Le Sous-Marin Jaune a deux balles de break dans le troisième jeu
31 mai 2010Cette semaine, il ne vous aura pas échappé qu’on ne va parler que d’une chose : de Tennis !!
En attendant le foutchebowl et autre Tour de France, on va nous seriner que Nadal est de retour, que Federer est immortel et que Yannick Noah reste le dernier français à avoir gagné le tournoi. Le règne de la petite balle jaune va reprendre.
Dans le cerveau malade du Yéti, une idée farfelue a germé. Il a remarqué que les critiques rock adoraient les poncifs sportifs et allusions au tennis ou football pour parler de certains albums. Combien de fois a-t-il lu des chroniques parlant de grands ponts mélodiques ou de services volées pour parler d’un refrain? Alors pour faire comme les copains, le Yéti demande à ses comparses de chroniquer un album avec moultes métaphores sportives, pleins d’images grotesques et, espérons-le, marrantes. Le lecteur dira ensuite qui a enfilé le plus de clichés et se verra remettre un grand prix Lionel Chamoulaud.
Pour le Yéti, il existe un groupe formidablement sportif, qu’il qualifiera de Santoro de la Pop Indé ou pour les plus anciens de Wilander de l’indie-pop (mais si Mats Wilander, le gars qui renvoyait tout dans les années 80, un crocodile de la terre battue, qui jouait tout le temps pareil) : ce sont les Sigur Rós.
Cela fait maintenant 15 ans qu’ils sortent le même album, sans réelles surprises, et quand le Yéti a appris que son leader Jónsi allait sortir un album solo, il s’est demandé si une nouvelle fois on allait avoir droit à un match de 5h tout en travail de fond de court, avec de gros lifts interminables.
Et bien oui, il faut bien le reconnaître, sur Go, on ne voit pas trop de différences avec un album classique de Sigur Rós : même chansons interminables où les musiciens déploient sur la longueur un bout de mélodie rachitique en tentant vaguement quelques accélérations. Sur Animal Arithmetic, on sent bien que Jónsi veut breaker en montant à la volée et en tentant d’emballer le set. C’est peine perdue, il s’enlise au filet, se fait lober par ses boites à rythme, est obligé de se replier vers sa ligne de fond de cour et du coup, sur Tornado, il se remet à lifter comme un gros sagouin.
Le problème avec ce genre d’album est le même que pour un match Ferrer-Del Potro : on s’endort rapidement. Vivement Wimbledon.
Cette année les chances des bleus à Roland Garros sont faibles. Fantasio n’est pas du genre à faire du misérabilisme sportif, mais c’est une fois de plus la vérité. Paul-Henri Mathieu le Mika neurasthénique des courts a encore perdu. Et ce n’est pas la lecture des commentaires des perdants Gaël Monfils, le joueur qui « prend du plaisir » quand il joue comme un pied, ou du futur perdant Tsonga (le joueur qui prend « un énorme plaisir » et qui prétend jouer pour aller jusqu’au bout, n’ayant pas peur de se faire laminer par un Federer ou un Nadal) qui y changera quelque chose. Cette posture de showman extraverti, très occupé à avoir l’air cool pour attirer les sponsors, c’est un peu l’opposé du style adopté par Hey Hey My My sur A Sudden Change of Mood. Ce disque là, il n’enchaîne pas les aces, il ne vous assomme pas avec un coup droit de brute. Son style est varié et l’air de rien, il maitrise tous les coups du tennis. Il revient trois ans après son premier album éponyme. Malheureusement, c’est un peu comme Richard Gasquet : du talent, une bonne vision du jeu, mais un physique de collégien insignifiant qui lui barre la route des plus grands exploits. Alors oui, on aimerait bien de temps en temps que Hey Hey My My muscle son jeu, prenne des stéroïdes. Et puis Fantasio repense à Belle & Julian et Easy. Finalement le tennis c’est comme la musique c’est mieux sans gonflette.
Quant à Ciccio, le tennis, il ne sait plus bien à quelle époque il a arrêté définitivement de regarder, mais il sait pourquoi : c’est devenu un sport de bourrins.
Par contre, quand on pense tennis et musique, difficile pour Ciccio de ne pas parler de Housse De Racket. En effet, ce groupe a fait exactement l’inverse de ce que propose le vieux Yéti : plutôt que d’utiliser des métaphores sportives pour parler de musique, ils ont intégré le sport dans le concept même de leur nom de groupe, pour démarrer, mais également dans le concept de leur album Forty Love, certes inégal.
Ciccio avait par contre eu la chance d’écouter leur excellent premier mini album, jamais sorti, dont quelques notes sont restées dans Forty Love, et qui était un véritable album concept, digne de Tommy : des personnages, une histoire, une homogénéité musicale et surtout, surtout, un morceau qui s’ouvre sur des commentaires de Jean-Paul Loth et Michel Drey !
A l’heure où paraissent ces lignes, Tsonga vient d’abandonner, comme l’avait prédit Fantasio. La routine habituelle quoi.












