Le Sous-Main Jaune Hope They Die before They Get Old

19 avril 2010

 

Le Sous-Marin Jaune se cherche un manager

Périscope #15

Cette semaine, le Yéti est inquiet. Alors que le Sous-Marin Jaune faisait escale aux iles Cayman, il a accepté ce nouveau travail dans une banque bizarre, où il contrôle des produits auxquels il ne comprend rien tout en faisant croire qu’il a tout pigé. Mais surtout, le Yéti est obligé de travailler. Beaucoup. Et il n’est pas habitué, alors il ronchonne.
En plein débat sur les retraites, il se demande si ce débat touche aussi nos amis musiciens. Quand on voit Leonard Cohen ou Mulatu Astatké, l’inoxydable musicien éthiopien, il se dit que non, jamais un musicien ne prendra sa retraite, et heureusement. Pourtant, plein de petits jeunots déjà vieux feraient mieux de la prendre, leur retraite. Tiens, c’est une question pour ses camarades, ça : les gars, qui vous voudriez voir prendre sa retraite, dans les musiciens aujourd’hui ?

 

 

C’est un phénomène qui a souvent fasciné le Yéti : les groupes très jeunes qui jouent une musique ultra datée, périmée depuis des lustres. Des jeunes déjà vieux. La première fois qu’il a eu cette impression, c’est en écoutant dans les années 90 un groupe anglais, The Music, dont le premier album était une ignoble ragougnasse rock pompée sur les années 70. The Darkness lui avait fait le même effet, plus tard, avec ce faux revival heavy metal à la Black Sabbath.
Aujourd’hui, force est de constater qu’entre les petits groupes pop sans imagination qui cherchent à ressembler à leurs ainés californiens (au hasard la dernière sensation galloise du moment, The School) et ceux qui en France, tentent de refaire du Noir Désir (Luke), le Yéti a de quoi envoyer plein de groupes à la retraite ou même en hospice.
Car le Yéti ne pardonne plus aux copistes, à tous ces faiseurs sans imagination qui tentent aujourd’hui de vous refourguer le même disque qu’une pépite sortie en 1967. C’est pour cela que le Yéti pardonnera tout aux Broken Bells, le nouveau projet de Danger Mouse avec le leader des Shins. Si le disque est loin de tenir ses promesses, les gars auront tenté à travers cette pop quelques jolies choses. Idem pour Caribou, dont le nouvel album est souvent fatigant, mais ne sent pas le formol.

 

 

George Harrison est éternel

George Harrison est éternel


A propos de formol, le grand George l’a dit il y a bien longtemps : «le temps ne fait rien à l’affaire».
«Quand on est bon, on est bon», souhaiterait ajouter Ciccio, avec humilité, et tout le respect qu’il doit à son glorieux ainé. Si l’on commence à juger des carrières sur des critères aussi peu pertinents que l’âge trop avancé du capitaine, alors pourquoi ne pas également instaurer un âge minimum (Jordy était-il trop jeune ?), une association de couleurs interdites (tout le monde en jaune et noir, sinon la musique est forcément à chier !) ou encore une coupe de cheveux réglementaires (cheveux longs, idées courtes…). Bref, cela n’a aucun sens, et ce n’est pas étonnant de voir que même notre Président de la République bien aimé partage l’avis de Ciccio, ce Président qui semble dire que le talent n’a pas d’âge, et qu’il ne faut donc pas le brider avec des règles idiotes de départ à la retraite.

 

 

Neil Young doit il prendre sa retraite ?

Neil Young doit il prendre sa retraite ?

Quant à Fantasio, cette semaine il a eu la main lourde : d’une torpille, il s’est imaginé parvenir à pousser l’éternel Bono vers la retraite. D’aucuns ont ri doucement lorsqu’ils ont vu le missile faire Pschiiit à quelques mètres du crétin d’Irlande.

 

Interrogé par le Yéti, notre Fantasio se fait laconique :
- C’est vrai qu’il y a des gens qui sont malheureusement beaucoup trop loin de la retraite, comme Lady Gaga et David Guetta. A ceux là, je donne un carton rouge : tout le monde peut grandir et/ou changer. Sinon, je suis pour que le départ en retraite soit obligatoire à partir de 50 ans pour certaines personnes. »
A partir de 50 ans ? Quelles personnes ?
- Je n’ai pas encore fini d’écrire la liste, elle s’allonge chaque jour. On y retrouve Sting, Peter Gabriel, Mark Knopfler mais aussi Bob Dylan, Madonna.
Bob Dylan ? Fantasio serait-il tombé sur la tête ?
- Non, je ne blague pas… je ne me suis pas encore décidé en ce qui concerne Neil Young, je me tâte.
Plus qu’un coup de gueule facile contre les têtes de gondole, Fantasio serait-il tout simplement anti-vieux ?

