Mark Linkous (1962 – 2010)
Samedi 6 mars, on apprenait le suicide de Mark Linkous, l’homme qui composait derrière Sparklehorse de si délicates et émouvantes folk songs.
A bord du Sous-Marin Jaune, la nouvelle n’a laissé aucun des matelots indifférents et chacun souhaitait faire part de ses impressions sur sa musique, de sa relation avec Mark, et du trou béant qu’il va laisser. Tout du moins pour Fantasio et le Yéti.
En effet, la mort de Mark Linkous a laissé Ciccio relativement indifférent. Voici en verbatim sa réaction à l’annonce de la mort du leader de Sparklehorse : « Mark qui ??!! Linkous ? Ah oui, le mec de Pavement. Désolé, je suis pas super fan de… Ah non merde, lui c’est Malkmus… Donc Linkous c’est le type de Sparkletruc, là… Ah, il est mort, ah ben merde, c’est con ça, il paraît que c’était un groupe culte. Mais désolé, je suis pas super fan… »
En effet, même si Ciccio possède deux albums du groupe (It’s A Wonderful Life et Dreamt For Light Years In The Belly Of A Mountain), force est d’avouer que Sparklehorse n’est jamais entré dans son panthéon musical plutôt orienté musique simple et directe, peu torturée. Cela ne l’empêche pas de respecter la douleur de ses co-matelots, mais si cette petite note dissonante peut faire chier Fantasio et le Yéti, ce sera toujours ça de pris.
A la différence de Ciccio, le Yéti, lui, a été profondément marqué par cette douloureuse nouvelle. Le Yéti a découvert Mark Linkous à travers le troisième album de Sparklehorse, It’s a Wonderful Life. Et il n’est pas près d’oublier cette voix, qui lui chuchotait à l’oreille Gold Day. Un groupe à écouter la nuit tombée, doucement, voilà l’impression que lui faisait la musique de Sparklehorse. Et encore aujourd’hui. Une musique cotonneuse où il faisait bon se lover, se blottir.
Sur Dreamt For Light Years In The Belly Of A Mountain paru en 2006, Mark avait une nouvelle fois composé des petits miracles de chansons, formidablement attachantes. Et puis le Yéti n’oubliera jamais que grâce à Mark, la belle Nina Person des Cardigans s’était émancipée de ses garçons à travers l’excellent premier album de A Camp. Et rien que pour cela, le Yéti est triste. Très triste.
En fait il ne s’était pas senti aussi triste depuis la mort de Grant Mc Lennan des Go-betweens. La même impression de perdre un ami, quelqu’un avec qui on a partagé des instants fragiles et importants. Putain de début d’année.
De même, si l’on demande à Fantasio d’évoquer Mark Linkous et Sparklehorse, il voyagera volontiers dans le temps jusqu’en 1995 (!) et le diaboliquement intitulé Vivadixiesubmarinetransmissionplot. Il se souviendrait aussi de Good Morning Spider et de It’s A Wonderful Life, il en dirait certainement le plus grand bien. D’un autre côté, il n’aurait pas forcément envie de se re-plonger immédiatement dans cette discographie irréprochable. Pourquoi ne pas redécouvrir ces merveilles maintenant ? Tout simplement parce qu’elle lui semblerait désormais encore plus douloureuses. Forcément, le simple souvenir de la voix de Mark Linkous sur n’importe lequel de ses titres imposerait la conclusion suivante, aussi facile qu’accablante : la fin de sa vie est à l’image de tout le mal de vivre qui semblait peser sur ses épaules. Dans 2 ou 3 semaines, Fantasio ressortira les albums de Sparklehorse de son chapeau, et réécoutera probablement Heart of Darkness en boucle, comme si 2010 était 1996.
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