellule de quelques notes de musique capable de capter l’oreille de l’auditeur. Le terme vient du jazz. Il est souvent très court, comme une petite phrase dont le son particulier, le dessin mélodique ou la formule rythmique imprègnera facilement la mémoire, donc la reconnaissance, donc l’identification.
A propos de gimmick, il songe une nouvelle fois à Supertramp, groupe inavouable pétri de gimmicks, d’un tube à l’autre : intro mi-wurlizer mi-bontempi de Logical Song, intro à l’harmonica de School. Dans un style très éloigné mais tout aussi marquant, Fantasio pense aux chœurs de Cake, à l’irruption du mélodica dans The Distance. L’art du gimmick, s’il y en a un, est probablement de savoir utiliser cette figure à bon escient, pour façonner un style musical immédiatement reconnaissable et unique. Le meilleur gimmick entendu dans une chanson pop ? Finalement, se dit Fantasio, les gimmicks qu’il admire le plus sont dans la vraie vie : le rire inimitable du Yéti velu ou encore les blagues à répétition de Ciccio.

 

 

Ray LaMontagne

Ray LaMontagne


Si Ciccio n’a jamais véritablement réfléchi au concept du gimmick, il ne peut qu’abonder aux dires du Yéti, notamment sur deux points en particulier : le clappement (de mains) et le sifflement. Tout comme lui, il remarque qu’il est des morceaux qui sembleraient totalement vides sans leur simple clappement de main, l’exemple le plus immédiat lui venant en tête étant l’intro de Hold You In My Arms de l’adoré Ray Lamontagne. Le clappement étant souvent rajouté après les autres instruments, il imagine Ray et son producteur de l’époque, Ethan Johns, autour du micro en train de taper des mains, un casque sur la tête, les yeux mi-clos pour se concentrer sur le morceau.
Quand au sifflement (qui selon lui est plus morriconien que pop), Ciccio est persuadé qu’il y a dans sa discothèque des albums qu’il n’aurait pas autant aimé à la première écoute sans lui. Il pense au premier album d’Andrew Bird qu’il avait écouté (Weather Systems), et au premier album de Goldfrapp.
De la folk, de l’électro, du western spaghetti… qui a dit que le gimmick était par essence pop ?

 

 

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Le Yéti

 

 

Je n’aime pas… les comédies musicales hommages

23 septembre 2010

Non aux comédies musicales hommages

Torpille #10

Mike Brandt et Joe Dassin aujourd’hui, Queen et Claude François hier, Johnny Halliday à n’en pas douter demain… La comédie musicale, lorsqu’elle est basée sur la vie et l’œuvre d’un artiste, bien souvent rime avec nullité abyssale (critiquez pas la rime, j’ai même respecté le nombre de pieds).

 

Avant que de continuer, je dois préciser que je n’ai assisté en tout et pour tout qu’à deux comédies musicales de toute ma vie (enfin deux et demi) : Tommy (à Londres, il y a près de quinze ans, je crois avoir aimé), Les Dix Commandements (je l’avais offert à ma mère, j’allais tout de même pas la laisser y aller seule – bon, je me suis caché le visage en sortant, façon suspect qui sort de la voiture de flic pour aller vers le tribunal, une pochette en carton devant la tête) et une moitié d’une comédie musicale hindi (à Londres, encore, pour faire plaisir à ma moitié, et même elle a trouvé cela si faible que nous sommes partis à l’entracte).

 

Joe, c'est moi ou le mec d'à côté que tu regardes là ?

Joe, c'est moi ou le mec d'à côté que tu regardes là ?

Les mauvaises langues pourraient donc dire que je suis bien mal placé pour juger de la qualité des comédies musicales biographiques. Je préfère donc prévenir tout de suite les langues en question : non seulement je vais critiquer sans avoir testé, mais en plus je vais ajouter un peu de mauvaise foi, ce qui généralement ne gâche rien.

 

Combien de soirées télé ont-elles été consacrées à la carrière de Joe, Mike ou Claude ? (j’apprends que Johnny serait en fait toujours vivant, lui – je me disais aussi, s’il était mort, je pense que je me serais souvenu des trois jours de deuil national avec le président Sarkozy en train de chanter Que Je T’Aime en duo avec Carla lors de la soirée hommage au Stade de France, clou du troisième soir) Et, par extension, à combien de soirées me suis-je réfugié de honte dans les toilettes pendant que tout le monde se ruait sur la piste pour pouvoir entonner en chœur « Leeeeees sirènes du port d’Aleeeeeeeeeeeeeeexandriiiiiiie » ?