 

 

Il ne faut pas… regarder le derby mancunien sans écouter de la musique de Manchester

17 avril 2010

Pas de Manchester sans musique

La Combinaison #13

Aujourd’hui, c’est derby mancunien. si vous ne savez pas ce que signifient les mots « derby » et « mancunien », ne nous voilons pas la face, il y a de fortes chances que cet article vous emmerde. Je suis pas chien, je vous le dis dès le début, comme ça vous pouvez quitter le site dès à présent…

 

SAUF !

 

Sauf si vous êtes une personne curieuse, plutôt de bon goût, et que vous faîtes confiance à votre Sous-Marin préféré. Dans ce cas, restez, vous allez apprendre plein de choses passionnantes, et en plus écouter un excellent morceau de musique.

 

Commençons par le derby. Ce mot vient du vocabulaire hippique britannique, et désigne une compétition entre rivaux locaux, typiquement (notamment au football) deux clubs d’une même ville (ou au pire géographiquement très proches). Mancunien est un adjectif français (si, si) qui désigne quelque chose ou quelqu’un qui vient de Manchester. Voilà, vous venez d’apprendre deux choses fondamentales, n’ayons pas peur des mots. Et vous avez compris que je m’apprête à regarder le match opposant Manchester City à Manchester United, un sommet du championnat de foot anglais, lui même au sommet du foot européen (je n’ai toujours pas peur des mots).

 

Allez, Thierry, fais nous plaisir...

Allez, Thierry, fais nous plaisir...

Or, s’il y a bien une chose insupportable lorsque de l’on regarde du foot à la télé (hormis les supporters et les joueurs, bien sûr), ce sont les commentaires (Thierry Roland fait partie, tout comme Johnny Hallyday, des gens dont j’attends avec impatience la mort). Et, qui dit Manchester dit forcément musique, tant cette ville a vu naître, depuis le milieu des années 70 et la venue des Sex Pistols au Lesser Free Trade Hall (et hop, vous venez encore d’apprendre un truc – dingue, non ?), un nombre de groupes hallucinant, du punk de la fin des années 70 (Buzzcocks) à l’indie rock des années 2000 (Elbow, Doves), en passant par la cold wave (Joy Division, New Order), la pop (The Smiths), ou encore la dance Madchester (Happy Mondays, Stone Roses).

 

Vous l’avez compris, cette scène musicale est tellement riche et abondante que vous avez l’embarras du choix pour remplacer la voix nasillarde et imbécile du premier commentateur venu. Pour ma part, j’ai décidé de commencer par le morceau d’un mes groupes préférés de Manchester. Ce morceau est tonique, lyrique, enlevé… Bref, c’est un peu comme une chevauchée de Ryan Giggs sur le côté gauche de l’attaque :

 

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Si l’intensité du match se maintient, alors enchaînez sur du Madchester ou des Buzzcocks. Si le match devient chiant, plutôt Joy Division ! Mais surtout, surtout, éteignez le son de votre télé.

 

Bref, si vous passez le week-end à réprimer des envies de jetage de télé par la fenêtre, agacés que vous êtes par la succession d’inepties et de remarques, que même un aveugle, conscient, lui au moins, de ses limites, n’oserait faire, tandis que la nuit vous rêvez que Thierry Roland vient vous visiter pour vous jurer que jamais il ne rendra les armes, c’est que vous l’avez bien cherché.

 

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Ciccio

Je n’aime pas Bono (sa vie, ses oeuvres, ses projets sur Facebook)

15 avril 2010

Bono nous emmerde

Torpille #6

Pas plus tard qu’hier, le chanteur irlandais, leader éternel de U2, né Paul David Hewson, investissait une partie de ses économies pour acquérir 1% de Facebook. Ce fait d’économie et d’actualité sans importance nous rappelle que le personnage existe encore en 2010. On pourrait penser qu’il est doté du don d’ubiquité, tant sa présence médiatique est constante et permanente, depuis… depuis quand exactement ?

 

Vous me direz, c’est facile de se moquer du leader de U2, ne serait-ce parce que son surnom, dans la langue française, permet d’hilarantes blagues entre amis (Monsieur et Madame Bono ont un fils qu’ils appellent Jean).

