Nick Cave et Jacques Brel en vue !

Nick Cave comparé à Jacques Brel

La Vigie #22

La vigie a un ami qui dit souvent qu’en été, il n’y a rien de tel qu’une bonne blanche (la vigie tient à préciser que nous parlons de bière). En effet, même si c’est probablement une vue de l’esprit, ce type de bière tend à être plus apprécié (et plus consommé ? il faudrait voir les statistiques…) pendant les périodes où il fait chaud.

 

Or, s’il y a bien une substance qui se marie parfaitement bien avec la musique, c’est la boisson.

 

Combien de musiciens ont pris la pose avec des bouteilles ou des verres dans les mains ? Combien d’artistes avouent sans honte que certaines de leurs compositions n’ont vu le jour uniquement grâce à l’alcool ingurgité ? Combien de groupes survivent pendant les longues et harassantes tournées grâce à un régime fait principalement de fast food et de bière ?

Comment ça, il picolait, Gainsbourg ??!!

Comment ça, il picolait, Gainsbourg ??!!

Certes, la Vigie pourrait remplacer les mots bouteille/alcool/bière par, au hasard, joint/drogue/coke, et la démonstration fonctionnerait aussi (vous pouvez essayer de remplacer les mots, c’est magique). Mais la conclusion s’impose : alcool + musique = amour.

 

Si les boissons qui font mal au crâne sont omniprésentes, il n’est pas surprenant que certains artistes poussent le bouchon (HA HA HA HA) jusqu’à consacrer des chansons entières à la boisson.

 

Nous voici donc réunis aujourd’hui pour évoquer deux chansons qui, non seulement font la part belle au breuvage qui fait rire, mais qui en plus le font de manière très similaire, limite troublante.

 

En 1961, Jacques Brel chante l’Ivrogne. Trente ans plus tard, Nick Cave enregistre avec ses Bad Seeds une quasi adaptation appelée Brother My Cup Is empty.

 

Nous recommandons fortement l’écoute de ces morceaux pendant la suite de la lecture :

 

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

 

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

 

Commençons par le commencement : les deux morceaux démarrent avec un refrain. Si chez Brel l’entrée est plus lente, elle n’est pas moins directe. Jacques et Nick s’adressent directement à nous et nous demandent de remplir un verre, qu’on devine ne pas être le premier (et encore moins le dernier). Dès la première phrase, le ton est donné :

 

Ami, remplis mon verre / Brother, my cup is empty
Encore un et je vas / And I haven’t got a penny
Encore un et je vais / For to buy no more whiskey
Non, je ne pleure pas / I have to go home
Je chante et je suis gai / Brother, my cup is empty
Mais j’ai mal d’être moi / And I haven’t got a penny
Ami, remplis mon verre / For to buy no more whiskey
Ami, remplis mon verre / I have to go home

 

Ce refrain reviendra plusieurs fois dans chaque morceau, toujours pour stopper la narration, pour reprendre son souffle. Le buveur accélère dans les couplets, pris dans son flot de paroles, puis, la gorge sèche, redemande à boire régulièrement, pour pouvoir continuer son histoire.

 

Et que trouve-t-on dans son histoire ? Des femmes, évidemment… Dans les deux cas, une femme est partie, et on dirait que ça leur a moyennement plu. Jacques, même en 1961, a du mal à rester soft :

 

Buvons à la putain
Qui m’a tordu le cœur

 

Dis Bier ist Gut! (traduction approximative : vous êtes très jolie, mademoiselle)

Dis Bier ist Gut! (traduction approximative : vous êtes très jolie, mademoiselle)

Nick, quant à lui, propose immédiatement des images légèrement plus violentes :

 

I cannot blame it all on her
To blame her all would be a lie
For many a night I lay awake
I wished that I could watch her die
To see her accusing finger spurt
To see flies swarm her hateful eye
To watch her groaning in the dirt
To see her clicking tongue crack dry

 

Sont-elles parties parce qu’ils sont devenus alcoolos ? Ou bien est-ce le raisonnement inverse ? Nous ne le savons pas, mais toujours est-il qu’à un certain moment ils n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui :

 

I’ve been sliding down on rainbows
I’ve been swinging from the stars
Now this wretch in beggar’s clothing
Bangs his cup across the bars

 

Aujourd’hui, les temps sont durs, et plus question de séduire qui que ce soit, donc autant boire :

 

Buvons nuit après nuit
Puisque je serai trop laid
Pour la moindre Sylvie
Pour le moindre regret

 

Difficile de savoir si Nick Cave connaissait cette chanson de Jacques Brel quand il a écrit la sienne. Il y a même fort à parier qu’il ne la connaissait pas, ce qui rend la similitude bien plus intéressante, et cet article, certes long encore plus passionnant.

 

N’est-ce pas ?

 

 

 

Si vous aussi vous voyez des sosies partout (artistes, pochettes, chansons…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.

 

---------------------
Ciccio

Tags: ,