 

Mike, laisse nous te dire qu'on n'en peut plus...

Mike, laisse nous te dire qu'on n'en peut plus...

Je n’ai pas le chiffre exact, et pourtant je connais la réponse : beaucoup trop.

 

Déjà, qu’on nous fasse chier tous tous les ans, voire plusieurs fois par an, avec des chanteurs complètement merdiques, sur lesquels il est qui plus est quasiment impossible de dire du mal, je ne comprends pas. Mais qu’en plus on pollue les planches des salles de spectacles pour les même raisons, ça me dépasse complètement.

 

Pourquoi le culte Claude François ? Ses chansons étaient insupportables (oui, insupportables !), son look dégueulasse, ses danseuses pourraves, ses paroles creuses et sa coupe de cheveux interdite dans certains pays sous peine d’exécution sommaire. Joe Dassin louchait et a quand même chanté une chanson sur l’avenue la plus insupportable de Paris. Et sa coupe de cheveux est interdite dans certains pays sous peine d’exécution sommaire. J’ai un peu plus de sympathie pour Mike Brandt, non pas parce qu’il a un nom de famille de lave linge, mais parce qu’il a eu la lucidité de comprendre qu’il fallait arrêter de souiller l’humanité avec sa musique.

 

Mais la vie et l’oeuvre de ces chanteurs mérite-t-elle vraiment que l’on y consacre un spectacle (forcément) affligeant de deux heures, avec un pauvre type en perruque qui va tout donner chaque soir, persuadé qu’il “habite” le personnage ?

 

Si TF1 est dans le coup alors ça va !

Si TF1 est dans le coup alors ça va !

Je dois avouer que j’aimerais tout de même bien assister à “Mike – Laisse nous t’aimer” (au moins les dix dernières minutes), pour voir comment ils évoquent le suicide (si c’est réaliste, peut-être que j’applaudirai en criant “BIS !”).

 

Et aux personnes qui me rétorqueront que X millions de personnes possèdent au moins un album d’un des trois “artistes” sus-mentionnés, et que par conséquent X millions de personnes ne peuvent pas avoir tort, je répondrai que si, X millions de personnes peuvent se fourrer le doigt dans l’oreille au même moment.
Après quoi j’ajouterai “Mort aux cons !”.

 

 

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Ciccio

Neil Young et Sam Neill en vue !

22 septembre 2010

Neil Young comparé à Sam Neill

La Vigie #27

On parle beaucoup de Neil Young ces temps-ci. Il effectue son grand retour, tout en électricité, dans un album dont le nom a l’avantage d’être très explicite quant à son contenu : Le Noise.

 

A n’en pas douter, il ravira les fans du Neil électrique, dont la Vigie ne fait hélas pas partie. Mais bon, c’est Daniel Lanois à la production (oui, le québecquois qui chantait Jolie Louise – oubliez l’accent et les paroles, et en fait la musique est loin d’être moche, vous verrez), donc il faut paraît-il s’en réjouir et tendre l’oreille.

 

Mais l’objectif de la Vigie n’est certainement pas de donner son avis sur Le Noise, déjà parce qu’elle ne l’a pas encore écouté en entier, et ensuite parce que vous vous en foutez probablement royalement, mais plutôt de retrouver le Neill qui sommeille en Neil.

 

Commençons par le plus Young des deux, c’est à dire Neil (pas Sam, hein !).

 

Voici donc Neil, jeune (ok, j’arrête…) et donc forcément en pleine forme :

 

Ho ! Qui vient de jouer un Fa bécarre là ? Suivez les mecs, merde !

Ho ! Qui vient de jouer un Fa bécarre là ? Suivez les mecs, merde !

 

Et puis là, c’est le Sam, qui joue les beaux gosses :

 

Dingue comme j'ai mal au cou depuis que j'ai commencé ce tournage...

Dingue comme j'ai mal au cou depuis que j'ai commencé ce tournage...

 

C’est moi ou y’a un petit quelque chose là ? Euh, le premier qui répond « c’est toi ! » je tue le chien !

 

 

 

Si vous aussi vous voyez des sosies partout (artistes, pochettes, chansons…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.

 

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Ciccio