Bono, casse-toi pauvre con

Casse-toi Bono

Son look, fait de cuir, de poils, de cheveux gominés et surtout d’innombrables paires de lunettes, devrait faire rire, au moins autant que le bonnet noir de son acolyte The Edge. Mais dans le Sous-marin jaune, la tolérance est de mise (le Yéti, sa trogne et ses polos peuvent en témoigner), et nous avons l’habitude de ne pas nous attaquer au physique.

 

Pourtant, de génération en génération, le public est toujours là, prêt à se trémousser aux premières notes de Sunday Bloody Sunday. Il faut quand même se souvenir qu’avant de produire de la musique au kilomètre, le groupe se permettait de surprendre, ou en tout cas de décontenancer une partie de son public (l’album Zooropa, bel exemple d’album étrange et moche). Un groupe qui a donc connu plusieurs vies, qui a toujours joué sur les mêmes ingrédients, conservant la même formule, d’album en album, faisant parfois vaguement frémir la critique sans que l’on sache exactement pourquoi (How to dismantle an atomic bomb). Passons sur les engagements divers et variés de Bono, je ne les juge pas, je constate simplement qu’ils sont une façon géniale d’exister et d’occuper l’espace. Que reste-t’il de U2 aujourd’hui ? Quelques titres manifestement immortels (c’est beaucoup, et cela devrait suffire à Bono). Un dernier album parfaitement intitulé No line on the horizon.

 

The Edge, guitariste du groupe U2

The Edge, range tes guitares

Tout est dit dans le titre : U2 n’a pas besoin de savoir ni de se demander où il va. A force d’exister, d’imprimer les médias, année après année sans jamais tomber (loin de là) dans la désuétude, Bono et U2 sont toujours là, à monopoliser les scènes, les radios, les discussions sur le web.
Le problème est donc le suivant : U2 = Bono = une marque omniprésente, complètement fondue dans la logique de la culture de masse… nous sommes donc très loin de la conception de la musique en vigueur à bord du Sous-marin jaune.

 

Conseil d’amis : ne soyez pas indulgent avec ces vieilles badernes de U2. Si vous êtes sentimental, faites-vous une playlist de leurs greatest hits, et fermez les yeux dès que le visage de Bono apparait sur une pochette de disque, dans une émission de télévision (attention, coupez le son) ou dans un article de presse. Bono n’existe pas, ce n’est qu’un concept, une image reproductible à l’infini.

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Fantasio

The Rolling Stones et The Charlatans en vue !

14 avril 2010

The Charlatans comparé à The Rolling Stones

La Vigie #13

Les gens qui connaissent la Vigie auront du mal à le croire, mais il fut un temps où cette dernière était une adepte des boîtes de nuit. Attention, pas n’importe lesquelles ! N’allez pas croire non plus qu’un pensionnaire du Sous-Marin Jaune soit capable de se fourvoyer en remuant ses fesses sur de la musique impure (bon, c’est vrai, le Yéti, qui a des goûts de chiottes et l’a probablement déjà fait, ne nous voilons pas la face…).

 

Le choix desdites boîtes se faisait bien évidemment sur la musique et, à Paris, rares étaient celles qui avaient les faveurs de votre matelot préféré. A vrai dire, dans la ville lumière, il n’y en avait qu’une : le Shéhérazade, ambiancée par l’insupportable DJ Grebo. Mais revenons à nos moutons…

 

A cette époque (déjà lointaine), la Vigie était accro à la britpop, et les clubs de Londres, qu’elle écumait au milieu des années 90, passaient tous ce morceau qui, aujourd’hui encore, lui donne envie de prendre par la main son poilu de Yéti et de l’emmener sur la piste de danse :

 

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Tendez donc l’oreille à partir de la 38ème seconde. Le morceau part dans une autre direction musicale, lorsque Tim Burgess chante ceci :

 

I’m coming home!
You look good when you heart is on fiiiiiiiiiireeeeeeeee

 

Et maintenant comparez cette mélodie vocale à celle chantée par Mick Jagger sur les premières phrases de Torn & Frayed :

 

Hey let him follow you down,
Way underground wind and he’s bound

 

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Nous aurions pu aussi nous amuser à comparer les bouches de Tim et Mick, qui elles aussi ont pas mal de choses en commun, mais bon, la Vigie n’est pas là pour faire des comparaisons de faciès subjectives, pour ne pas dire limites ou encore carrément infondées !

 

A moins que si, en fait…

 

 

Si vous aussi vous voyez des sosies partout (artistes, pochettes, chansons…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.

 

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Ciccio

Le Sous-Marin Jaune se cherche un manager

12 avril 2010

 

Le Sous-Marin Jaune se cherche un manager

Périscope #14

La semaine dernière, le gotha branchouille de la musique pleurait des larmes de crocodiles : Malcolm Mc Laren, l’homme qui avait créé les premiers boys bands punk avec les New York Dolls et les Sex Pistols, avait passé l’arme à gauche.
Un type bizarre, le Malcolm. Un dandy anglais qui nous a fait prendre Sid Vicious pour un génie de la musique. Chapeau Malcom, vous avez été un roi de la communication et du marketing en fait.

 

Et le Yéti de se demander si en musique, tous les producteurs ont été aussi cyniques que Malcolm. Si par essence, un manager n’est juste bon qu’à piquer l’oseille du groupe et à lui faire faire les pires conneries pour être sûr de vendre du skeud…
Damned et triple fuck, le Yéti est troublé. Il bondit hors de sa caverne (oui, la cabine du Yéti dans le Sous-Marin Jaune ressemble à une grotte) et choppe Ciccio qui prenait sa douche tranquillement et Fantasio qui sirotait un Pimm’s sur le pont pour leur poser la question.

 

 

« Quoi ? Tu dis quoi ? Yéti ? Le rôle du…? MANAGER ? Merde, tu vois pas que je suis sous la douche ?! Mais enlève les poils de tes yeux et ouvre les, bordel. Oui, je suis sous la douche, et je vous emmerde, toi et ton manager à la con – tiens, tu veux pas me passer le savon, là, sur le lavabo ? Non, pas celui-là, à gauche là, non, att… celui… à gauche A GAUCHE MERDE ! Bon laisse tomber, je vais me débrouiller. C’est bon, laisse moi. Oui, je vais réfléchir à ta question. BARRE TOI à la fin. Allez, j’ai presque fini… »
Voilà en substance ce qu’a pu entendre le Yéti après avoir posé sa question à Ciccio. Ou plutôt ce qu’il aurait entendu si les poils épais et drus qui sont les siens ne lui bouchaient pas les oreilles, qu’il a pourtant grandes.

 

 

Malcolm McLaren, faiseur de groupes et de hypes

Malcolm McLaren, faiseur de groupes et de hypes


Ca lui fait une belle jambe au Yéti, la réponse de Ciccio. Parce que lui, le Yéti, il n’aime pas les managers. En fait il a le très douloureux souvenir de l’abominable Docteur Landy qui avait fait de Brian Wilson (le Dieu du Yéti, rappelons le), un chiffon, un ectoplasme dans les années 80-90. Eugene Landy, initialement psychologue, s’était improvisé manager d’un Brian à la dérive et avait cherché à le remettre dans les pattes de Mike Love, le canard des Beach Boys, pour relancer la cash machine des Garçons de la Plage. Et comme cela ne suffisait pas à Landy, il avait aussi produit plusieurs horribles albums solo de Brian. Ici, on avait donc affaire à un manager rapace qui profite de l’aura d’un artiste pour se remplir les poches facilement. Un gars qui n’apporte rien à la musique, juste un parasite.
Et quand récemment, le Yéti a appris que la manager du grand Leonard Cohen l’avait ruiné et piqué jusqu’à son dernier sesterce, votre boule de poil préférée s’est dit que tous les managers révélaient finalement les pires instincts de l’être humain : avidité et absence de scrupule.

 

 

Brian Epstein, derrière les Fab Four.

Brian Epstein, derrière les Fab Four.

Heureusement pour le Yéti, Fantasio est lui plus loquace. Pour lui, le manager est une figure un peu bizarre. Certes, il y a des personnalités des plus emblématiques, comme Brian Epstein. Fantasio se souvient très bien des interviews des Beatles, encadrés par le petit Epstein amoureux de John Lennon (enfin, il parait): les membres du groupes ressemblaient à des enfants. Après sa disparition, le manager des Beatles est devenu… Paul McCartney. Le mec forcément antipathique parce qu’il prend des décisions aussi artistiques que commerciales « pour le bien du groupe », qui fait aussi parfois le sale boulot (négocier les contrats, parler à la presse, vider les comptes en banque…).
Un manager donc, ça n’a pas forcément grand chose à voir avec la musique (même si McCartney a composé et enregistré quelques dizaines de titres écoutables). Mais imaginez un monde sans Internet et sans MP3. Dans ce monde-là, il faut bien un manager dépressif pour « faire » un groupe comme les Beatles.

 

Le Sous-marin jaune, lui, malgré les tentatives de putsch occasionnelles des uns et des autres, n’a pas souhaité faire appel à un manager pour gérer ses intérêts. Il continue donc de naviguer à vue, jusqu’à nouvel ordre.